7 octobre 2023(3/3) : ce qu’il nous reste à voir
Ce troisième et dernier épisode d’une série écrite pour les trois ans du 7-Octobre répond en miroir au carnet de route que j’avais publié en mai 2023, à l’issue de quarante-huit heures passées à traverser Israël entre Yom Hazikaron, jour du souvenir des soldats tombés et des victimes du terrorisme, et Yom Hatsmaout, fête de l’indépendance. Le premier épisode portait sur ce que le 7-Octobre a révélé d’Israël et sur un traumatisme collectif resté sans traitement. Le deuxième examinait ce que cette date a changé, ou n’a pas changé, dans la région. Celui-ci regarde du côté des Juifs de France.
Trois ans après, la question que l’on me pose le plus souvent ne porte plus sur ce qui s’est produit le 7-Octobre, mais sur ce que les Juifs de France vont faire. Elle se pose dans un pays qui élira son président dans moins d’un an, sans que personne ne sache ce qui en sortira, et les chiffres seuls n’y répondent pas.
Voici ma réponse, que je formule d’emblée pour qu’on sache d’où je parle. Aucun exode n’est en cours, et ce qui se produit à la place ressemble à un effacement. Les Juifs de France partent si peu que la statistique le remarque à peine, et, dans le même mouvement, ils se retirent de la vue, avec moins de signes portés dans la rue, davantage d’enfants scolarisés à part, des occasions de rencontre qui se raréfient. Chacun de ces gestes se comprend lorsqu’on le prend isolément, et leur addition fabrique un enfermement qui les expose davantage. La décision qui se joue en ce moment porte donc moins sur le départ que sur la place que l’on accepte de tenir.
Cette réaction a une histoire, et les pages qui suivent servent à l’établir, parce qu’elle manque presque entièrement au récit que cette population tient sur elle-même. Elle passe par l’Algérie de 1962, où 135 000 Juifs ont gagné la France et un peu plus de 10 000 Israël [1], et elle éclaire ce fait que les descendants de ceux qui avaient choisi Paris et Marseille fourniraient aujourd’hui, selon une estimation du démographe Sergio DellaPergola, entre 80 % et 90 % des départs vers Israël [2]. La question de savoir qui sont les Juifs qui vivent en France et d’où ils viennent commande celle de savoir ce qu’ils décident, et toutes deux commandent celle que je pose en dernier ressort : la manière dont nous combattons l’antisémitisme en France convient-elle à ce qui se produit ?
Une majorité venue de l’autre rive de la Méditerranée
Les estimations situent la part des séfarades parmi les Juifs de France autour de 60 % [3] ou des deux tiers [2], alors que l’enquête de l’Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès de 2015 en relevait 41 % [4] et celle du Fonds social juif unifié de 2002 jusqu’à 70 % [5]. Aucun chiffre ne fait autorité, et l’ordre de grandeur suffit : à ma connaissance, aucune autre grande communauté juive d’Europe n’a une composante venue de la rive sud de la Méditerranée aussi importante. Les ashkénazes d’Alsace et de Lorraine, 28 000 sur 40 000 Juifs à la veille de la Révolution [6], formaient le premier socle de cette communauté, avant que l’immigration nord-africaine d’après-guerre n’en double la population et n’en change le visage [3].
Ces trajectoires ne partaient pas du même statut juridique, et la différence a pesé sur leur destination. Le décret Crémieux ne concernait que l’Algérie, et les Juifs des protectorats sont demeurés des indigènes [14]. La Tunisie a toutefois connu un dispositif de naturalisation à grande échelle, la loi du 20 décembre 1923 dite loi Morinaud, dont les Israélites ont représenté 87,4 % des bénéficiaires tunisiens avec 6 640 naturalisations entre 1924 et 1938 [15], de sorte que le recensement de 1941 dénombrait 16 496 Juifs français pour 68 268 Juifs tunisiens [7]. Le Maroc n’a rien connu d’équivalent, et la naturalisation y est restée résiduelle, sans qu’aucun chiffre public ne permette de la mesurer. Au moment des départs, les uns disposaient d’un passeport français, tandis que les autres devaient solliciter un titre de voyage, et cette inégalité de papiers a orienté les trajectoires avant toute considération d’attachement culturel. Le mot séfarade désigne d’ailleurs, au sens strict, les descendants des Juifs d’Espagne et du Portugal, et l’usage français l’a étendu à l’ensemble des communautés non ashkénazes [16], ce qui regroupe sous une même étiquette des histoires qui ne se recoupent pas.
Du bon côté de la frontière coloniale
Le 24 octobre 1870, le décret Crémieux fait des quelque 35 000 Juifs d’Algérie des citoyens français et laisse environ 3 millions de musulmans sous le statut d’indigènes [1][17].
L’exposition « Juifs et musulmans, de la France coloniale à nos jours », conçue au Musée de l’histoire de l’immigration sous le commissariat de Benjamin Stora, y voit la source d’un sentiment d’injustice dont les effets se prolongent jusqu’en 1962 : les Juifs arrivent alors en métropole comme rapatriés et les musulmans comme immigrés [17]. Les mêmes sources montrent une histoire que ni la cohabitation heureuse ni l’antagonisme permanent ne résument, avec des échanges étroits dans la musique et les arts, et les émeutes de Constantine en 1934, qui ont fait 28 morts, dont 25 Juifs [17].
Il me semble difficile de comprendre les Juifs de France d’aujourd’hui sans inscrire leur généalogie dans cette histoire coloniale, ce que le discours public sur l’antisémitisme fait peu.
Un exil subi, et des pieds-noirs qui n’en étaient pas
Stora décrit les Juifs d’Algérie comme les acteurs de trois exils successifs : celui de 1870, qui les rapproche de la France et les éloigne de la tradition, celui de 1940, lorsque les lois de Vichy les ramènent au statut d’indigènes, et celui de 1962 [18][19]. Le 22 juin 1961, à Constantine, le musicien Raymond Leyris est abattu en pleine rue, sans que personne ne revendique le meurtre ni n’en établisse le mobile, et la quasi-totalité de la communauté juive d’Algérie est partie un an plus tard [20]. La destination se choisissait, et 135 000 personnes ont désigné la France, alors que le départ lui-même s’imposait à elles.
Ce départ a trop souvent été rangé sous l’étiquette de pieds-noirs, et je tiens cette assimilation pour inexacte. Les pieds-noirs, comme le rappelle le sociologue Éric Savarese, ne se sont désignés ainsi qu’une fois installés en métropole, et ils forment un ensemble hétérogène que seule rassemble « la souffrance liée à l’exil » [21]. Les Juifs d’Algérie avaient connu un parcours à part, avec un statut d’indigènes avant le décret Crémieux, la citoyenneté collective qu’il leur accorde, puis la perte de cette citoyenneté sous Vichy, et selon certaines estimations ils représentaient moins de 15 % des rapatriés, une proportion que l’historien Richard Ayoun juge lui-même sous-estimée [1]. Stora observe d’ailleurs que beaucoup, après 1962, ne voulaient pas se singulariser et se sont fondus parmi les pieds-noirs [19], ce qui explique l’amalgame sans le justifier.
Actes antisémites: La bascule vers les personnes
Le recul du nombre total d’actes depuis le pic de 2023 risque de tromper, et la lecture des séries l’interdit. Sur les 1 676 actes antisémites recensés en 2023, 1 242 se concentrent entre le 7 octobre et le 31 décembre, puis le total descend à 1 570 en 2024 et à 1 320 en 2025 [22].
La composition de ces faits se modifie pendant ce temps, car la part des atteintes aux personnes passe de 58 % en 2023 à 65 % en 2024 puis à 67 % en 2025, tandis que les atteintes aux biens reculent d’environ 705 faits à 430, ce qui maintient les atteintes aux personnes entre 890 et 1 020 par an [22]. Le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), dont les relevés ne recoupent pas exactement ceux du ministère, comptait 887 actes de janvier à août 2025 contre 1 103 sur la même période de 2024, et dans le même temps 85 faits de violence physique en huit mois, autant que sur l’ensemble de l’année 2023 [23].

L’ampleur de ces faits se mesure aussi par comparaison avec le reste de la société. Sur les 2 489 actes anti-religieux recensés en France en 2025, 1 320 visaient des Juifs, soit 53 % pour une population qui représente moins de 1 % des habitants [24][22]. Le ministère de l’Éducation nationale a dénombré 1 670 actes antisémites en 2023-2024 puis 1 668 en 2024-2025 [24], contre environ 400 en 2022-2023 [25], alors que les élèves juifs représentent moins de 0,5 % des effectifs de l’enseignement public.
Le mouvement que ces séries décrivent dépasse largement les frontières françaises. Le rapport annuel publié le 13 avril 2026 par l’université de Tel Aviv recense vingt Juifs tués dans des attaques antisémites en 2025, bilan le plus lourd depuis l’attentat de l’AMIA à Buenos Aires en 1994, avec quinze morts à Bondi Beach le 14 décembre, deux devant une synagogue de Manchester le 2 octobre, deux employés de l’ambassade d’Israël à Washington le 21 mai et une rescapée de la Shoah de 82 ans après l’attaque du Colorado le 1er juin [26]. Ses auteurs relèvent pour la France la configuration exacte que je viens de décrire, celle d’un total d’incidents en baisse et d’agressions physiques en hausse [26]. Celui qui conclurait, à partir de la décrue, que la menace reflue aurait donc regardé la mauvaise colonne.
À cette dégradation s’ajoute une incertitude politique dont je ne crois pas qu’on mesure l’effet sur les esprits. Les moyennes des intentions de vote publiées jusqu’en septembre 2026 pour l’élection présidentielle de 2027 placent le candidat du Rassemblement national autour de 34 % au premier tour et Jean-Luc Mélenchon autour de 15 %, avec des fourchettes larges, des candidatures non arrêtées et des marges d’erreur que les instituts rappellent eux-mêmes [27].
Les Juifs de France interrogés en 2024 désignaient à la fois les idées islamistes et celles de l’extrême-gauche parmi les causes de l’antisémitisme [28], de sorte que l’inquiétude ne se range derrière aucune des deux hypothèses de pouvoir qui se dessinent. Une population qui ignore de quoi son pays sera fait après l’élection présidentielle décide autrement qu’une population qui l’anticipe.
Ce que les enquêtes peuvent dire
Une objection m’est adressée chaque fois que je cite ces travaux, et elle porte : plusieurs des enquêtes disponibles sur les Juifs de France datent d’avant le 7-Octobre, à commencer par celle qui a produit le chiffre de 47 %, dont le terrain s’est achevé en juin 2023 [29]. Aucune enquête de même ampleur n’a été conduite depuis sur cette population, à ma connaissance, et ce vide constitue en lui-même un résultat.
Ce qui a été publié depuis porte sur l’ensemble des Français plutôt que sur les Juifs. Ipsos relevait pour le CRIF, en septembre 2024, que 64 % des personnes interrogées trouvaient qu’il existe des raisons de craindre de vivre en France lorsqu’on est juif, contre 50 % en 2020 [30], et la même maison trouvait en novembre 2025 que 61 % comprenaient ces craintes, la proportion tombant à 26 % chez les sympathisants de La France insoumise [31]. L’Ifop a interrogé pour le CRIF, en mars 2025, deux mille collégiens et lycéens, dont 16 % déclaraient ne pas vouloir d’un Juif pour ami [32].
La plus récente de ces enquêtes complique le tableau au lieu de l’assombrir. Du 6 au 9 février 2026, l’Ifop a interrogé pour l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) 1 533 personnes représentatives de la population adulte : la sympathie déclarée envers les Juifs y progresse par rapport à 2016, de 38 % à 41 %, et l’adhésion aux stéréotypes recule sur presque tous les items, celui des Juifs qui « utilisent leur statut de victimes » passant de 32 % à 22 %, cependant que près de 48 % des répondants approuvent au moins une affirmation antisémite et que les moins de 35 ans se montrent plus hostiles que leurs aînés [33].
Ces instruments appellent une critique sévère, que je formule d’autant plus volontiers que leurs résultats vont souvent dans le sens de ce que je décris. Les enquêtes du CRIF sont commandées par une organisation qui milite sur le sujet qu’elle fait mesurer, ce qui n’invalide aucun résultat mais pèse sur le choix des questions. Elles interrogent la population générale sur la situation des Juifs, de sorte qu’elles enregistrent une perception plutôt qu’une expérience, et les 64 % de 2024 renseignent sur ce que les Français croient savoir. Le recueil en ligne auto-administré sur un sujet aussi surveillé laisse jouer la désirabilité sociale dans les deux sens. Les sous-échantillons juifs dont on dispose, 500 personnes extraites de cumuls nationaux en 2024 [28] et 724 en 2016 [4], ne constituent pas des échantillons probabilistes de cette population. La page sur laquelle le CRIF a présenté son enquête de novembre 2025 donne enfin deux chiffres différents pour une même question, 80 % dans son texte et 68 % dans la légende de son illustration [31]. Un sondage de l’Ifop pour le CRIF a par ailleurs fait circuler en septembre 2025 que 31 % des 18-24 ans jugeaient légitime de s’en prendre aux Français juifs au nom du conflit à Gaza, et je n’ai obtenu ni la taille de l’échantillon, ni les dates du terrain, ni la formulation exacte de la question, de sorte que je m’abstiens de m’en servir [34].
Il reste de tout cela une constatation que je tiens pour décisive. Ces enquêtes mesurent des opinions pendant que les actes enregistrés triplent, et la plus récente d’entre elles voit les préjugés reculer. Aucune ne pouvait donc répondre à la question qui se pose aux familles, et l’instrument qui le permettrait reste à construire.
Partir par choix
L’alyah est un choix pleinement respectable, que des Juifs de France accomplissent par conviction, par projet de vie ou par inquiétude, et personne n’a à en rendre compte. Il diffère par nature du départ de 1962 : on en choisit la date, la destination et le projet, ce qu’un exil n’accorde jamais.

Un sondage européen réalisé entre janvier et juin 2023, avant le 7-Octobre, avait relevé que 47 % des Juifs de France avaient envisagé d’émigrer au cours des cinq années précédentes et que 83 % évitaient au moins occasionnellement de porter des signes juifs en public [29]. En 2025, environ 3 300 personnes ont pourtant fait leur alyah [35], soit moins de 1 % d’une population de 436 000 à 554 000 personnes selon la définition retenue [36], un taux que j’ai calculé à partir de ces deux sources. Entre ce que l’on dit envisager et ce que l’on fait s’ouvre un espace dont je ne connais pas le contenu, où les uns restent peut-être en se faisant discrets tandis que d’autres confient leurs enfants à des écoles juives ou partent ailleurs qu’en Israël, et aucune série publique que j’aie consultée ne le mesure.
Ceux qui poussent
Cet espace n’est pas laissé en friche, car des institutions et des responsables israéliens y travaillent ouvertement. En juin 2015, le Jewish People Policy Institute, think-tank créé par l’Agence juive, proposait un plan visant 120 000 arrivants de France en quatre ans, adossé à un fonds d’au moins un milliard de shekels [37], et une note du même institut recensait l’année suivante 180 millions de shekels de crédits publics consacrés à l’encouragement de l’alyah depuis la France, la Belgique et l’Ukraine, avec des campagnes et des salons de promotion [38]. Le discours de Benjamin Netanyahu à la Grande Synagogue de Paris en janvier 2015 avait déjà fait polémique, un contributeur de Slate y voyant une manière de délégitimer la République [39].
Ce qui frappe, c’est que les propres analystes de ces institutions décrivent une réalité bien plus nuancée que la rhétorique. Le même institut attribuait en 2016 la chute de 40 % des arrivées de France à l’échec de l’intégration en Israël, estimait que l’effort devait porter sur l’accueil bien plus que sur la promotion, et rangeait parmi les explications l’engagement du gouvernement français à mieux protéger la communauté [40].
Le registre employé par certains responsables ne s’est pas adouci depuis. En août 2025, Netanyahu accusait Emmanuel Macron d’attiser « le feu antisémite », ce que l’Élysée a qualifié d’abject et d’erroné [41]. Le 5 octobre 2026, un avocat, président d’une association israélienne, publiait sur le site Israel National News une tribune intitulée « France is burning and Jews are in the crosshairs » (« La France est en feu et les Juifs sont dans la ligne de mire », qui compare les manifestations lycéennes en France à une « Intifada », appelle les Juifs de France à faire leur alyah « maintenant » et annonce des salons de l’emploi à Paris, Marseille et Lyon [42]. C’est une tribune d’opinion, dont l’analyse n’engage que son auteur, et elle donne pourtant le ton d’un certain traitement de la France côté israélien.
Je n’ai trouvé aucune étude systématique du traitement de la France dans la presse et la communication institutionnelle israéliennes, et il me paraît utile qu’elle existe. Ce que les chiffres montrent est assez grave pour se passer de l’emphase : une dégradation réelle et mesurable, qui touche des personnes, et une population dont la grande majorité reste. Raconter cette population comme un exode en cours revient à décider à sa place, et à ajouter à la peur des Juifs de France celle d’être regardés d’ailleurs comme déjà partis.
Une mécanique d’enfermement
Une question traverse tout ce qui précède, et je la pose avec précaution parce qu’elle est la plus inflammable. Parmi les personnes visées par l’antisémitisme et parmi une partie de celles qui le commettent, beaucoup pourraient avoir des ascendances nord-africaines, et il serait étrange que cette proximité d’origine ne dise rien de ce qui se passe. Personne ne peut pourtant l’affirmer, puisque l’État ne collecte aucune donnée sur l’origine ou la religion, ce que reconnaissent les auteurs mêmes des enquêtes qui s’en approchent [28], et que le bilan du ministère de l’Intérieur compte les actes sans dire qui les commet [22].
Les enquêtes d’opinion décrivent des attitudes sans enregistrer d’actes, avec les réserves que je viens d’exposer. Celle de la Fondapol, de l’Ifop et de l’American Jewish Committee (AJC) de 2024 relève des proportions élevées de préjugés chez les Français de confession ou de culture musulmane [28]. L’enquête de l’Institut Montaigne et de l’Ifop de 2016 décrit une population musulmane où les origines algérienne et marocaine dominent, répartie entre 46 % de sécularisés, 25 % d’un ensemble conservateur et 28 % d’un groupe aux attitudes autoritaires ou de retrait, analyse que ses auteurs qualifient d’exploratoire et qui ne mesure pas l’antisémitisme [43]. Une étude menée par Dominique Schnapper en 2017 relevait que plus de la moitié de ses interlocuteurs ne tenait aucun propos antisémite [44], tandis que Michel Wieviorka refusait toute cause unique et pesait autant la crise sociale et politique française que la projection des conflits du Proche-Orient [45]. Chacun comble donc le vide avec ce que ses convictions lui soufflent.
Une mécanique s’est pourtant installée, dont le fonctionnement ne réclame la mauvaise foi de personne. Recenser les faits relève de la nécessité, les porter à la connaissance du public appartient au métier des journalistes, et mettre son enfant à l’abri constitue le réflexe le plus ordinaire chez les parents. L’addition de ces gestes légitimes produit un résultat que personne n’a voulu, où l’autre finit par n’apparaître que sous la catégorie de la menace.
L’école en fournit l’illustration la plus nette, et la plus lourde de conséquences à vingt ans. L’enseignement sous égide juive a progressé de plus de 48 % depuis 2000, avec une accélération après le 7-Octobre et surtout dans le primaire, et 69 % des familles associent ce choix à la sécurité de leur enfant [25]. Chaque décision se comprend, puisque les actes antisémites recensés dans l’enseignement public sont passés d’environ 400 en 2022-2023 à 1 670 l’année suivante [25]. Le résultat agrégé échappe en revanche à chacune des familles qui décident, car des enfants juifs grandissent sans croiser en classe ceux dont je rappelais plus haut qu’ils partagent avec eux une géographie, parfois une langue et souvent un quartier, et la réciproque vaut pour ces derniers, qui n’auront d’un Juif que l’image fournie par un écran.
Je me garde d’en conclure que la fréquentation réciproque dissoudrait les préjugés, car la réévaluation de l’hypothèse du contact publiée en 2019 par Elizabeth Levy Paluck, Seth Green et Donald Green juge les preuves disponibles insuffisantes pour fonder une politique publique, avec des effets nettement plus faibles sur les préjugés ethniques et raciaux [46]. Le mouvement inverse est mieux établi, puisque Cass Sunstein a montré que des groupes homogènes qui délibèrent entre eux se déplacent vers des positions plus tranchées que celles dont leurs membres partaient [47]. La séparation retire, en tout cas, les conditions dans lesquelles l’hypothèse que je formulais sur l’origine des auteurs d’actes pourrait seulement être examinée.
Un second mouvement, plus ancien que le premier, vient s’ajouter à cet enfermement par la géographie. Depuis la Seconde Intifada, l’information qui s’adresse aux Juifs de France tourne pour l’essentiel autour de trois thèmes : la Shoah, l’antisémitisme et le conflit israélo-palestinien. Je présente cela comme une hypothèse et comme une conviction, formée depuis vingt-cinq ans dans la vie associative juive et auprès de sa jeunesse, plutôt que comme une conclusion issue d’une analyse de contenu, et je l’assume à ce titre. Chacun de ces thèmes mérite le sérieux qu’on lui accorde, et leur complexité justifie qu’on y revienne sans cesse. Ils partagent pourtant une propriété qu’il faut nommer, celle de placer les Juifs en position d’objet, de l’extermination, de la haine, puis d’un conflit dont ils reçoivent les répliques sans en décider. Une collectivité que l’on décrit uniquement par ce qu’on lui inflige se laisse définir par ceux qui le lui infligent.
Cette configuration précède de loin les années 2000, et la critique en est plus ancienne encore. En 1928, l’historien Salo Wittmayer Baron publiait dans le Menorah Journal un essai dirigé contre la vision de Heinrich Graetz, pour qui l’histoire juive se confondait avec celle d’une souffrance, et il y appelait à rompre avec cette théorie larmoyante. Baron soutenait que les persécutions, bien réelles, ne définissaient pas cette histoire, et il plaidait pour qu’on la replace dans son contexte social, économique et religieux comme dans la société environnante [48]. Deux ans plus tard, il occupait à Columbia la première chaire d’histoire juive créée dans une université laïque occidentale, et son approche a fini par s’imposer chez les historiens [48]. Elle me paraît n’avoir jamais gagné le récit que la communauté se fait d’elle-même.
Ce que nos réponses produisent
Tout ce qui précède conduit à une question que l’on formule peu à voix haute dans les institutions juives, et que je pose pour y avoir passé vingt-cinq ans. La manière dont la lutte contre l’antisémitisme s’organise depuis le début des années 2000 convient-elle à ce qui se produit ? Je ne mets en doute ni la sincérité ni le travail de ceux qui la conduisent, et je constate que ses instruments renseignent mal sur ce qu’ils prétendent combattre.
La première faiblesse de ce dispositif tient à ce qu’il compte. L’État publie chaque année le nombre d’actes avec une précision remarquable et ne publie rien sur ceux qui les commettent [22], de sorte que la prévention s’adresse à une population qu’elle ne connaît pas. Un suivi statistique des condamnations, anonymisé comme il l’est dans d’autres contentieux, lèverait cette difficulté sans rien céder aux principes.
Vient ensuite la question de ce que l’on choisit d’interroger. Les enquêtes récentes demandent aux Français ce qu’ils pensent de la situation des Juifs, et personne n’a redemandé aux Juifs, depuis juin 2023 [29], ce qu’ils vivent. Une enquête récurrente sur cette population, confiée à un organisme public ou européen plutôt qu’à une institution partie au débat, fournirait la série dont les décisions manquent.
Plus lourde encore, parce qu’elle engage une génération, la réponse structurelle apportée à la menace a consisté à retirer. On retire les enfants de l’école publique, on retire les signes de l’espace public, et la protection ainsi obtenue, qui est réelle, s’achète par une soustraction de présence qui accorde à l’agresseur ce qu’il recherchait. Porter la sécurité des établissements publics au niveau qui retiendrait les familles coûterait, sur une période de vingt ans, moins cher que la sortie silencieuse de milliers d’enfants [25].
La pédagogie vise par ailleurs une cible qui n’est pas la bonne. L’enquête de février 2026 montre des préjugés qui reculent dans la population générale et une sympathie déclarée qui progresse, pendant que les actes recensés triplent [33], ce qui signale un phénomène concentré dans des milieux que les campagnes adressées à tous ne rencontrent pas. Les moyens employés pour convaincre une majorité déjà convaincue manquent là où se trouve le problème.
Reste la part dont je me sens personnellement comptable. Proposer à des adolescents une identité composée de la Shoah, de l’antisémitisme et d’un conflit lointain revient à leur transmettre la peur comme patrimoine, et à les désarmer devant une société qu’ils n’apprennent plus à rencontrer. Les institutions juives disposent là d’un levier qu’aucune politique publique ne leur fournira, puisqu’il dépend uniquement de ce qu’elles décident d’enseigner.
Ce que le judaïsme peut éclairer
Reste la question que je garde pour la fin et qui n’a rien d’une provocation. Le judaïsme se réduit-il à ces trois thèmes ? Les sociétés occidentales affrontent des difficultés sur lesquelles une tradition de vingt-cinq siècles a produit de la doctrine, de la jurisprudence et de l’expérience, et le silence des Juifs de France sur ces terrains coûte au pays autant qu’à eux-mêmes. Quatre exemples me viennent à l’esprit, et cette liste n’est pas exhaustive.
Le premier de ces exemples porte sur le temps et sur ce que nous en faisons. L’économie contemporaine capte l’attention sans interruption, et ses effets sur le sommeil, sur le travail et sur la vie des familles occupent désormais le législateur dans plusieurs pays. Le Shabbat organise depuis des siècles une coupure hebdomadaire qui ne se négocie pas, et la tradition qui l’a portée en a élaboré dans le détail les conditions pratiques, bien avant que la question ne se pose à d’autres. Cette expérience est transmissible, et elle vaudrait aussi contre l’enfermement décrit plus haut.
La manière de gérer un désaccord constitue le deuxième de ces exemples. Le débat public confond l’adversaire et l’ennemi, et la contradiction y passe pour une disqualification. La Mishna explique pourquoi l’opinion individuelle est consignée à côté de la décision de la majorité, afin qu’un tribunal ultérieur puisse s’y appuyer [49], et le Talmud a fait de cette conservation une méthode. Une jurisprudence qui archive ce qu’elle n’a pas suivi propose aux démocraties polarisées un modèle dont elles pourraient tirer quelque chose.
Sur la dette et sur la terre, le droit biblique prévoit la remise périodique des créances et le repos des sols tous les sept ans, dispositions que des travaux universitaires relisent à la lumière des limites écologiques et que des mouvements juifs écologistes remettent en pratique [50]. Les discussions sur la dette souveraine gagneraient à s’appuyer sur une tradition qui a pensé l’effacement réglé plutôt que l’accumulation sans terme.
J’ajoute un exemple qui touche à mon propre domaine. Les Juifs ont produit pendant près de deux millénaires un droit sans État, applicable à des communautés dispersées sous des souverainetés étrangères, et le principe talmudique selon lequel la loi du royaume fait loi réglait l’articulation entre la norme du lieu et la norme propre [51]. Les espaces numériques, les normes transnationales et les plateformes qui échappent aux juridictions nationales posent des questions dont cette expérience n’est pas éloignée.
Ce qu’il reste à voir
Mon carnet de route de 2023 s’achevait à Nes Harim, auprès des Éclaireurs et Éclaireuses israélites de France, dont le pluralisme me semblait pouvoir constituer « un véritable programme de société » [52]. Quatre générations après 1962, les Juifs de France disposent d’une liberté que leurs aînés n’ont pas eue, celle de décider de rester, de partir ou de revenir, et cette liberté perdrait son sens si elle s’exerçait depuis un espace où l’on n’entend plus que l’écho de ses propres craintes.
Ce qu’il reste à voir se trouve dans des familles que personne n’a encore interrogées, dans une histoire commune que Juifs et musulmans de France n’ont pas fini de se raconter, et dans tout ce qu’une tradition de vingt-cinq siècles pourrait dire d’un monde qui ne lui demande plus rien.
Sources
[1] Richard Ayoun, « L’exil des Juifs d’Afrique du Nord à l’époque contemporaine », Insaniyat, n° 31, 2006, p. 97-112 : sénatus-consulte de 1865, décret Crémieux du 24 octobre 1870, 160 000 Juifs en Algérie en 1960 dont environ 135 000 ayant choisi la France et un peu plus de 10 000 Israël, protectorats de Tunisie (1881) et du Maroc (1912). https://insaniyat.crasc.dz/en/article/lexil-des-juifs-dafrique-du-nord-a-lepoque-contemporaine
[2] Cnaan Liphshiz, « Aliyah debate exposes French Jewry’s fault lines », The Times of Israel (JTA), 21 mars 2015 : séfarades évalués à environ deux tiers des Juifs de France, 80 à 90 % des émigrants vers Israël d’après Sergio DellaPergola (estimations présentées sans détail de méthode), explications tirées de la mémoire des sociétés musulmanes d’Afrique du Nord et d’une pratique religieuse plus marquée. https://www.timesofisrael.com/aliyah-debate-exposes-french-jewrys-fault-lines/
[3] World Jewish Congress, page « Community in France » : « French Jewry is approximately 60% Sephardic ». https://www.worldjewishcongress.org/hu/about/communities/FR
[4] Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach, « Enquête auprès des juifs de France », Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, enquête de juin à août 2015 auprès de 724 personnes, publiée en janvier 2016, rapportée par Tablet : « largement sépharades (41 %) mais de plus en plus d’origine mixte (14 %) ». https://www.tabletmag.com/sections/news/articles/new-study-details-french-jewish-community-living-with-a-strong-feeling-of-insecurity
[5] Fonds social juif unifié, enquête de janvier 2002 auprès de 1 132 chefs de foyer, rapportée par religion.info le 5 décembre 2002 : 70 % de sépharades, 24 % d’ashkénazes. https://religion.info/2002/12/05/france-un-portrait-de-la-population-juive
[6] Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, collection permanente, section « L’émancipation : le modèle français » : environ 40 000 Juifs en France à la veille de la Révolution, dont 28 000 ashkénazes d’Alsace et de Lorraine. https://www.mahj.org/en/permanent-collection/10-emancipation-french-model
[7] Jacques Taïeb, « Évolution et comportement démographiques des Juifs de Tunisie sous le protectorat français (1881-1956) », Population, 37e année, n° 4-5, 1982, p. 952-958 : 57 792 israélites tunisiens au recensement du 1er février 1956 et près de 80 000 toutes nationalités confondues, puis 55 000 en 1961, 35 000 en 1964 et 25 000 en 1967 ; recensement de 1941 : 16 496 Juifs français, 3 208 italiens, 668 britanniques, 1 030 autres étrangers et 68 268 israélites tunisiens. Reproduction intégrale consultée, l’original étant publié par l’INED. https://en.geneanum.com/tunisia/documents/evolution-et-comportement-demographiques-des-juifs-de-tunisie-sous-le-protectorat-francais-1881-1956.html
[8] Agnès Bensimon, « Fuir Bizerte, quitter la Tunisie », K. Les Juifs, l’Europe, le XXIe siècle, 3 novembre 2021 : entre le 1er août et le 1er octobre 1961, 4 200 Juifs obtiennent à Tunis un visa de court séjour pour la France et 500 pour Israël ; environ 1 000 Juifs de nationalité française partent sans difficulté vers la métropole. https://k-larevue.com/fuir-bizerte-quitter-la-tunisie/
[9] P. Bertrand, administrateur à l’Institut national de la statistique et des études économiques, « Le recensement de la population du Maroc de 1951-1952 », Bulletin économique et social du Maroc, p. 470-487 : 199 156 Juifs de nationalité marocaine dans la zone du protectorat français, dont 74 800 à Casablanca. Le recensement ne couvre ni la zone espagnole ni Tanger. https://cinumedpub.mmsh.fr/besm/Pdf/68-04.pdf
[10] Leon Shapiro, « World Jewish Population », American Jewish Year Book, volumes publiés pour 1960 et pour 1972 : Maroc 200 000 en 1960 et 31 000 en 1972 ; France 235 000 en 1950-1951, 350 000 en 1960 et 550 000 en 1972. https://www.bjpa.org/content/upload/bjpa/62wo/62worldpop.pdf
[11] Filippo Petrucci, « L’accueil des réfugiés juifs égyptiens en France et l’action du Cojasor », Fondation Casip-Cojasor, séminaire de janvier 2020, publié par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah : environ 11 000 personnes dirigées vers la France entre 1956 et 1966, dont 7 000 réfugiés français et 4 000 réfugiés étrangers ou apatrides, sur 80 000 Juifs recensés en Égypte après la Seconde Guerre mondiale. https://www.fondationshoah.org/sites/default/files/1-recherche/textesboursiers2020/petrucci.pdf
[12] Sergio DellaPergola, « ‘Sephardic and Oriental’ Jews in Israel and Western Countries: Migration, Social Change, and Identification », Studies in Contemporary Jewry, vol. 22, 2007, p. 3-43 : « France, the country of destination for nearly a quarter of a million North African Jews in the late 1950s and early 1960s » ; 49 % des Juifs de France nés en Asie ou en Afrique dans les années 1970, 61 % en incluant la deuxième génération. https://www.bjpa.org/content/upload/bjpa/dell/DellaPergola-StudiesinContemporaryJewry22.pdf
[13] Rena Molho, « Les Juifs en Grèce au XXe siècle », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 71, juillet-septembre 2003, p. 40-48 : départs vers la France en 1917-1919 puis en 1922-1926, après le grand incendie de Salonique de 1917 ; près de 40 000 Juifs quittent Salonique en un peu plus de vingt ans. https://www.crif.org/sites/default/fichiers/images/documents/le%20sjuifs%20en%20grece%20au%2020e%20siecle.pdf
[14] Véronique Servat, Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours, dossier pédagogique du Musée national de l’histoire de l’immigration, 2022, commissariat général de Benjamin Stora : « Au Maroc et en Tunisie où le décret Crémieux ne s’applique pas », les populations juives demeurent indigènes. https://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/2022-04/Dossier%20pe%CC%81dagogique%20Juifs%20et%20musulmans.pdf
[15] Jihane Ben Salah, « Naturaliser dans l’Empire colonial. La loi du 20 décembre 1923 et le protectorat de Tunisie durant l’entre-deux-guerres », 20 & 21. Revue d’histoire, n° 152, 2021/4, p. 73-86 : 27 230 naturalisations individuelles en Tunisie entre 1924 et 1938, dont 87,4 % d’israélites, soit 6 640 naturalisations israélites contre 928 de musulmans tunisiens. https://www.academia.edu/78759436/Naturaliser_dans_lEmpire_colonial_La_loi_du_20_d%C3%A9cembre_1923_et_le_protectorat_de_Tunisie_durant_lentre_deux_guerres
[16] Gérard Nahon, « Séfarade », Encyclopædia Universalis : « l’appellation “séfarade” est appliquée aux Juifs dont les ancêtres vécurent dans l’Espagne médiévale » et « plus généralement les membres des communautés juives non ashkénazes ». https://www.universalis.fr/encyclopedie/sefarade/
[17] « Exposition ‘Juifs et musulmans, de la France coloniale à nos jours’ à Paris », Le Courrier de l’Atlas, 2022 : commissariat de Benjamin Stora et Mathias Dreyfuss au Musée de l’histoire de l’immigration ; décret Crémieux accordant la citoyenneté à environ 35 000 Juifs d’Algérie et non à environ 3 millions de musulmans ; émeutes de Constantine de 1934 (28 morts dont 25 Juifs) ; opposition entre rapatriés et immigrés. https://www.lecourrierdelatlas.com/?p=181936
[18] Benjamin Stora, Les trois exils. Juifs d’Algérie, Payot, 2006, présentation : exils de 1870 (citoyenneté), de 1940-1943 (lois de Vichy) et de 1962. https://akademimg.akadem.org//Medias/Documents/Trois_exils_stora_3.pdf
[19] « The three exiles of Algerian Jewry », Point of No Return, 7 novembre 2006, résumé d’un entretien de Benjamin Stora dans Information juive (octobre 2006) : trois exils (1870, 1940, 1962), Juifs d’Algérie qui, après 1962, ne voulaient pas se singulariser et se sont fondus parmi les pieds-noirs, 1962 décrit comme un déplacement physique. https://www.jewishrefugees.org.uk/2006/11/three-exiles-of-algerian-jewry.html
[20] Martin Evans, « Shooting of Algerian-Jewish musician marked turning point », History Today, repris sur le blog Point of No Return, 24 juin 2021 : assassinat de Raymond Leyris à Constantine le 22 juin 1961, mobile inconnu et non revendiqué, départ de presque toute la communauté juive d’Algérie un an plus tard. https://www.jewishrefugees.org.uk/2021/06/shooting-of-algerian-jewish-musician-marked-turning-point.html
[21] Éric Savarese, « Après la guerre d’Algérie. La diversité des recompositions identitaires des pieds-noirs », Revue internationale des sciences sociales, n° 189, septembre 2006, p. 491-500 : identité de pieds-noirs construite après l’installation en métropole, groupe hétérogène dont le seul point commun est « la souffrance liée à l’exil ». https://shs.cairn.info/article/RISS_189_0491/pdf?lang=fr
[22] Ministère de l’Intérieur, Direction nationale du renseignement territorial, « Bilan des actes antireligieux 2025 », avril 2026 : 1 676 actes antisémites en 2023 (dont 1 242 entre le 7 octobre et le 31 décembre), 1 570 en 2024, 1 320 en 2025 (« + 203 % entre 2022 et 2025 ») ; part des atteintes aux personnes de 58 % en 2023, 65 % en 2024 et 67 % en 2025 (890 atteintes aux personnes et 430 atteintes aux biens en 2025 ; les chiffres de 2023 et de 2024 sont reconstitués par mes soins à partir des proportions publiées) ; 643 actes en Île-de-France dont 276 à Paris ; 843 actes antichrétiens et 326 actes antimusulmans en 2025. https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/irecontenu/telechargement/139847/1018971/file/Bilan_actes_anti_religieux_2025.pdf
[23] Service de protection de la communauté juive (SPCJ), contribution au rapport 2025 de la CNCDH : 887 actes de janvier à août 2025 contre 1 103 sur la même période de 2024, moyenne de 111 actes par mois contre 45 par mois entre 2012 et 2022, 85 cas de violence physique en huit mois « soit autant que sur l’ensemble de l’année record 2023 ». https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2026-06/SPCJ_CNCDH_Contribution_2025.pdf
[24] Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), Rapport sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, année 2025, juin 2026 : 2 489 actes antireligieux recensés en 2025 (1 320 antisémites, 843 antichrétiens, 326 antimusulmans d’après le bilan du ministère de l’Intérieur), indice longitudinal de tolérance de 64 sur 100 (« quatrième meilleur score depuis 1990 » dans la synthèse, « troisième » dans l’introduction du rapport complet, d’où la formulation prudente retenue dans le texte), observation sur le décalage entre le débat politique et médiatique et l’évolution des opinions, données du ministère de l’Éducation nationale : 1 960 actes racistes et 1 670 actes antisémites en 2023-2024, 2 183 actes racistes et 1 668 actes antisémites en 2024-2025 (les parts de 46 % et de 43 % sont calculées par mes soins). https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2026-06/CNCDH_Rapport%20racisme%202025.pdf et https://www.cncdh.fr/sites/default/files/2026-06/CNCDH%20Essentiels%20du%20rapport%20racisme%202025.pdf
[25] Deborah Elalouf, Valérie Boussard, François Kraus et Iannis Roder, « L’école de la République à l’épreuve de la montée de l’antisémitisme », Fondation Jean-Jaurès et CRIF, mars 2025 : environ 400 actes antisémites dans l’enseignement public en 2022-2023, 1 670 en 2023-2024, élèves juifs représentant moins de 0,5 % des effectifs, progression de plus de 48 % de l’enseignement sous égide juive depuis 2000 avec accélération après le 7 octobre, 69 % des familles citant la sécurité comme motif principal de l’inscription dans le privé (trente entretiens avec des élèves). https://www.jean-jaures.org/publication/lecole-de-la-republique-a-lepreuve-de-la-montee-de-lantisemitisme/ et https://www.crif.org/sites/default/fichiers/images/documents/crif-etude-ecole-de-la-republique-face-a-la-montee-de-lantisemitisme.pdf
[26] Centre for the Study of Contemporary European Jewry et Irwin Cotler Institute for Democracy, Human Rights and Justice, université de Tel-Aviv, rapport annuel sur l’antisémitisme dirigé par Uriya Shavit, 152 pages, publié le 13 avril 2026, rapporté par l’Algemeiner : 20 Juifs tués dans des attaques antisémites en 2025, bilan le plus lourd depuis 1994 (attentat de l’AMIA à Buenos Aires, 85 morts) ; 15 à Bondi Beach le 14 décembre, 2 à Manchester le 2 octobre, 2 employés de l’ambassade d’Israël à Washington le 21 mai, 1 rescapée de la Shoah âgée de 82 ans après l’attaque au cocktail Molotov du Colorado le 1er juin ; en France, baisse du nombre total d’incidents et progression des agressions physiques. https://www.algemeiner.com/2026/04/13/antisemitic-attacks-killed-more-jews-2025-than-any-year-three-decades-study-finds/
[27] Moyennes glissantes sur 120 jours des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle de 2027, compilées par France-Vote à partir des enquêtes publiées jusqu’au 10 septembre 2026 (Harris Interactive, OpinionWay, Ipsos BVA, Cluster17, ELABE, IFOP) : Jordan Bardella 34,0 % (fourchette de 32 à 36,2 % sur 6 enquêtes), Marine Le Pen 33,5 % (29,6 à 37 % sur 23 enquêtes), Édouard Philippe 17,3 %, Jean-Luc Mélenchon 15,6 %, Gabriel Attal 11,5 %, Raphaël Glucksmann 11,1 %. Les candidatures ne sont pas arrêtées et la marge d’erreur habituelle est de deux à trois points pour les scores élevés. https://www.france-vote.fr/sondages
[28] Anne-Sophie Sebban-Bécache, Dominique Reynié, François Legrand, Sarah Perez-Pariente et Simone Rodan-Benzaquen, Radiographie de l’antisémitisme en France, édition 2024, Fondapol, American Jewish Committee et Ifop, octobre 2024 : enquête en ligne de février-mars 2024, 2 003 personnes dans la population générale et 527 de confession ou de culture musulmane ; 67 % jugent qu’Israël traite les Palestiniens comme les nazis traitaient les Juifs, 22 % déclarent de la sympathie pour le Hamas ; 29 % des proches de La France insoumise jugent la création d’Israël raciste ; absence de collecte publique de données religieuses, biais de désirabilité sociale et position d’acteur engagé de l’AJC reconnus par les auteurs. https://www.fondapol.org/etude/radiographie-de-lantisemitisme-en-france-2/
[29] Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), enquête sur les expériences et perceptions de l’antisémitisme des personnes juives, fiche pays France : 890 répondants, travail de terrain de janvier à juin 2023 (antérieur au 7 octobre 2023), 47 % ayant envisagé d’émigrer au cours des cinq dernières années, 83 % évitant au moins occasionnellement de porter des signes juifs en public. https://fra.europa.eu/sites/default/files/fra_uploads/antisemitism_survey_2024_-_country_sheet_france_0.pdf
[30] Ipsos (Ipsos Public Affairs) pour le CRIF, « Le regard des Français sur l’antisémitisme et la situation des Juifs de France », terrain du 20 au 23 septembre 2024, 1 000 personnes représentatives de la population de 18 ans et plus, questionnaire en ligne sur l’Access Panel Online d’Ipsos, quotas de sexe, d’âge, de profession, de région et de catégorie d’agglomération, norme ISO 20252 : 64 % estiment qu’il existe des raisons d’avoir des craintes à vivre en France quand on est juif, contre 50 % en 2020 ; 79 % jugent l’antisémitisme répandu ; 36 % jugent le départ de certains Juifs important ou massif. L’enquête ne comporte pas de sous-échantillon de Français juifs et mesure donc une perception de la population générale. https://www.ipsos.com/sites/default/files/ct/news/documents/2024-10/ipsos-crif-regard-francais-antise%CC%81mitisme-rapport-complet-V2.pdf
[31] Ipsos BVA pour le CRIF, « Le regard des Français sur l’antisémitisme », terrain des 3 et 4 novembre 2025, 1 000 personnes représentatives de la population de 18 ans et plus, publication du 11 novembre 2025 : 61 % comprennent les craintes des Français juifs, proportion ramenée à 26 % chez les sympathisants de La France insoumise ; 68 % jugent l’antisémitisme répandu. La page de présentation du CRIF indique 80 % dans son texte et 68 % dans la légende de son illustration pour la question portant sur les réseaux sociaux. https://www.crif.org/articles/actualites/2025-11-11/sondage-le-regard-des-francais-sur-lantisemitisme/ et https://www.crif.org/wp-content/uploads/2025/11/Enquete-IPSOS-Le-regard-des-francais-sur-lantisemitisme_11.2025.pdf
[32] Ifop pour le CRIF, « Enquête auprès des collégiens et lycéens sur l’antisémitisme à l’École », 3 mars 2025, 2 000 collégiens et lycéens présentés comme un échantillon national représentatif ; 16 % déclarent ne pas vouloir d’un Juif pour ami, résultat rapporté par Tribune Juive le 6 mars 2025. Les dates du terrain et le détail de la méthode ne figurent pas sur les pages consultées. https://archive.jpr.org.uk/object-4838 et https://www.tribunejuive.info/2025/03/06/au-college-et-lycee-16-des-eleves-ne-veulent-pas-dun-juif-pour-ami-sondage-ifop-pour-le-parisien/
[33] Ifop pour l’Union des étudiants juifs de France, « Regards sur les préjugés antisémites 20 ans après la mort d’Ilan Halimi », février 2026, terrain du 6 au 9 février 2026, 1 533 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, questionnaire auto-administré en ligne, quotas de sexe, d’âge et de profession après stratification par région et catégorie d’agglomération : sympathie envers les Juifs de 41 % contre 38 % en 2016 ; « utilisent leur statut de victimes du génocide » à 22 % contre 32 % en 2016, « plus riches que la moyenne » à 26 % contre 31 %, « trop de pouvoir dans les médias » à 18 % contre 25 % ; 634 répondants sur 1 331 hors « ne sais pas », soit près de 48 %, approuvent au moins une affirmation antisémite ; antipathie de 11 % chez les moins de 35 ans contre 7 % chez les 35 ans et plus. https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2026/02/122255-rapport-detaille-uejf-2026.pdf
[34] Margaux Bongrand, « Antisémitisme : 31 % des 18-24 ans estiment qu’il est légitime de s’en prendre aux Français juifs au nom du conflit à Gaza, selon un sondage Ifop pour le CRIF », Europe 1, 20 septembre 2025. L’article ne donne ni la taille de l’échantillon, ni les dates du terrain, ni la formulation de la question, et je n’ai pas trouvé le rapport d’enquête correspondant. https://www.europe1.fr/societe/ntisemitisme-31-des-18-24-ans-estiment-quil-est-legitime-de-sen-prendre-aux-francais-juifs-au-nom-du-conflit-a-gaza-selon-un-sondage-ifop-pour-le-crif-773427
[35] Ministère israélien de l’Alyah et de l’Intégration, chiffres du 29 décembre 2025 rapportés par le Times of Israel : 3 300 personnes de France en 2025 contre 2 200 en 2024 (chiffres arrondis), pic d’environ 7 900 en 2015, retour autour de 2 500 par an. https://fr.timesofisrael.com/lalyah-en-provenance-de-france-en-hausse-de-45/ Le rapport aux estimations de population [1] est calculé par mes soins.
[36] Sergio DellaPergola, World Jewish Population 2025, données présentées par Jonathan Boyd (Institute for Jewish Policy Research) à la conférence d’Athènes du 16 mars 2026 : France, population juive 436 000 (définition stricte), 553 720 (définition élargie). https://torinoebraica.it/wp-content/uploads/2025/09/JPR.Presentation-at-ECJC-Athens.March-2026-1.pdf
[37] Gary Rosenblatt, « Pushing for massive French aliyah », JTA (New York Jewish Week), 24 juin 2015 : plan du Jewish People Policy Institute visant 120 000 arrivants de France en quatre ans, fonds d’au moins un milliard de shekels, alyah française parmi les trois priorités de l’Agence juive selon Natan Sharansky, discours de Benjamin Netanyahu à la Grande Synagogue de Paris. https://www.jta.org/?p=1779961
[38] Jewish People Policy Institute, note sur l’alyah de France (titre reconstitué : « Aliyah from France: Governmental Efforts and Recommendations for Realizing the Full Potential », auteur non indiqué), 2016 : résolutions gouvernementales 1736, 1737, 2225 et 2446, 180 millions de shekels consacrés à l’encouragement de l’alyah depuis la France, la Belgique et l’Ukraine, campagnes et salons de promotion, obstacles liés à l’emploi, au logement et à la reconnaissance des diplômes. https://archive.jpr.org.uk/download?id=3065
[39] « Contre l’exode des Juifs de France », tribune parue dans Slate après les attentats de janvier 2015 (auteur et date exacte non indiqués sur la page consultée), texte d’opinion qui critique l’appel de Benjamin Netanyahu (« Israël est votre foyer ») comme une délégitimation de la République et un risque d’alimenter le soupçon de double allégeance. https://www.slate.fr/story/96905/contre-exode-des-juifs-de-france
[40] Noah Slepkov, « Drop in French Jews’ immigration to Israel ends record-setting boom », i24NEWS, 27 septembre 2016, d’après une évaluation du Jewish People Policy Institute : baisse d’environ 40 % en 2016, échec de l’intégration en Israël, environ la moitié des immigrants récents de France travaillant dans des centres d’appels francophones (enquête de 2015), engagement de Manuel Valls parmi les explications, recommandation d’investir dans l’accueil plutôt que dans la promotion. https://jppi.org.il/en/?p=1389
[41] « Israel-France row escalates after Netanyahu accuses Macron of fuelling anti-Semitic fire », The Tribune (Inde), 20 août 2025 : lettre de Netanyahu accusant Emmanuel Macron d’attiser « le feu antisémite », réponse de l’Élysée (accusations « abjectes » et « erronées »). https://www.tribuneindia.com/news/world/israel-france-row-escalates-after-netanyahu-accuses-macron-of-fuelling-anti-semitic-fire
[42] Izhak Lax, « France is burning and Jews are in the crosshairs », Israel National News, rubrique d’opinion, 5 octobre 2026 : tribune de l’avocat et président d’Ofek Israeli appelant les Juifs de France, de Grande-Bretagne et d’Europe à faire leur alyah « maintenant » et annonçant des salons de l’emploi à Paris, Marseille, Lyon et Londres ; comparaison des manifestations lycéennes à une « Intifada », interprétation de l’auteur. https://www.israelnationalnews.com/news/434157
[43] Hakim El Karoui (avant-propos) et Antoine Jardin (analyse des données), Un islam français est possible, Institut Montaigne, septembre 2016 : enquête Ifop par téléphone du 13 avril au 23 mai 2016 auprès de 15 459 personnes dont 1 029 de religion ou de culture musulmane ; origine du père algérienne pour 31 % et marocaine pour 20 % ; typologie de 46 %, 25 % et 28 % (la conclusion arrondit à environ 50 %, 25 % et 25 %) ; analyse qualifiée d’exploratoire, sous-groupes fragiles statistiquement ; l’antisémitisme n’y est pas mesuré et la phrase de la conclusion qui le mentionne renvoie à la note de Dominique Reynié, L’antisémitisme dans l’opinion publique française, Fondapol, 2014. https://www.institutmontaigne.org/ressources/pdfs/publications/rapport-un-islam-francais-est_-possible.pdf
[44] Dominique Schnapper, Iannis Roder, Mehdi Ghouirgate et Simone Rodan-Benzaquen, France : Les Juifs vus par les musulmans. Entre stéréotypes et méconnaissances, Fondapol, mai 2017 : étude qualitative de 36 entretiens réalisés par l’Ifop entre octobre 2015 et janvier 2016 ; résultats non représentatifs, plus de la moitié des personnes ne tenant aucun propos antisémite selon Iannis Roder, confusion fréquente entre origine et religion. https://www.fondapol.org/etude/france-les-juifs-vus-par-les-musulmans-entre-stereotypes-et-meconnaissances/
[45] Michel Wieviorka, La tentation antisémite. Haine des Juifs dans la France d’aujourd’hui, Robert Laffont, présenté par l’Institute for Jewish Policy Research (édition anglaise The Lure of Anti-Semitism, Brill, 2007) : facteurs internes (crise sociale, institutionnelle et politique) et externes (projection des enjeux du Proche-Orient), sans cause unique. https://archive.jpr.org.uk/object-fra140
[46] Elizabeth Levy Paluck, Seth A. Green et Donald P. Green, « The contact hypothesis re-evaluated », Behavioural Public Policy, vol. 3, n° 2, 2019, p. 129-158 : effet moyen de réduction des préjugés de 0,39 écart-type sur 27 expériences randomisées, effets nettement plus faibles pour les préjugés ethniques et raciaux, hétérogénéité très forte entre études, preuves jugées par les auteurs insuffisantes pour fonder une politique publique. https://www.cambridge.org/core/journals/behavioural-public-policy/article/contact-hypothesis-reevaluated/142C913E7FA9E121277B29E994124EC5/core-reader
[47] Cass R. Sunstein, « Deliberative Trouble? Why Groups Go to Extremes », The Yale Law Journal, vol. 110, n° 1, 2000 : des groupes de personnes qui pensent déjà de façon semblable se déplacent, après délibération, vers des positions plus tranchées que celles dont leurs membres partaient. https://yalelawjournal.org/essay/deliberative-trouble-why-groups-go-to-extremes
[48] Michael Stanislawski, « Salo Wittmayer Baron: Demystifying Jewish History », Columbia Magazine, hiver 2004-2005 : essai « Ghetto and Emancipation » publié par Salo Wittmayer Baron dans le Menorah Journal en 1928 contre la vision de Heinrich Graetz, appel à rompre avec « the lachrymose theory of pre-Revolutionary woe », thèse selon laquelle les persécutions ne définissent pas l’histoire juive, chaire Miller obtenue à Columbia en 1930, première chaire d’histoire juive dans une université laïque occidentale. https://magazine.columbia.edu/article/salo-wittmayer-baron-demystifying-jewish-history
[49] Mishna, traité Edouyot 1, 5 : l’opinion individuelle est consignée à côté de la décision de la majorité afin qu’un tribunal ultérieur puisse s’y appuyer. Référence au texte classique, citée sans page web.
[50] « Ecology and Economy of Shmita (Exod. 23.10-11 ; Lev. 25.1-7 ; Deut. 15.1-6): Biblical Texts and Contemporary Judaism », in M. Zehnder et H. Hagelia (dir.), The Bible and Money: Economy and Socioeconomic Ethics in the Bible, 2020, p. 314-336 (auteur non indiqué sur la notice consultée) : remise des dettes et repos de la terre tous les sept ans, réception de ces textes par la tradition juive ancienne et médiévale, reprise actuelle par des mouvements juifs écologistes. https://vid.brage.unit.no/vid-xmlui/handle/11250/2738145
[51] Principe talmudique dina de-malkhuta dina (« la loi du royaume fait loi »), formulé notamment en Bava Kamma 113 : articulation entre la norme de l’État où vivent les communautés et la norme juive propre. https://www.myjewishlearning.com/article/bava-kamma-113/
[52] Ilan Scialom, « Plongée au cœur d’Israël, à la recherche de l’unité », The Times of Israel (blogs), 5 mai 2023 : phrase « Le pluralisme cher au mouvement peut constituer un véritable programme de société ». https://frblogs.timesofisrael.com/plongee-au-coeur-disrael-a-la-recherche-de-lunite/

