Pour aller plus haut : Le cas Yelena Isinbayeva

La Russe Yelena Isinbayeva dans un saut à la perche au Grand Prix d'athlétisme Crystal Palace à Londres, le vendredi 28 juillet 2006. (AP Photo / Matt Dunham)
La Russe Yelena Isinbayeva dans un saut à la perche au Grand Prix d'athlétisme Crystal Palace à Londres, le vendredi 28 juillet 2006. (AP Photo / Matt Dunham)

Yelena Isinbayeva est une perchiste russe de haut niveau, plusieurs fois championne olympique, championne du monde, championne d’Europe, et actuelle détentrice du record féminin du saut à la perche, avec 5,06 mètres franchis en plein air à Zurich en 2009.

Les Jeux olympiques d’Athènes en 2004 mettent en scène dans le concours féminin du saut à la perche, les Russes Isinbayeva et Feofanova, ainsi que la Polonaise Rogowska. Ces deux dernières franchissent d’emblée la hauteur de 4,70 m au premier essai, a contrario d’Isinbayeva.

En difficulté, la championne décide alors de passer à 4,75 m pour ses deux autres sauts. Elle rate à nouveau, tandis que sa compatriote franchit cette hauteur à sa deuxième tentative, ce que la Polonaise ne parvient pas à réaliser non plus. Avec une incroyable audace et contre toute attente, Isinbayeva reporte son dernier essai à 4,90 m bien que venant de faillir successivement à 4,70 m et 4,75 m. La barre est franchie à cette hauteur, elle reprend même la tête de la compétition.

L’athlète, déjà assurée de son titre de championne olympique, tente alors une barre à 4,91 m qu’elle brave avec succès, accomplissant ainsi du même coup un nouveau record du monde dans la discipline à cette époque. Isinbayeva déclarera un jour au cours de sa carrière : « Je ne me fixe pas de limite, le ciel est ma limite. ».

Cette histoire enseignée dans les cours de management, m’en rappelle une autre d’un genre tout à fait différent, celle que j’évoquais récemment sur Time of Israël dans mon hommage au Rabbin Adin Steinzaltz – Even Israël, suite à sa disparition à l’âge de 83 ans cet été.

Un jour, Steinsaltz prit conseil auprès du Rabbi de Loubavitch, R. Menachem Mendel Schneerson. Il était sur trois grands projets à la fois et voulait savoir lequel il pouvait laisser de côté. La réponse du Rabbi fut saisissante et a priori incompréhensible. Il lui demandait de garder les trois projets, et là encore contre toute attente, pour être certain de réussir pleinement, d’en rajouter un quatrième.

Constatons d’ailleurs dans la vie que souvent et singulièrement, ce sont les hommes occupés qui trouvent du temps ; les gens de condition modeste qui aident plus ; les personnes qui habitent loin qui arrivent plus à l’heure…

A y réfléchir, tous ces paradoxes se comprennent et se résolvent. Les forces de l’homme sont élastiques, plus elles travaillent, plus elles ouvrent le champ à de nouvelles possibilités. Ce principe ouvre la voie aux rêves les plus fous et autorise les défis les plus grands, même si en apparence les entreprises semblent irréalisables. Cette propriété humaine fait sans doute écho à notre univers dont la structure spatio-temporelle est élastique, comme l’exprime la Théorie de la Relativité d’Einstein. L’homme est un « petit monde » selon l’expression de nos Sages, et cette nature le rend grand au point que son influence est macrocosmique.

En cette période de crise sanitaire où l’infiniment petit déstabilise et fait douter, il est bon de rappeler que l’homme, créé à l’image de Dieu, est l’espoir de la création et de son Créateur ; que la réussite du projet divin est entre ses mains ; et enfin pour ces raisons, que le succès est en lui.

à propos de l'auteur
Daniel est spécialiste de Rachi et auteur d'un livre publié aux éditions Kehot "Cinq ans, savoir étudier le Commentaire de Rachi sur la Torah".
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