L’antiracisme est mort, vive l’antiracisme !

Il y a quelques jours, nous rappelions le lien entre Martin Luther King et le Rabbin Abraham Joshua Heschel, côte à côte aux marches de Selma pour les droits civiques des Afro-américains.

C’est une toute autre image que l’on voit aujourd’hui. Place de la République, samedi 13 juin, les militants du collectif Adama Traoré avaient dans leurs rangs des drapeaux palestiniens, des porteurs de T-shirt appelant au boycott d’Israël, des banderoles « Israël, laboratoire des violences policières ». Quand des identitaires sur un toit ont fait le salut nazi, des cris ont fusé : « sales Juifs » oui place de la République.

L’antiracisme est mort, vive l’antiracisme !

Il est écœurant d’entendre des cris antisémites dans une manifestation à Paris. Ils sont certes minoritaires, mais si vous ajoutez à ceux qui profèrent ces insultes, la non-condamnation des organisateurs, des associations et partis politiques qui participaient à cette manifestation, les pro-islamistes, les scandeurs de messages de haine, les porteurs de pancartes pro-terroristes, les anti-Israël, les indigénistes, les anti-flics primaires, le déni des hommes politiques à l’instar de Mélenchon, qui ose prétendre, alors que les antisémites ont été filmés en train de crier, que cette accusation est un faux du Préfet de police, cela fait beaucoup trop.

Le doute n’est plus permis. Il ne s’agit clairement pas d’une manifestation antiraciste mais de la manifestation de ceux qui veulent détruire notre contrat républicain. Il ne s’agit pas seulement des Juifs ou d’Israël, mais bien de la France. Devant la faiblesse des réactions de la classe politique depuis le début de ce mouvement racialisé, on reprendrait volontiers le mot de Jean-Michel Blanquer en l’élargissant à tout l’échiquier politique : « La République En Marche ce n’est pas les communautarismes en vadrouille« .

Nous qui sommes des acteurs culturels, au nom de l’universalisme de la culture, refusons les amalgames entre Georges Floyd et d’autres victimes, entre la police américaine d’un côté, les polices françaises et israéliennes de l’autre, refusons les assignations identitaires à la couleur de la peau, à l’appartenance communautaire, à la religion. Nous connaissons par cœur les manipulations qui s’appellent « convergence des luttes », « intersectionnalité », « indigénisme », elles-mêmes porteuses de tous les racismes.

Il existe des combats communs contre le racisme et l’antisémitisme auxquels nous nous associons, avec la LICRA SOS-Racisme, le CRIF, l’UEJF ou d’autres authentiques antiracistes, mais nous avons un sixième sens qui nous pousse à ne jamais nous sentir solidaires quand on tente de réduire la République française une et indivisible à un caléidoscope communautariste où l’on attiserait les haines et la concurrence mémorielle.

Faut-il au nom de la mémoire d’une victime de bavures de policiers, accuser la France, sa police, toute sa police d’être globalement racistes ? Appeler à la haine des « blancs » (entre guillemets), des Juifs, des autres ? A refuser de participer à des manifestations de solidarité le 9 juin, jour de l’enterrement de Georges Floyd, parce que ces manifestations ne sont pas racialisées ? Cela doit-il conduire Assa Traoré, la sœur hyper médiatisée de la victime à manifester comme elle le fait depuis 3 ans pour le terroriste Georges Ibrahim Abdallah, condamné et emprisonné en France, à pactiser avec des organisations antisionistes. Ce sont ces dérives qui conduisent les manifestants prétendument « antiracistes » à ne pas expulser de leurs rangs ceux qui crient « sales Juifs ».

A ces tentations très fortes déjà présentes dans l’Amérique des années 60 où les islamistes tentaient de rallier les Afro-américains à la propagande antisioniste, une voix forte s’élevait pour affirmer : « L’antisionisme est antisémite par essence et il le restera toujours. » Cette voix était celle de Martin Luther King.

à propos de l'auteur
Je défends un judaïsme vivant, ouvert et profondément ancré dans la culture. Un judaïsme qui dialogue avec la société française, avec la création contemporaine et avec toutes les générations. Je mène un combat pour rendre la culture juive accessible au plus grand nombre : transmission des textes, langue hébraïque, pensée, musique, débats, mémoire et création artistique. Je crois à une identité qui se construit dans l’ouverture, la rencontre et le partage, bien au-delà des frontières communautaires. Dans une époque marquée par les replis identitaires et les fractures sociales, je défends un judaïsme exigeant mais inclusif, fidèle à son histoire tout en étant pleinement tourné vers l’avenir. Les projets éducatifs et numériques que je développe poursuivent cette même ambition : transmettre autrement et toucher de nouveaux publics. Ce blog est le prolongement de cet engagement et de ces combats.
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