La rentabilité faramineuse des sociétés israéliennes de haute technologie

Pixabay
Pixabay

La bourse de Tel Aviv a annoncé en très grande pompe, il y a quelques jours, la création d’un nouveau compartiment destiné aux start-up israéliennes (tase up), qui pourraient dans un premier temps ne pas être soumis aux contraintes légales des sociétés cotées, mais réservées aux investisseurs institutionnels et qualifiés.

La bourse a indiqué qu’elle a eu déjà plus de 500 demandes de sociétés et qu’elle commencerait le pilote par un nombre limité de 5 entreprises. De cette façon, la bourse voudrait jouer un rôle de financement de la Silicon Valley israélienne et éviter qu’elles soient financées par des capitaux étrangers, comme c’est à 90% le cas actuellement. De plus, l’état d’Israël prendrait à sa charge 40% des charges en cas d’échec.

A cette occasion, il nous a semblé utile de présenter et d’analyser les chiffres excellents de rentabilité pour les épargnants.

Rentabilité des principaux indices boursiers 01/01/2020-30/8/2020 :

Ainsi, comme dans tous les pays, la crise économique du covid 19 a entrainé des gains considérables pour les investisseurs dans le domaine de la technologie, tout en provoquant des pertes dans les domaines du financier et de l’énergie.

Les analystes financiers font remarquer que les résultats comptables semestriels ne justifient pas entièrement cet écart de rentabilité. D’autre part, cet écart de rentabilité explique pourquoi l’indice phare des 35 sociétés les plus importantes à la bourse de Tel-Aviv accuse une perte de plus de 15% depuis le début 2020, car il est composé de beaucoup de sociétés de finance et très peu de technologie.

On pourrait soutenir que la rentabilité exceptionnelle du secteur de la technologie nous n’est dû qu’au phénomène du Covid 19, c’est pourquoi nous présentons maintenant.

La rentabilité des trois dernières années de la très populaire sicav intitulée: bluestar Israel global compagny : qui a pour avantage d’investir dans les sociétés israéliennes même lorsqu’elles ne sont pas cotées à Tel-Aviv :

Il est donc évident qu’il ne s’agit pas d’une période exceptionnelle, mais d’une rentabilité annuelle constante de près de 30%.

Illustration d’une société exemplaire, la start-up israélienne Electroen mondialement réputée qui conçoit les routes du futur nous semble appropriée :

– Les transactions quotidiennes sont de plusieurs millions de shekalim, donc il ne s’agit pas d’une société ésotérique vouée à la spéculation.
– Les bénéfices se font toujours attendre.
– La valeur boursière a atteint 2.5 milliards de shekalim.
– La rentabilité pour l’investisseur est constante et faramineuse.

Il est intéressant de noter au niveau microéconomique que la société israélienne nice de haute technologie cotée aussi sur le Nasdaq a atteint un tel bénéfice et de notoriété qu’elle a pu emprunter, la semaine dernière sur le marché américain des obligations convertibles à taux 0.

Conclusion

Le secteur de la haute technologie est considéré comme très spéculatif et le taux de réussite est souvent très faible. De plus, comme nous l’avons souligné, les bénéfices n’apparaissent qu’après de longues années de développement.

Nous avons déjà souligné dans un précédent blog « les contre vérités de la finance » (publié le 10.8.20) que le bénéfice comptable ne peut être une base de l’évaluation des sociétés de haute technologie, mais que l’analyse financière doit trouver de nouveaux modèles, comme le nombre de brevets, la potentialité du projet…

Cependant, cette brève présentation prouve qu’un investisseur israélien, quel que soit le niveau de risques qu’il est prêt à prendre, doit faire figurer dans son portefeuille des valeurs de start up israéliennes.

Le mode de l’investissement (sicav, indice ou action d’une société) et le pourcentage de ce placement dépend du choix et de la sensibilité de l’investisseur. Les conditions économiques ne feront à l’avenir que renforcer les rentabilités du passé.

Même dans le cas où le Nasdaq ne continuerait pas sur sa lancée de records historiques, il nous semble que les sociétés israéliennes et principalement celles cotées à Tel Aviv continueront à donner une bonne rentabilité.

à propos de l'auteur
Docteur Daniel Gugenheim a enseigné en France dans les grandes écoles de commerce comme HEC et l'ISG. Ayant effectué son alya en 1986, il enseigne à l'université Bar Ilan et fut économiste près de 30 ans à la Reshut Nyarot Erekh (Autorité des Marchés Financiers). Il a publié de nombreux articles en économie et finance en Europe et en Israël. Il est conseiller financier à Qualita où il donne une chronique hebdomadaire à la radio. Il est chroniqueur également à radio Judaica Bruxelles et est intervenant sur la chaine de télévision i24.
Comments