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Genèse : « Anéantirais-Tu le Juste avec le mécréant ? »

Face à la guerre totale qui doit se poursuivre dans la bande de Gaza contre le Hamas, nous devons adopter la morale d’Abraham et nous efforcer de sauver ceux qui ne sont pas impliqués.

Il y a quelques semaines, un ministre du gouvernement israélien a évoqué la possibilité de « larguer une bombe atomique sur Gaza ». Ces choses sont vraiment inhabituelles dans leurs extrêmes, et Benjamin Netanyahu a bien fait de suspendre des réunions du gouvernement ce ministre arrogant et irresponsable, mais l’état d’esprit exprimé par ce ministre s’étend à des domaines bien plus vastes que les domaines illusoires du « pouvoir juif ».

Selon des sondages approfondis menés jusqu’à la veille des événements du 7 octobre, plus de 70 % de la population de la bande de Gaza s’oppose au régime du Hamas, tant en raison de ses positions idéologiques que de la manière dont il gouverne. Certaines données sont encore plus surprenantes : la majorité des habitants de la bande considère le Hamas comme le responsable et le principal coupable de leur situation, et non pas Israël.

Pendant toute cette période, entre une multitude d’initiatives et de volontariats, entre les funérailles et le réconfort des personnes en deuil, je me suis également occupé à tenter d’obtenir une décision israélienne pour l’évacuation temporaire des masses de Gazaouis anti-Hamas non impliqués dans le conflit, au sud de la bande de Gaza, sous un parapluie international (je suis en contact avec la Commission de Défense nationale, des responsables de la sécurité, des hauts fonctionnaires, des diplomates, etc…)

Toutes les tentatives (y compris internationales) visant à convaincre/persuader al-Sissi d’accepter temporairement les Gazaouis non impliqués dans la région du Sinaï, au sud de la bande de Gaza, échouent. Quand al-Sissi a suggéré avec défi qu’ils soient absorbés dans le Néguev, cela a semblé absurde.

Mais c’est mieux que ce qui se passe actuellement, où la majorité de la population de Gaza reste sur le territoire de la bande de Gaza. En plus de causer des dommages énormes aux non-impliqués, cela pourrait également retarder, voire empêcher la poursuite de la guerre, atteindre ses objectifs justifiés, et aussi nous obliger à sacrifier un plus grand nombre de soldats. (Mes doigts tremblent pendant que j’écris ces lignes : j’ai deux fils qui se battent à Gaza…)

Alors que faire ?

Nous devons proposer une zone de notre territoire, dans la région du Néguev, au sud-est de la bande de Gaza, qui n’est pas densément peuplée d’Israéliens, et y établir, avec des investissements internationaux, le « camp de secours » pour les réfugiés de Gaza, avec un accord international pour la reconstruction de la bande de Gaza après la chute du Hamas et le retour de toute la population, ce qui nous permettra de lutter jusqu’à ce que l’objectif de destruction du Hamas soit atteint, en moins de temps et avec moins de pertes pour nos forces, sans nuire à la population de la bande de Gaza qui cherche à s’échapper pour rester en vie.

Malgré tous les problèmes que cela comporte et dont je suis conscient, c’est une décision qui peut être adoptée au sein d’un Cabinet restreint. Nous avons besoin, comme nous l’avons mentionné, d’un soutien international, qui pourrait être un premier test pour l’axe américano-saoudien-israélien. Mais il ne s’agit pas simplement d’une position « humaniste » ou de nos intérêts.

Durant toutes ces semaines, lorsque j’essaie de promouvoir cette initiative, j’essaie également de me baser sur la morale d’Abraham, qui nous oblige tous, ses descendants, devant Dieu, lorsqu’il s’agit de détruire Sodome. Selon la Bible, Dieu partage sa décision avec Abraham afin qu’Abraham puisse discuter avec lui. Abraham se tient dans une position inhabituelle devant Dieu et lui demande : « Les justes périront-ils avec les méchants ? » Et aussi : « Le juge de toute la Terre serait-il un juge inique ? »

Abraham a échoué dans sa négociation avec Dieu. Mais pendant des générations, il nous a inculqué ce devoir moral, pour éviter une punition collective, une destruction collective. Mon idée d’établir un « camp de secours » pour la population de la bande de Gaza dans le Néguev est la seule possibilité de faire la différence entre les justes et les méchants à Gaza et de sauver de nombreuses vies.

à propos de l'auteur
Eliaz Cohen est un poète, éditeur, rédacteur en chef de la revue de poésie "Mashiv Haru'ach" et militant pour la paix israélien au sein du mouvement "Une Terre, deux Patries". Il est né en 1972 dans une famille religieuse pluraliste, a étudié dans la yeshiva Bnei-Akiva et a servi dans une division blindée de l’armée. Il a publié six recueils de poésie, dont certains ont été traduits en anglais et en français. Il a reçu le « Prix du Premier ministre » pour la littérature en 2006. Il est membre du kibboutz de Kfar Etzion, marié et père de quatre enfants.
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