Columbo et le baromètre du crime : une boussole que Macron a oubliée
Le Président de la République, Emmanuel Macron a annoncé son intention de reconnaitre – avec ou sans conditions, ce n’est pas très clair – l’État palestinien, tout en affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une récompense au Hamas. Pourtant, le mouvement terroriste s’est empressé de saluer ce geste comme un « pas positif », y voyant le fruit du 7 octobre.
La contradiction est flagrante : un président qui prétend œuvrer pour la paix, et une organisation terroriste qui s’en félicite
Columbo, le célèbre inspecteur à l’imperméable froissé, avait une manie : au moment où tout semblait bouclé, il s’arrêtait, se tournait vers son interlocuteur et lançait :
Just one more thing… [Encore une chose…]
C’est précisément ce qui manque aujourd’hui à nos dirigeants : ce petit sursaut de lucidité qui oblige à poser la question la plus élémentaire, celle de Columbo : à qui profite le crime ?
Le principe du baromètre
Ce que je propose, c’est un baromètre politique du profit du crime (Baromètre APC-Pol) : un outil mental, simple, universel. Chaque fois qu’un État prend une décision, il devrait immédiatement s’interroger : qui se réjouit de cette décision ?
- Si ce sont les citoyens, les démocrates : la mesure est probablement juste.
- Si ce sont les terroristes, les cartels ou les voyous qui se réjouissent de cette décision, alors il y a une erreur stratégique et il faut réviser la doctrine ou la décision.
Car, comme le rappelait Columbo :
There is no such thing as a perfect murder. That’s just an illusion. [Le meurtre parfait n’existe pas. Ce n’est qu’une illusion.]
De la même manière, il n’existe pas de décision politique « parfaite » si elle est saluée par ceux que l’on prétend combattre ; ce n’est pas une avancée pour la paix, mais une illusion dangereuse.
Prenons l’exemple d’un conflit social : si le gouvernement arbitre entre patronat et syndicats et que les syndicats applaudissent, c’est qu’il a pris leur parti. Logique.
Si une loi censée lutter contre les trafiquants est applaudie par eux, c’est la preuve qu’elle est contre-productive.
La logique implacable veut que si le Hamas remercie Paris pour la reconnaissance d’un État palestinien, cela devrait suffire à réveiller l’alerte rouge dans l’esprit d’un dirigeant politique.
L’exigence morale : faire le contraire
Un État juste ne devrait pas seulement éviter de céder à ce qui profite aux terroristes. Il devrait faire exactement l’inverse de ce qu’ils exigent.
- Si un groupe terroriste réclame une aide humanitaire, c’est qu’il compte en détourner une partie : il faut donc l’empêcher d’en profiter et la contrôler.
- S’il exige un statut politique, il faut le lui refuser catégoriquement.
- S’il se félicite d’une mesure, il faut corriger immédiatement dans la direction opposée.
C’est le seul moyen de briser la mécanique du chantage et de l’intimidation.
Parce que les décisions politiques ne sont jamais neutres
Elles sont soumises à des pressions diplomatiques, financières et électorales. Mais même dans cette subjectivité, il existe des garde-fous. Et le baromètre « À qui profite le crime ? » devrait en être un.
Columbo s’excusait souvent en disant :
I’m making a pest of myself… It’s because I keep asking these questions. But I can’t help myself. It’s a habit. [Je me rend pénible moi-même… C’est parce que je pose sans cesse ces questions. Mais je ne peux pas m’en empêcher. C’est une habitude.]
Voilà l’habitude que devraient cultiver nos dirigeants : poser inlassablement les bonnes questions, jusqu’à ce que la vérité éclate.
Et la vérité est simple : si le Hamas applaudit, c’est qu’il y a une erreur.

