29 mai 1942 : les 80 ans de l’étoile jaune

Photo de Roger Schall, publiée dans "À Paris sous la botte des nazis", sous la légende Le réprouvé, éditions Raymond Schall 1944)
Photo de Roger Schall, publiée dans "À Paris sous la botte des nazis", sous la légende Le réprouvé, éditions Raymond Schall 1944)

29 mai 1942 – 29 mai 2022 : 80 ans après la 8e ordonnance allemande qui rendra obligatoire le port de l’étoile jaune en France occupée, retour sur ce symbole de la discrimination régulièrement détourné à des fins partisanes.

29 mai 1942 : le commandant en chef des troupes d’occupation en France Carl-Heinrich von Stülpnagel *, signe la 8e ordonnance allemande en France occupée. Le port de “l’étoile juive” devient obligatoire en public pour les juifs, âgés de plus de six ans, français ou étrangers.

1er juin 1942 : le Journal officiel allemand, le Verordnungsblatt für die besetzten französischen Gebiete, promulgue le texte : « Une étoile à six pointes ayant les dimensions de la paume d’une main et les contours noirs. Elle est en tissu jaune et porte, en caractères noirs, l’inscription « Juif ». Elle devra être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement » (1)

Dimanche 7 juin : l’infamie entre en vigueur non sans rappeller l’usage médiéval de la rouelle, imposée aux Juifs par les rois et les papes après le Concile de Latran de 1215. Les Juifs devaient porter une pièce d’étoffe pour les distinguer des autres personnes. Une pratique déjà en place à Bagdad, en 807, sous le calife musulman Haroun al-Rachid, ses « dhimmis » devant arborer une ceinture jaune. On la retrouvera jusqu’au 19e siècle à Jérusalem, où les Juifs devaient mettre un turban bleu. Portée dès décembre 1939 en Pologne sous la forme d’un brassard bleu et blanc, l’étoile jaune sera introduite en mai 1941 en Croatie après l’arrivée des troupes allemandes à Zagreb ; en juin 1941 lors de l’invasion surprise de l’Union soviétique (opération Barbarossa) ; en septembre 1941 en Allemagne, Autriche, Bohême-Moravie, Roumanie et Alsace-Moselle ; à partir d’avril 1942 aux Pays Bas, et au 1er juin en Belgique. Cette vaste entreprise de marquage à l’étoile de David (“magen David” en hébreu, ou “bouclier de David”) revenait à un détournement pervers de l’hexagramme du livre de prières juives, désormais à l’usage inversé.

Jadis protecteur, il va contribuer à la chasse aux juifs rendus visibles pour mieux les arrêter, avant la déportation et la mort qui les rendra définitivement invisibles.

L’étoile jaune renforcera la décision allemande du 7 octobre 1940 qui, dans le département de la Seine, obligeait l’apposition du tampon “Juif” sur les cartes d’identité. L’insigne racial devient un outil supplémentaire dans le processus de la “Solution finale”. Il survient deux mois après le premier convoi de déportés juifs du 27 mars 1942 pour Auschwitz-Birkenau, un mois et demi avant la rafle du Vél d’Hiv.
Cette mesure était allemande, mais l’État français du maréchal Pétain a largement contribué à son application : en zone occupée, policiers et gendarmes, distribuent les étoiles imprimées à 400.000 exemplaires (trois par personne). Ce sont encore des uniformes français qui appliqueront les mesures répressives en cas d’infraction.

Actions de solidarité

Aussitôt portée, l’étoile jaune suscite des réactions de solidarité : entre le 6 et le 10 juin 1942, trente cinq arrestations ont lieu à Paris pour des insignes avec des inscriptions comme « zazou », « swing », « potache » ou « papou ». Vingt manifestants écoperont de trois mois à Drancy en tant qu’ “Ami des Juifs”. (2)

Les autorités religieuses protestent : le 7 juin, le pasteur André-Numa Bertrand prêche à l’Oratoire du Louvre : « Depuis ce matin, nos compatriotes israélites sont assujettis à une législation qui froisse dans leur personne et dans celle de leurs enfants, les principes les plus élémentaires de la dignité humaine. »

Deux jours plus tôt, il a rédigé une lettre indignée que le président de la Fédération protestante, Marc Boegner, remettra personnellement à Pétain le 27 juin 1942 : « Ce port d’un insigne distinctif inflige à des Français une humiliation gratuite, en affectant de les mettre à part du reste de la nation (…) Aussi, les Eglises du Christ ne peuvent-elles garder le silence devant une souffrance imméritée qui atteint les Français et parfois les chrétiens, dans leur dignité d’hommes et de croyants ». (3)

Le cardinal Suhard, archevêque de Paris, autorise la protestation en chaire de son chanoine, Jean Rupp, dans l’église de la Sorbonne : « Une mesure incompréhensible pour l’âme française et où elle se refuse de se reconnaître, vient d’être prise par les autorités d’Occupation. L’immense émotion qui étreint le Quartier Latin ne nous laisse pas insensibles. Nous assurons les victimes de notre affection bouleversée et prions Dieu qu’il leur donne la force de surmonter cette terrible épreuve ». (4)

Le Consistoire ne réagit pas

Le Consistoire, replié à Lyon depuis juin 1940, ne réagit pas. Un silence résigné qui tranche avec les réactions de son président, Jacques Helbronner, conseiller d’État et ami de Pétain, contre le second Statut des juifs de juin 1941 qualifié de législation d’exception, suivi par toute une série de lois et décrets révélateurs de l’antisémitisme d’État qui viendra renforcer le processus d’extermination. (5)

Ce silence s’explique par le respect de la souveraineté de Vichy, limitée à la zone libre où Pétain refusa l’extension de l’étoile : « Moi vivant, l’étoile juive ne sera pas portée en zone libre » aurait dit Pétain au grand rabbin Isaïe Schwartz. (6)

Vichy ne peut rien contre les mesures allemandes en zone occupée et le Consistoire ne se risque pas à une déclaration publique source de représailles supplémentaires envers la communauté juive.

Le contraste est flagrant avec l’indignation suscitée par la grande rafle du 26 août 1942 en zone libre contre les juifs étrangers, et quelques mois plus tard, contre une autre mesure humiliante, mais de la seule initiative française : après l’invasion allemande du 11 novembre 1942 en zone sud, la loi du 11 décembre 1942 impose le tampon « Juif » à l’encre rouge sur les cartes d’identité et d’alimentation.

Helbronner et le grand rabbin Schwartz protesteront auprès de Laval dans un courrier du 30 décembre 1942, exprimant « leur indignation contre une mesure qui tendait à soumettre à une humiliation nouvelle une catégorie de citoyens français contre une obligation vexatoire venant s’ajouter à tant d’autres. » (7)

Dans son avant-propos du livre « L’Etoile Jaune » de Léon Poliakov, Isaac Schneersohn apportera ce commentaire : « Les Juifs de la zone libre n’avaient pas le mot Juif marqué sur la poitrine, mais ils l’avaient sur leurs papiers. »

Le 12 juin 1942, moins de deux semaines après l’introduction de l’étoile, Helbronner écrit à Laval : « La France va-t-elle donc connaître la honte d’être une terre de pogroms et les principes de justice, de liberté des croyances et des cultes, de respect de la personne humaine, qui ont été si longtemps la personnalisation de son idéal, vont-ils être désormais méconnus à l’égard des personnes françaises ou étrangères que réunit uniquement le seul lien religieux ? » (8)

Le 22 juin 1942, dans une lettre à Vichy, le Consistoire demande l’hébergement des Juifs de zone occupée en zone non occupée et évoque l’étoile jaune pour la première fois. Une requête présentée à dessein « pour préserver les Israélites de la zone occupée des persécutions que constituent le port de l’Etoile, et ses répercussions ». (9) L’occupation de toute la France viendra ruiner cet espoir.

L’UGIF revendique l’étoile

Le Consistoire doit aussi composer avec la création de l’Union générale des israélites de France (UGIF) – fin 1941 à la demande des allemands et dont les administrateurs sont nommés par le Commissariat Général aux Questions Juives -.

Affaibli, le Consistoire voit sa représentation confessionnelle supplantée par cette représentation raciale. L’UGIF appelle même à « porter l’insigne dignement et ostensiblement ». Le n° 25 de son Bulletin, daté du 10 juillet 1942, publie en première page un « avis important » mentionnant l’infraction « que constitue toute tentative de la dissimuler (l’étoile) même partiellement ». (10)

Exemptions mondaines 

La 8e ordonnance allemande prévoyait des mesures d’exemption du port de l’étoile comme le précise le paragraphe 1 des dispositions d’application : « Lors de circonstances spéciales, dans l’intérêt du Reich, des dérogations à l’ordonnance peuvent être prévues dans des cas isolés » . (11)

Plus de 9.800 étrangers issus de pays belligérants, alliés ou neutres, seront de fait exemptés d’étoile, un « privilège » perdu au camp de Drancy dès le 10 août 1942. (12)

Une brèche que Pétain utilisera pour demander quelques exemptions afin de protéger un cercle très restreint de relations mondaines.

Le 12 juin 1942, il écrit à Fernand de Brinon, son ambassadeur auprès des autorités d’occupation :

« Mon Cher Ambassadeur,

Mon attention vient d’être attirée à plusieurs reprises sur la situation douloureuse qui serait créée dans certains foyers Français si la récente Ordonnance des Autorités d’Occupation, instituant le port d’un insigne spécial pour les juifs, était appliquée sans qu’il soit possible d’obtenir des discriminations naturelles et nécessaires.

Je suis convaincu que les Hautes Autorités Allemandes comprennent parfaitement elle-mêmes que certaines exemptions sont indispensables ; le texte de la 8e ordonnance les prévoit d’ailleurs. 

Et cela me semble nécessaire pour que de justes mesures prises contre les israélites soient comprises et acceptées par les Français. » (13)

Le 17 juin 1942, l’ambassade d’Allemagne refuse d’accéder aux nouvelles demandes de Pétain : le pianiste Kostia Konstantinoff, chargé de la programmation musicale de Radio Paris, pourra continuer de travailler. Refus également pour la veuve de Bergson et sa fille qui passeront la ligne de démarcation à l’été 43 pour se réfugier en Suisse. (14)

Fin de non recevoir encore pour la veuve du célèbre pathologiste Fernand Widal soutenue par l’Ordre des médecins, et pour les 28 caporaux et sapeurs juifs du régiment des pompiers de Paris qui devront porter l’étoile sur leur uniforme.

Le 3 juillet 1942, Pétain transmet seulement deux demandes précises d’exemptions à Brinon alors que les allemands s’attendaient à une centaine. (15)

Elles concernent la marquise Marie-Louise de Chasseloup-Laubat, née en 1879, et sa sœur la baronne Lucie Girot de Langlade, née en 1882. Ce sont les deux filles du banquier Louis Stern, converties au catholicisme en 1900 et 1911.

Le maréchal Pétain fait rajouter la veuve du général Billotte, née Catherine Nathan, et la comtesse Suzanne Sauvan d’Aramon, fille du banquier Edgar Stern, et épouse de Bertrand Sauvan d’Aramon, député de Paris qui vota les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. (16)

Au final, le 25 août 1942, une unique note signée Heinz Röthke, chef du service juif de la SS de Paris, dresse une liste de 26 exemptions d’étoile, renouvelables durant trois mois. L’épouse de Fernand de Brinon, Louise de Brinon, née Franck, se trouve en tête de liste. (17)

Mme de Chasseloup-Laubat-Laubat, arrêtée le 27 juin 1942 par la police française, échappera à la déportation sur intervention de Pétain, qui fut le témoin de mariage de ses deux filles. (18) Elle meurt en 1964 à 85 ans. Par contre, sa soeur, arrêtée le 3 janvier 1944 dans son château de Cuts (Oise), envoyée à Drancy, sera du convoi n°66 du 20 janvier 1944 vers Auschwitz-Birkenau. Le même convoi que la soeur du poète Max Jacob, le champion de natation Alfred Nakache, sa femme et sa fille, les parents du résistant Raymond Aubrac… Elle sera gazée à son arrivée.

Mme Sauvan d’Aramon, arrêtée à Espalion (Aveyron) le 6 juin 1944, passera aussi par Drancy, mais ne sera pas déportée.

Parmi les multiples demandes d’exemptions refusées, celle du 16 juillet 1942 de la Fédération des amputés de guerre, en dit long sur l’inhumanité nazie. (19)

Elle met en avant la situation de Victor Faynzylberg. Ce soldat du 22e régiment de marche étranger (polonais) a perdu sa jambe gauche en 1940. Sa femme Ita arrêtée en juillet 1942, il élève seul ses deux enfants en bas âge.

Coiffeur boulevard de la Villette, il se fera photographier avec ses béquilles et ses enfants, et envoya le cliché au maréchal Pétain.

Sa croix de guerre et sa médaille militaire sont bien visibles. Sa fille porte l’étoile jaune. Son petit frère, qui n’a pas six ans, ne la porte pas encore. La réponse adressée le 23 juillet 1942, tient en sept lignes, formule de politesse comprise : « les autorités occupantes s’opposent à toute mesure de faveur ».

Ita Faynzylberg sera déportée à Auschwitz par le convoi n°34, du 18 septembre 1942. Victor sera arrêté chez lui, la police devra l’emporter ligoté sur une civière. Il sera du convoi n° 68, du 10 février 1944.

Par contre, des exemptions au nom « de pressants motifs économiques » seront accordées à des cadres juifs d’entreprises réquisitionnées par les allemands, à des agents des services de contre-espionnage, à des marchands d’art juifs chargés du pillage des oeuvres, à des indics « travaillant avec la police anti-juive ». Parmi eux, sévissait Maurice Lopatka. Il sera considéré par Léon Poliakov comme le « plus terrible des informateurs juifs, employé par les services anti-juifs tant allemands que français. Responsable de l’arrestation de centaines de juifs qu’il faisait chanter avant de les dénoncer pour toucher des deux côtés ». (20) Arrêté par les FFI pendant la Libération de Paris, il sera fusillé.

Instrumentalisations

En juillet 2021, à Paris, Lyon, Perpignan, Avignon, Toulouse, Nouméa, des étoiles jaunes sont apparues sur les poitrines et des pancartes, avec en lieu et place du mot « Juif », un « non au vaccin » ou « non au pass sanitaire », comparant la situation des non-vaccinés à celle des juifs.
Si manifester est un droit constitutionnel, comparer l’étoile jaune et des mesures sanitaires constitue une insupportable banalisation.
Comment peut-on mettre sur le même plan une restriction de liberté et une ordonnance nazie qui pouvait vous conduire au four crématoire ?

Ces pseudo étoiles jaunes ont suscité une vague d’indignation du côté de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) pour qui « arborer une étoile jaune fantaisiste, c’est se moquer des victimes de la Shoah ».

Lors de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français, Joseph Szwarc, 94 ans, l’un des derniers survivants de la rafle du Vél d’Hiv, a transmis son émotion : « Il faut se lever tous contre cette ignominie. Les larmes me sont venues, je l’ai portée l’étoile moi, je sais ce que c’est, je l’ai encore dans ma chair ».

Déjà, en 2019, des Gilets jaunes se sentant discriminés arboraient l’étoile, et une étoile jaune à cinq branches avec le mot « Muslim » côtoyant un croissant jaune, a été portée par des participants à la marche contre l’islamophobie du 10 novembre, à Paris. Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié, dénoncera cet amalgame : « Aucun musulman de France ne subit ce que nos parents ont subi pendant la seconde guerre mondiale et je leur souhaite de ne jamais le subir ».

Ces détournements risquent de se reproduire dans l’avenir. Non seulement, ils piétinent la mémoire des victimes de la Shoah mais ils entretiennent le feu de l’antisémitisme, toujours présent dans une France fracturée où l’on oublie trop les leçons de l’Histoire.

Thierry Noël-Guitelman

* Commandant en chef des troupes d’occupation en France, de février 1942 à juillet 1944, il sera démis de ses fonctions pour avoir été mêlé à l’attentat-complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, en faisant arrêter 1.200 SS de la région parisienne. Jugé après son suicide raté, il sera pendu à un croc de boucher le 30 août 1944 à la prison de Plötzensee. Après guerre, il aura droit à une « tombe d’honneur » à Francfort.

(1) Verordnungsblatt – Journal officiel n° 63 du 1er juin 1942 – CDJC-LXXXVI-63

(2) Cédric Gruat – Cécile Leblanc : « Amis des Juifs » (Tirésias 2005)

CDJC-XLIXa-90 Message du 16 juin 1942, du SS-Standartenführer Helmuth Knochen de la Sipo-SD de Paris, adressé au Reichssicherheitshauptamt à Berlin, à la Sipo-SD de Bruxelles et de La Haye, résumant les évènement suite à l’institution du port obligatoire de l’étoile jaune en France le 7 juin 1942.

(3) CDJC-CXCV-36 Lettre du 12 juin 1942 du vice-président du conseil de la Fédération protestante de France au maréchal Pétain

(4) Sylvie Bernay : « L’Eglise de France face à la persécution des Juifs » (CNRS Editions 2012, p. 313)

(5) Jacques Helbronner sera arrêté le 23 octobre 1943, alors qu’il se rend à Vichy pour dire une nouvelle fois son opposition aux mesures de répression et de déportation. Transféré à Drancy avec son épouse, déportés le 20 novembre à Auschwitz par le convoi n° 62, ils seront gazés dès leur arrivée.

(6) Témoignage de Paul Estèbe, chef adjoint du cabinet de Pétain à Raymond Tournoux, cité dans « Pétain et la France », Plon 1980, p.305

(7) Alliance Israélite Universelle, CC-24

(8) Archives du Consistoire, BCC 19, dossier 19 a

(9) AIU, CC 17, citée par Eric Alary dans  » La ligne de démarcation « , Perrin 2003, p.209-210

(10) Renée Poznanski : « Les Juifs en France pendant la Seconde Guerre Mondiale » (Hachette, 2005), p. 292 et Michel Laffitte dans « Juif dans la France allemande » (Tallandier, 2006), p. 130

(11) CDJC-CDXXVIII-82 8e ordonnance du 29 mai 1942.

(12) Annette Wieviorka, Michel Laffitte : « À l’intérieur du camp de Drancy », Perrin 2012, p. 136

(13) AN F60 1485

(14) Fonds d’archives SB4 de l’Office du canton de Vaud de contrôle des habitants et de police des étrangers : permis de séjour daté du 9 juillet 1943 et à Genève à l’automne. Les Bergson possédaient une propriété à Saint-Cergue.

(15) CDJC-XLIXa-90a Lettre du 16 juin 1942 du chef de l’état-major du Militärbefehlshaber in Frankreich (MbF), et la copie d’une lettre du 12 juin 1942, du maréchal Pétain à l’ambassadeur de France, Fernand de Brinon et une note, du 17 juin 1942, du SS-Obersturmführer Beumelburg, adressées au Höherer Karl-Albrecht Oberg.

(16) CDJC-XXVa-172, CDJC-XXVa-174 et 175 Attestations d’exemption de Mme Bertrand d’Aramon, Mme de Brinon et Mme Chasseloup-Laubat.

17) CDJC-XXVa-164 Note du 25 août 1942, de Heinz Röthke, du service IV J de la Sipo-SD France à Paris, au SS-Standartenführer Helmuth Knochen. CDJC-XXVa-206 Certificat d’exemption de Mme de Brinon.

(18) Magdeleine, la fille de Marie-Louise, gravement malade, et son mari le prince Achille Murat, demanderont à leur fille Salomé, princesse Murat, alors âgée de 17 ans, de se rendre à Vichy pour négocier la libération de sa grand-mère auprès du maréchal. Témoignage de son fils Fabien Chalandon recueilli par l’auteur le 29 juillet 2017.

(19) CDJC-CXCIV-92 Lettre du directeur de la Fédération des amputés de guerre du 16 juillet 1942 et la réponse de Louis Darquier de Pellepoix, Commissaire général aux questions juives.

(20) Léon Poliakov :  » L’Etoile jaune – La Situation des Juifs en France sous l’Occupation – Les Législations nazie et vichyssoise  » (Editions Grancher, 1999), p. 70

à propos de l'auteur
Né à Paris, le 30 mars 1953, Thierry Noël-Guitelman a fait des études de chimie avant de s'orienter vers les Sciences de l'Information et de la Communication à Paris 7. Suivra une carrière de journaliste débutée à l'ORTF en 1973-74 puis dans plusieurs groupes de presse quotidienne régionale de 1975 à 2010 (Hersant, Hachette-Lagardère, NRCO). Depuis 2004, il mène des recherches historiques. De 2011 à 2012, il a été directeur de la communication de l'université François-Rabelais à Tours et est journaliste honoraire depuis 2014. Thierry est de plus, le neveu de Ida Seurat-Guitelman, juive ayant obtenu en 1942, une des rares exemptions de l'étoile jaune. Il est aussi membre de l'association Hébraïca Toulouse.
Comments