Tant de choses à dire. Les mots ne suffiraient pas à décrire mon désarroi en cette période si sombre. Car cette situation était prévisible. Depuis longtemps, les alertes sont activées, la communauté juive sonne l’alarme, les crimes antisémites ont déjà fait des morts :

Ilan Halimi, enlevé, torturé, achevé par Youssouf Fofana, en 2006 ; Jonathan Sandler et ses deux fils Gabriel (3 ans) et Aryeh (6 ans), Myriam Monsonégo (8 ans) exécutés par Mohamed Merah, en 2012 ; Yohan Cohen, Yohav Hattab, François-Michel Saada, Philippe Braham, par Amédy Coulibaly en 2015, sans compter la tuerie du musée juif de Bruxelles par Mehdi Nemmouche en 2014, l’assassinat de Dan Uzan à Copenhague par Omar El-Hussein, le braquage et viol au domicile d’un couple juif à Créteil en décembre dernier par Ladji, Yacine et Omar, et autres agressions, profanations de tombes, tags nazis, insultes, moqueries, allusions honteuses et diffamations en tout genre. Et cela va probablement continuer.

Dans ce laxisme de la France qui a laissé la situation en arriver là, hélas, nous avons tous l’impression qu’il est trop tard. Tous ? Les Juifs tout d’abord, sur le devant de la scène malgré eux. « Il y a tellement de potentiels terroristes que la police ne parvient plus à les répertorier », annonce-t-on. Sans plus de sentiment de responsabilité que ça, comme si les islamistes radicaux avaient pullulé du jour au lendemain.

Différencier islam d’islamisme radical

Est-il si difficile de différencier islam d’islamisme radical ? Doit-on prendre des gants avec ceux qui profitent de l’ambiguïté coupable des citoyens pour jouer les victimes et imposer leur religion ? Car il est question de cela chez les extrémistes, d’un prosélytisme intimidant, d’une imposition d’une foi qui se permet le pire pour arriver à ses fins.

Peut-être ai-je trop vu de ces vidéos qui circulent sur You Tube.Elles ont l’avantage de donner une information concrète sur les exactions innommables dont le but est de terroriser, mais ont aussi l’effet pervers d’inciter des gens haineux et prédisposés à adhérer à cette brutalité. Ne me parlez pas de paumés ou de déséquilibrés, ces jeunes n’auraient pas recours à la violence s’ils avaient reçu des valeurs. Le milieu social ne justifie en rien l’animosité, la jalousie, la revendication.

Je connais d’autres victimes, notamment celles de la Shoah, qui ont tout perdu et ont recommencé de zéro. Sans violence aucune alors que leur désir de vengeance aurait pu être légitime, après les dénonciations des années 30, les persécutions, exactions de la milice française (parfois pire que les SS), confiscation de biens, vols, gazage…

Le préjudice est incommensurable, des familles entières ont été décimées, un pan de branches généalogiques est effacé, des gens sont hantés par des cauchemars quotidiens. Exactions que, comble du négationnisme, certains voudraient nier !

Vous en avez marre d’entendre parler de la Shoah ? Il ne fallait pas la laisser faire.

Comment voudriez-vous qu’après à peine une génération, on n’en parle plus, on en efface les traces, pire, on la nie ! Pensez-vous que le peu de survivants et leurs enfants peuvent vivre une vie normale après l’horreur absolue ? Même la Shoah subit une sorte de jalousie, compétition des victimes, sorte de référence dans l’ignoble auquel certains aiment comparer les acteurs, par une sorte d’analogie morbide, assimilant nazis à tous ceux qui s’opposent à eux.

Revenons aux « valeurs », celles dont sont dénués les terroristes qu’on se plaît à analyser sous toutes les coutures, comme s’il fallait trouver raison, excuse à des gens qui l’expliquent, eux, leur rébellion, « au nom de l’islam ! ».

Ce manque d’éducation, de respect, de reconnaissance au pays d’accueil, de savoir vivre, est à la base des incivilités, du refus d’intégration, du développement de revendications impudentes et il a fallu être aveugle pour ne pas voir tout cela arriver.

Les inégalités sociales ne créent pas des assassins. Au mieux, elles génèrent des politiciens, des gens qui ont la rage de vivre et de s’en sortir, de réussir, ou des artistes, des gens sensibles, que sais-je ! L’inhumanité n’a pas attendu la misère pour se déclarer…

On donne en France une chance inouïe à tous, l’éducation est gratuite, les aides sociales sont importantes, mais il est certes plus facile de rejeter le système et de se plaindre que de se battre pour réussir. De nouveau, je citerai le cas des Juifs : que ce soit du côté ashkénaze ou séfarade, le fils du tailleur comme celui du boucher sont parfois devenus avocat ou médecin, et ce, malgré des antécédents les plus terribles.

Les enfants de cette immigration forcée se sont en général bien intégrés, en partant de rien, sans argent, sans biens, avec la douleur en prime. D’autres exemples de totale intégration ne manquent pas en France : communautés portugaises, italiennes, asiatiques s’y mêlent parfaitement, ajoutant leurs couleurs au pays des Lumières.

Non, pas d’excuse ni d’explication à donner à la haine, à la cruauté, à l’ignominie ! Ce ne sont pas ici des cas isolés mais des actions organisées, menées par des prêcheurs, des propagandistes actifs et qu’on a laissé foisonner, racoler, sans surveillance, des attiseurs de haine.

Des zones de non-droit sont inconcevables dans un pays comme le nôtre, et pourtant, il y a des quartiers où la police n’entre pas, ni même les pompiers ! S’il est bon de déceler les failles d’une société pour les résoudre à la racine, hélas, l’opération prévention n’a pas eu lieu quand elle pouvait être encore efficace. Il est trop tard maintenant pour prévenir. Une action forte et ferme doit arrêter ces meurtriers en puissance, qu’ils viennent du milieu de la pègre, qu’ils agissent au nom d’Allah ou de tout autre dogme !

La considération de cette montée extrémiste n’a pas été prise dans sa juste mesure. Aussi, je me demande depuis quand on analyse avec tant d’attention les profils psychologiques des criminels, jusqu’à en oublier presque les victimes, lesquelles ont de la pudeur et n’ont pas l’habitude, et grand bien leur fasse, de brandir leurs morts à tout-va, contrairement aux adeptes du culte du martyr.

N’empêche que ces familles anéanties sont à peine évoquées. On préfère de loin parler de jeunes dont on ne soupçonnait rien, de voisins qui n’ont rien vu venir, de garçons en difficulté, comme si être en difficulté pouvait amener à tirer de sang froid une balle dans la tête d’un enfant !

Deux poids deux mesures, c’est vraiment la façon dont été traités les événements consécutifs de janvier. Vous ne me ferez pas dire que les gens seraient descendus dans la rue si seule la cible juive avait été touchée.

Preuve en est les meurtres à Toulouse qui n’ont réuni que peu de personnes, et la plupart juifs ! Il y a des années, la profanation de sépultures juives fédérait un grand nombre de manifestants, aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La cible juive est presque une normalité, un décor. Banalité du mal qui s’attaque aux Juifs.

Et ce n’est pas une « histoire de religion ». Les Juifs ont-ils attaqué, agressé, bafoué, profané, tué au nom de leur religion ? Ont-ils voulu imposer leur mode de vie, convertir quelqu’un ? Non, ils n’ont jamais été prosélytes.

Rappelons que ces boucs émissaires sont un symptôme et ils sont le dernier rempart avant l’extermination de tous les défenseurs de liberté.

L’effet inverse. Au lieu d’être désormais sans concession, on parle des problèmes d’immigration, on brosse dans le sens du poil ceux qu’on a peur de comparer, stigmatiser. Bien sûr qu’il ne faut pas amalgamer. Mais depuis longtemps, un mouvement musulman aurait pu se créer allant à l’encontre des manipulations, des bourrages de crâne sévissant dans les mosquées, dans les quartiers dits difficiles.

Mais il n’y a pas eu ce mouvement fort et dissuasif à part des cas individuels, souvent menacés d’ailleurs. Beaucoup précisent même que les caricatures de Mahomet les choquent. Alors on ne fait plus comme avant, on régresse au lieu de tenir bon, on culpabilise, on excuse, on analyse le chemin du djihadiste, le pourquoi, le comment, on justifie presque !

Mais il est trop tard pour éduquer. Les islamistes radicaux n’ont aucune envie de démocratie mais veulent dominer le monde et imposer leurs idées, au nom d’Allah, comme si l’alibi de D-ieu suffisait à tuer des innocents !

L’anomalie. Non, les religions ne sont pas à la même enseigne. S’il existe des fanatiques dans toutes les religions, mais il n’est pas nécessaire d’être au fait de tous les textes « sacrés » pour comprendre que prôner le meurtre au nom d’une foi est inacceptable. Les livres exigent une réinterprétation continuelle, respectueuse des codes en vigueur et du pays dans lequel on vit, et toute nuisance à autrui se doit d’être radicalement interdite. C’est la base de tout comportement éthique. La religion ne peut être une opération de destruction massive, alibi à la monstruosité.

Les Juifs ont-ils imposé dans la république des règles que la société devrait suivre ? Certainement non. Ils se mêlent dans la cité, ont œuvré pour s’y intégrer, y participent activement et quand ils réussissent, ils deviennent influents. Ça dérange d’ailleurs, comme si ces personnes avaient volé leurs postes, leurs qualités, leurs efforts ! Alors que 2/3 des Juifs d’Europe, soit 40 % des Juifs du monde, dont 1 500 000 enfants ont été exterminés pendant la seconde guerre mondiale, la petite partie restante est de nouveau le souffre-douleur d’une communauté humaine. Que représentent les Juifs pour ces gens haineux ?

Je disais donc qu’après ces immenses pertes, les survivants ont rebâti et recommencé leurs vies, comme les Juifs le font depuis longtemps puisque rejetés en moyenne toutes les deux générations et obligés de quitter leur lieu de résidence pour un autre, contraints de s’assimiler à un nouvel environnement, errance créant peut-être cette soif de vivre, de se battre, d’être acceptés, de faire en sorte que le monde tourne mieux.

C’est à toutes les populations venues d’ailleurs de s’intégrer à la France, de se plier aux lois de la république, d’orner de leur culture les principes démocratiques, d’honorer et de remercier ce pays de leur offrir, pour ce qui est des originaires de pays arabes totalitaires notamment, ce qu’ils n’ont pas chez eux : la liberté d’être ce qu’ils veulent, de s’exprimer, de pratiquer ou de ne pas pratiquer, de vivre dans une société équitable dans la relation hommes-femmes.

L’amalgame avec Israël. Aujourd’hui, l’antisémitisme a pris la forme d’antisionisme. C’est tellement facile de tout rejeter sur Israël, ce pays qui, dès sa création, a vu tous ses voisins lui faire la guerre. Les Juifs, qui ont été de tout temps opprimés, y portent un grand attachement, car c’est le seul état qui les protègera quoi qu’il arrive.

Cette solidarité est pourtant facile à comprendre, sans compter les fabuleux exploits de cette nation jeune et moderne qui en 65 ans, est devenue un exemple d’intégration fantastique (avec toutes les religions représentées et de multiples nationalités issues des cinq continents). Mais les antisémites aiment se couvrir sous leur haine d’Israël pour détester les Juifs.

Il faut bien trouver quelque chose à leur reprocher. Pour ne pas trop les définir en innocents, ils doivent bien être coupables quelque part. Israël tombe à pic, on le diabolise donc. ! De plus, aux yeux du commun des mortels, les Juifs sont une entité qui pense tous la même chose, alors que là où il y a deux Juifs, en général, il y a au moins 3 opinions ! (non, ce n’est pas de l’humour juif, je n’en ai pas le cœur).

Comme si, en plus d’entendre tout le mal, la mauvaise foi, la propagande et la polarisation portée sur ce jeune pays (un exemple démocratique dans toute la région), il fallait ne pas réagir. L’obsession sur Israël est maladive, pathologique, malveillante.

Et admettons que je sois « sioniste » comme vous dites (à savoir ce qu’est un sioniste pour vous, puisque vous y mettez bien sûr forcément une connotation péjorative), disons, liée à l’état d’Israël, cela justifierait-il l’animosité portée à mon égard ?

En fait, vous n’avez pas grand-chose à reprocher aux Français juifs. Ils n’ont dérangé personne. Israël a à faire face au même terrorisme que celui qui a sévi en France (les deux se battent pour les mêmes valeurs. Le Hamas, les frères Kouachi, Coulibaly, c’est la même chose !) et malgré cela, il est boycotté, critiqué, haï. Vous souhaiteriez qu’il ne se défende pas ? Absurdité !

Israël a vu le jour parce que personne ne voulait des Juifs. La 2e guerre mondiale avait laissé tant d’orphelins que beaucoup d’entre eux s’y sont rendus. Enfin, un endroit les accueillait, n’avaient-ils pas suffisamment erré à travers le temps avec leur fameux baluchon ? Mais tant de personnes voudraient explicitement le voir disparaître, ils le disent, le clament et il faut être aveugle, masochiste ou malveillant, pour l’ignorer. Israël, question de survie, est obligé de se défendre ! Il n’est que prétexte aux antisémites, l’antisémitisme n’a pas attendu Israël pour exister !

Les critiques sur l’état hébreu sont tellement orientées qu’il faut être de mauvaise foi pour y voir une objectivité, l’approche étant parasitée par tous les ennemis de ce peuple et ils sont, hélas, nombreux. Et malgré les attentats, les nombreuses exactions qu’on voit tous les jours sur des vidéos postées par des fous de D-ieu, on continue de damner Israël, de soutenir aveuglément les Palestiniens et même ceux qui se sont réjouis des attentats de Paris (comme du 11 septembre, comme de tout attentat envers des civils) – dans le culte du martyr, on aime brandir les morts, trafiquer des photos, accuser sans preuves (cf L’affaire » Al-Doura). L’information sur Israël dans les médias français est infiniment orientée.

Les clichés ont la dent dure. Les Juifs ont de l’argent, le lobby juif, le complot juif, la domination des Juifs, le Mossad derrière tout événement… Comment ces calomnies peuvent-elles encore exister ? On prête aux Juifs un pouvoir fou, et les antisémites viscéraux s’en donnent à cœur joie. Même dans une région où il n’y pas de Juifs, il y a des antisémites.

Régulièrement persécutés, jalousés, haïs jusqu’à avoir leurs tombes profanées, leurs noms salis, les Juifs ne peuvent qu’être solidaires. Encore plus avec tout ce qu’on raconte sur Israël.

Véritable obsession des medias quand on oublie les lieux où sévit la famine, la misère, où sont massacrés des opposants à un régime, où sont torturés et mis à mort des innocents, où des dictateurs font leur loi et tuent, permettent la lapidation, le mariage forcé, l’union avec des mineures, condamnent les homosexuels etc. La liste est longue…

Non, l’accent est mis sur l’Etat hébreu, ce frêle état si neuf qui a réussi en si peu de temps à se hisser au rang d’un puissant pays ! Un succès phénoménal, avec une population hétéroclite formée d’immigrants du monde entier, un lieu où la matière grise fourmille et où les start-up n’en finissent pas de développer des inventions qui servent l’humanité tout entière.

Bref, un pays incroyable, avec ses problèmes bien sûr et qui ne manquent pas, internes, sociaux et surtout sécuritaires.

Le systématisme qui consiste à appeler « disproportion » toute réaction d’Israël à ce qui l’attaque (devrait-il se laisser anéantir, laisser des massacres de civils, dans un bus, une discothèque, une rue, une synagogue, perdurer, accepter de recevoir pendant des mois des roquettes non stop sans riposter ?), est choquant.

Oui, le fait que ce peuple existe toujours est un miracle. Par la force des choses, il renaît à chaque vague d’antisémitisme, même si des gens ne s’en remettent jamais.

On a brûlé leurs livres, gazé leurs corps, empêché leur foi. Mais il est toujours là. Et si rien ne peut ébranler leur identité, c’est peut-être parce qu’on les persécute ces Juifs depuis si longtemps ! On ne les laisse pas s’assimiler même quand ils le souhaiteraient ! Et s’ils se rétablissent, c’est parce que les valeurs les tiennent, l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants est bien loin de la haine qu’ils ont reçue, la transmission est le socle de cette éternité.

Alors non, ce ne sont pas les religions qui sont à mettre en cause mais celles qui bannissent l’autre, l’excluent, se croient supérieures. Personne n’a la science infuse, chacun a le droit de croire à ce qu’il veut. Tant qu’elles ne font mal à personne ni n’imposent quoi que ce soit, elles ont le droit d’exister. A partir du moment où elles manipulent, endoctrinent, mentent, prônent le mal au lieu de tenir leur fonction du bien, elles sont détestables.

Les Juifs n’ont pas attendu les attentats de 2015 pour bénir la république française. Ils le font chaque semaine dans leurs synagogues, reconnaissants envers leur pays d’accueil. Mais ils se doivent de rester vigilants en permanence, antisémitisme récurrent oblige. Car sous-jacent, latent, explosif, il réapparaît toujours car… il n’a en fait jamais disparu.
Depuis plus de deux décennies, les juifs alertent à chaque incartade, dénoncent la montée du fléau islamiste radical et de l’antisémitisme montant. Celui-ci ne s’est pas déclaré violent du jour au lendemain. N’ont pas poussé les extrémistes musulmans en un jour !

Dieudonné, l’infâme, prône la haine depuis bien longtemps, comme s’il était difficile de distinguer humour positif de celui qui incite à la malveillance ! Il est drôle de caricaturer, de pointer les défauts et les caractéristiques d’une partie de la population tant que ce n’est pas mal intentionné.

Les idées de cet humoriste qui a autorisé la parole haineuse à se délier, sont pourtant claires, ses fréquentations aussi, ses blagues abjectes. Mais on laisse faire et il continue ses spectacles, jouant sur l’ambiguïté dont personne sensée ne peut être dupe ! Promoteur de la quenelle, il rallie sans problèmes jeunes en quête d’identité, antisémites virulents, extrême droite déclarée comme extrême gauche antijuive sous couvert d’antisionisme, un déguisement bien fallacieux…

Après les attentats de janvier. Aujourd’hui, le sursaut républicain, très bien orchestré, n’a pas suffi. Partout l’on cède, dans la peur de l’amalgame, la crainte de stigmatiser, pour ne pas blesser les susceptibilités musulmanes, revenant sur des libertés fondamentales.

Les Musulmans sont présentés comme des victimes. Ils sont victimes de leurs coreligionnaires, mais aussi coupables d’avoir laissé faire, de ne pas avoir, dans leurs rangs, contré le fanatisme prôné dans certaines mosquées. Pourquoi n’ont-ils pas dénoncé cet islam au nom duquel les meurtriers se revendiquent ? C’est en son nom que les extrémistes agissent, c’est en son nom que ces personnes modérées doivent rétablir cette société malade.

Au 21e siècle, chaque enfant juif en France est aujourd’hui épaulé d’un soldat armé. Chaque lieu de culte juif héberge des militaires qui y dorment par crainte d’attentats. C’est une situation surréaliste pour un pays des droits de l’homme de n’avoir pas su protéger une partie de sa population.

Et comment trois personnes, connues et fichées qui plus est, ont pu déséquilibrer le pays pendant 3 jours, attentant à des journalistes, à la liberté d’expression, aux forces de l’ordre, aux Juifs ? 3 personnes ! Imaginez le réveil des centaines de cellules terroristes dormantes, soit des milliers de personnes prêtes à agir !

Partir ? La manière dont les médias présentent ce départ potentiel des Juifs est détestable. C’est comme si eux voulaient partir, alors que si certains l’envisagent, c’est par peur, de l’avenir, pour leurs enfants, parce qu’ils en ont assez de subir, assez d’être tués, parce qu’ils ne sentent pas suffisamment protégés, ne ressentent pas de solidarité, alertent depuis longtemps mais ont assisté impuissants aux meurtres de plusieurs de leurs coreligionnaires et sont devenus extrêmement pessimistes.

Ils ont aussi entendu en toute impunité « Mort aux juifs » l’été dernier dans une manifestation pour Gaza, sans que cela ne choque personne ! Et ils en ont assez de la diabolisation d’Israël, véritable obsession médiatique, marre du manque d’objectivité conduisant à le boycotter, le diffamer, le critiquer, le taxer de ce qu’il n’est pas, en inversant les rôles, dans un parti pris systématique.

Assez de la façon dont sont présentées les informations, ignorant sciemment la situation sécuritaire d’Israël accusé d’être responsable de tous les maux de la planète !

Un sujet qui occupe tous bords confondus, une préoccupation première complètement irrationnelle chez ceux qui se cherchent une cause à défendre, allant aveuglement dans la gueule de la désinformation, se plaisant à recourir à une terminologie détestable empruntée des nazis, pensant qu’on a le droit d’insulter de nouveau des victimes par le biais du langage de leurs tortionnaires, figeant leurs idées qu’on a beau réfuter avec de multiples preuves, en vain, tant le thème leur est passionnel et leur esprit mal tourné.

La tonalité du discours sur cette Alyah ne reflète pas le malaise, l’angoisse des Juifs qui inévitablement comparent le temps présent avec les années 1930, prémices de l’extermination des leurs dans une indifférence quasi unanime quand ce ne fut pas complicité, participation, meurtres.

Aujourd’hui, l’extrême droite comme l’extrême gauche française sont souvent antijuifs. Les premiers par tradition, les seconds, par soutien à la cause palestinienne, dont ils ignorent bien souvent tout.

Combien triste est, pour ceux qui le décident, de quitter la France qu’ils ont tant aimée ! Leur départ est rarement politique mais par crainte d’autres attentats les visant. Et ils ont mal quand on leur fait comprendre qu’ils ne sont plus bienvenus.

Ce « choix » de partir est difficile pour beaucoup, qu’il se porte vers Israël ou autre destination, tout d’abord par ce terrible sentiment d’être rejeté, de devoir refaire ses valises comme tant de leurs ancêtres l’ont fait dans cette maladie chronique qu’est l’antisémitisme avec sa forme actuelle (à chaque époque, il se présente autrement), mais aussi par son côté pratique : apprendre une autre langue, adopter une autre culture, trouver du travail, se faire à autre mentalité, craindre, s’ils optent pour vivre en Israël, encore des attentats…

Les Juifs ne demandent pourtant qu’à vivre en paix et qu’on les laisse vivre en paix.

Ce qu’il faut faire ? Ne pas céder au chantage, relever la tête, être ferme sur les lois de la république que tout un chacun doit respecter. Etre fier d’être français, digne, altruiste, respecté. Peut-on accepter que des gens vous imposent leurs modes de vie, dans une régression digne de l’avant Moyen-âge ? Il faut condamner la charia, l’asservissement de la femme, le meurtre « légitimé » au nom d’une religion. Il n’y a pas de religion supérieure, il y a des nations, chacune a un rôle, « la liberté s’arrête là où commence celle d’autrui ».

L’avenir. Se passeront encore des actes terribles. Personne n’aura réagi ou si peu et si tard. Quand j’entends « c’est un déséquilibré » à propos d’un homme qui fonce avec une voiture bélier sur des piétons et crie « Allah Akbar » ou « on ne sait pas leurs motivations » à propos de jeunes qui vont saccager 250 tombes juives dans un cimetière, je me dis « quelle mauvaise foi ! ».

Le message est pourtant clair. Mais les gens s’habituent à ce que les Juifs soient visés. Et il y a ceux qui crient « au nom des enfants de la Palestine », sans rien connaître au problème palestinien, comme la majorité des endoctrinés des quartiers « sensibles ».

Ce qu’ils retiennent, c’est que le conflit oppose des Arabes à des Juifs et sans connaître nul tenant ni aboutissant, ils s’identifient à des Palestiniens qui ne leur ressemblent en rien mais dont ils ont en commun le fait d’être Musulmans, pour ceux d’entre eux qui le sont (s’ils vivaient ensemble, il est possible qu’ils s’entretueraient). Mais cela arrange l’antisémitisme primaire : Israël est l’état « juif », le juif est celui à combattre, sans discernement.

Opération solidarité. A l’image de l’hyperchabat, une opération nationale de solidarité aurait due être faite par tous les Français. Car au lieu que les causes « humaines » nous réunissent tous, je ressens toujours ce traitement différent envers les Juifs.

L’histoire leur impose une vigilance de tous les instants. Obligés d’être sur le qui-vive, ils doivent surveiller la moindre info, la calomnie étant si présente. Ils sont comme les éclaireurs de ce monde pour alerter : « attention, déviation, dépassement, cul de sac… ». Question de survie et d’équilibre… du monde entier.

J’attends des intellectuels musulmans lucides de représenter dignement la France et ses valeurs, de condamner et de ramener ces jeunes extrémistes à la raison, de leur inculquer les valeurs de la république, et moi, j’écrirais dans toutes les écoles et les lieux publics : « Je suis Charlie, je suis Juif, je suis flic, je suis Français et fier de l’être, pour longtemps. »

Puisse toute la communauté humaine se regrouper autour de valeurs de paix, de respect et d’humanisme.