Dafna Meir a été assassinée dans sa maison, devant trois de ses enfants. Un acte de terrorisme qui est encore passé sous silence médiatique relatif. En lisant la prière qu’elle a rédigée pour pouvoir exercer son métier d’infirmière, nous sommes en droit de poser cette question : A-t-elle mérité ce silence ?

Dafna Meir, une femme quelconque de 38 ans. Une parmi tant d’autres qui ne sort pas de l’ordinaire en Israël et qui représente notre peuple. Il faut que les nations comprennent qui nous sommes et quelles sont les vies que nous sacrifions.

Dafna Meir était une infirmière qui éloignait la mort de ceux qu’elle côtoyait et qui a, dans ses derniers moments, éloigné la mort de trois de ses enfants. Peu parlent de cet attentat, car la victime n’est pas une Palestinienne. La mort de nos morts ne vend pas de journaux.

Beaucoup trop de juifs ont été tués pendant les deux mille dernières années en Europe et les Européens ont certainement pris l’habitude de côtoyer ces morts-là. Ils sont moins familiers avec le fait que des Arabes soient tués par des juifs et j’en déduis que ça doit être la raison principale du fossé existant entre la médiatisation quasi inexistante des victimes juives contrairement à la médiatisation à outrance des victimes arabes.

Une infirmière a été froidement assassinée devant ses trois enfants par un terroriste venu tuer pour tuer. Cette victime ne priait pas en Arabe mais en Hébreu et en lisant la prière que cette femme que je ne connais pas a laissée derrière elle sur le blog qu’elle dirigeait, je n’ai pu retenir mes larmes. Il ne s’agit pas d’une perte nationale, mais d’une perte ayant une dimension que les Européens ne connaissent pas ou peu. Ces hommes et ces femmes en Israël, sont monnaie courante mais leur vie passe inaperçue de ceux qui ne les rencontrent pas et leur meurtre n’affecte que les Israéliens car les Européens ne lisent pas l’hébreu, la seule langue qui leur rend hommage. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de traduire la prière que cette femme a écrite. Une femme dont l’amour ne suffisait pas à chérir ses 4 enfants biologiques et qui a adopté deux autres enfants.

« J’ai eu le mérite d’écrire cette prière pendant que je préparais un examen sur les médicaments dans le département de neurologie à l’hôpital de Soroka où je travaille.

Je te prie, toi le créateur qui dirige ton monde avec piétée et miséricorde, de m’accorder le mérite de donner des médicaments à tes enfants, qu’ils soient juifs ou qu’ils fassent partie des autres nations, lorsqu’ils seront nécessiteux et soignés avec dévouement par tes serviteurs qui font de leurs nuits leurs jours, travaillant Shabbats et fêtes, sans répits, afin de soulager tes créatures.

Donne-moi le mérite de savoir et de me rappeler, à chaque instant, que les médicaments sont des cadeaux que tu nous donnes, et qui agissent selon ta volonté.

Donne-moi le mérite de voir l’effet bénéfique des médicaments que je donnerai à ceux qui en ont besoin et que je puisse me réjouir devant le soulagement de celui qui souffre.

Accorde-moi la force de donner les médicaments en étant concentrée et en comprenant leur action sur la maladie.

Donne-moi le privilège d’identifier à temps chaque erreur, venant de ma part ou de celle de mes collègues, afin de pouvoir les rectifier sans qu’elles n’affectent le malade.

Donne-moi la pudeur de rester humble, d’apprendre et d’enseigner et de permettre à mon entourage de profiter de mes réussites et de mes erreurs.

Donne-moi le mérite de distribuer tes médicaments en étant saine de corps et d’esprit et de savoir reconnaître, le cas échéant, que je ne suis pas moi-même sous l’influence de médicaments.

Donne-moi la dignité de savoir partager la souffrance du malade et de l’aider de toutes mes forces avec tous les moyens que tu m’as donné. Chaque jour et à chaque moment »

Cette prière a été écrite par un de ces anges que nous connaissons trop bien en Israël. Ces femmes et ces hommes qui sont tout entier au service de l’humanité. Vous pouvez les apercevoir lors de catastrophes naturelles à travers le monde. Ils sont les premiers à quitter leur foyer, leur confort et leurs familles pour aider ceux qui souffrent. Ils reçoivent le support de notre nation et se nourrissent de l’intensité de nos regards envers eux et leurs actions. Tout comme nos ennemis ne connaissent de limite à leur haine envers nous, nous ne connaissons de limites à l’amour que nous portons à l’humanité. C’est la raison pour laquelle nous ne pourrons jamais perdre la guerre, seulement, peut-être, quelques batailles. C’est la force du peuple juif.

Pourtant, ce sont ces hommes et ces femmes qui sont dénigrés dans les médias. Ce sont les « colons » boycottés par les Européens. Ces hommes et ces femmes qui prient leur Dieu pour sauver Juifs et Arabes, comprenant la différence entre les peuples sans faire de discrimination aucune, au plus profond de leur intimité spirituelle. C’est cet amour que les Européens ne comprennent pas. C’est cet amour qui est hué. C’est cet amour, aussi, qui est boycotté.

Enfants de Navarre, nous n’avons pas besoin de vos larmes pour accompagner nos morts vers le père éternel. Nous en avons encore suffisamment pour consoler les veufs et les veuves, les orphelins et les parents détruits. Mais nous sommes en droit de demander que le message de leur vie retentisse dans vos médias. Nous sommes en droit de réclamer que l’amour de l’humanité qui gérait les nuits et les jours de cette femme reçoive échos dans vos contrées. Non pas pour l’amour de Dieu, mais pour celui de l’humanité. Je ne sais s’il existe un peuple élu, mais si j’avais été Dieu, j’aurai pu, sans aucuns doutes, choisir le peuple de cette femme pour me représenter.