Cet article est basé sur celui de Ben Dror Yemini traduit et adapté par Bruno J. Melki. Il reprend le sujet du livre du Ben Dror Yemini : L’Industrie du Mensonge qui doit bientôt voir le jour en version française.

Mission : Diaboliser Israël.

« Amit Deri, commandant de réserve dans l’armée israélienne, a récemment servi à Hébron. C’est là qu’il a rencontré les militants de l’ONG « Breaking the Silence » (Briser le Silence), organisation composée d’anciens soldats de Tsahal.

Deri a commencé à faire attention à leurs activités. Le résultat a été une vidéo incendiaire. Il a enregistré des histoires choquantes d’Avner Gvaryahu, un des directeurs de cette organisation, sur ce qu’il racontait à des journalistes et à des diplomates étrangers.

Gvaryahu déclarait que les soldats de l’armée ouvraient le feu sur des civils innocents avec des « machines à feu » ayant un rayon destructeur de plusieurs mètres. C’était, selon Gvaryahu une routine bien établie dans l’armée.

L’ONG a publié des témoignages de Yehuda Shaul, le fondateur de l’organisation, décrivant de tels incidents. Si tel est le cas, sachant qu’en Cisjordanie, et a Hébron en particulier, la caméra est devenue une arme redoutable distribuée gratuitement à la population, comment se fait-il qu’aucune image ou témoignage filmé de ces fusillades abominables n’aient pas été diffusés ?

Gvaryahu décrit des soldats de Tsahal entrant dans les maisons et bandant les yeux de ses habitants, afin de regarder tranquillement des matches de foot. Il a comme référence le témoignage d’un soldat qui répond à la vidéo de Deri. Une simple vérification de ce témoignage montre qu’il n’y a aucune mention de la plupart des détails fournis par Gvaryahu.

« Deri est un homme ayant des idées politique de droite » s’esclaffe Gvaryahu. Comme si des convictions politiques de droite suffisent pour discréditer ceux qui les expriment. J’ai posé la question à Deri. Il ne sait pas d’où cette organisation a reçu ces informations. Je leur ai posé la question à leur tour mais n’ai pas reçu de réponses à ce jour. C’est tout à fait compréhensible. Leur mission est de diaboliser Israël et cela ne peut se faire sans mentir.

Si Gvaryahu dit la vérité, il devrait y avoir une enquête et des actes d’accusations contre ceux qui ont commis ces crimes. S’il ment, il devrait être déféré devant la justice pour répondre aux chefs d’accusation de diffamation et d’incitation à la haine.

Et il y a une troisième possibilité. Il y a plus d’une décennie, pendant l’intifada, des coups de feu ont été tirés à partir de maisons de particuliers et ces tirs ont déclenchés une riposte de l’armée. Pas de massacres ni de rayons dévastateurs de plusieurs mètres et peut être même pas de morts ou de blessés mais « Breaking the Silence » manipule avec brio ces évènements.

Ils ont pris un événement courant dans le cadre de l’intifada ou des tirs palestiniens ont engendrés une riposte de l’armée, et l’ont transformé en massacre de civils. Le massacre qui n’a pas existé n’est que le symptôme d’une méthode bien établie. Il y a des écarts. Tsahal n’est pas parfaite. Chaque conflit engendre des écarts comme nous pouvons le voir entre les lignes des nouvelles qui nous arrivent de Syrie et d’Irak.

Ces ONG cherchent tout ce qui se trouve aux extrêmes afin de l’amplifier et de le montrer du doigt tout en laissant floue l’arrière-plan du tableau. C’est de cette manière que l’on crée de toute pièce le portrait d’une armée qui commet des crimes de guerre.

Eran Efrati, devant une assemblée Américaine quelconque, raconte une histoire incroyable sur des stages de formation dont bénéficient les officiers de police Américains en Israël. Selon lui, les civils Américains vont devenir les ennemis à abattre par leurs policiers tout comme les Palestiniens sont les ennemis à abattre pour les forces de l’ordre Israéliennes. « Avec ces stages de formations, vos fils et vos filles seront les prochaines victimes de la violence et de la brutalité policière Américaine telle qu’elle leur a été enseignée par les Israéliens,» explique Efrati à ses auditeurs épouvantés.

J’ai écouté, au cours des dernières années, beaucoup de discours diffamatoires envers Israël. Celui de « Breaking the Silence » a cependant atteint des profondeurs qui m’étaient encore inconnues. Cet homme parle avec l’intensité d’un prêcheur antisémite. Il va de ville en ville aux États-Unis et dénigre Israël comme une machine propagandiste bien rodée. Son vandalisme irresponsable saccage de façon systématique l’idée même du sionisme. Il anéanti toute forme de dialogue avec le public israélien moyennant que c’est une perte de temps et soutient inconditionnellement le BDS qui, de son coté,  présente Israël comme étant un état d’apartheid. Le Hamas n’a pas besoin de département de propagande. « Breaking the Silence » travaille pour eux bénévolement et avec beaucoup d’engouement.

Un fait bien établi est que chaque comparaison entre le comportement de l’armée israélienne et celui des autres armées dans des affrontements similaires, a démontré que les dommages collatéraux de l’armée israélienne sont moindres que ceux de toutes les autres armées du monde. C’est la raison pour laquelle l’armée Américaine vient apprendre les méthodes de Tsahal afin de réduire les dommages collatéraux civils pendant les combats qui se déroulent dans des lieux habités. Ils savent pourquoi mais les membres de l’industrie du mensonge comme « Breaking the Silence », dépeignent exactement le contraire avec à peine quelques miettes de vérités.

Malgré cela, les membres de cette organisation sont toujours invités à donner des conférences dans différents cadres de l’armée. La démocratie qu’ils attaquent de façon si répugnante leur accorde une légitimité officielle. C’est de la folie. Ce n’est pas de la démocratie, c’est une parodie grotesque. « Breaking the Silence » a rétorqué qu’Efrati ne fait plus partie de leur mouvement, mais il faisait partie de leur organisation et il est évident qu’il a pris son envol vers des terrains que cette ONG a mis à sa disposition. Les différences entre Gvaryahu et Efrati sont inexistantes. Ce sont deux menteurs invétérés qui ont débuté leur carrière diffamatoire ensemble.

Chaque démocratie doit être fière que des critiques soient prononcées à son encontre, librement, sans guillemet et sans « mais ». C’est l’essence même d’une démocratie saine et active et qui est une obligation surtout par des temps difficiles comme ceux que nous vivons en Israël afin d’éviter les débordements. Amit Deri le dit lui-même et invite à dénoncer les écarts et les exceptions. Le problème est que nous ne sommes pas en face de critiques aujourd’hui. Nous sommes en présence d’une campagne diffamatoire mensongère.

Des organisations similaires, critiquant leurs propres pays agissent aussi dans d’autres démocraties. Ainsi, une ONG du nom de « Vétérans pour la paix » est active aux USA, les Britanniques ont une ONG qui répond au nom de « Stopper la coalition de la guerre » et l’Allemagne à sa « Fédération des expulsés » qui milite pour le retour de millions de réfugiés germanophiles, expulsés des pays limitrophes à l’Allemagne pendant la deuxième guerre mondiale. Un peu comme les organisations de réfugiés palestiniens.

Si ces organismes sont autorisés à militer dans leurs pays, en Israël ils sont ouvertement financés par des pays étrangers. Cette situation est insoutenable. Car il est évident que le jour ou la Suède financera l’ONG britannique « Stop the War Coalition », l’ambassadeur de Suède sera prié de faire ses valises. Il est donc fort improbable que la Suède dépasse ces limites de respect mutuel. Dans ce cas, pourquoi se permet-elle de le faire en Israël ?

Il y a cinq ans le ministre des Affaires étrangères Norvégienne, Jonas Gahr Støre, a déclaré qu’il serait heureux de recevoir un don de l’Arabie Saoudite afin de construire deux mosquées, mais à condition que l’Arabie Saoudite lève son interdiction de construire des églises sur son territoire. Simple et logique.

Ainsi, Israël peut et doit réclamer d’être traitée comme un pays européen et les mêmes standards européens peuvent et doivent être appliqués à Israël aussi. Mais comment voulons-nous demander aux Suédois de ne pas financer ces ONG si nous même leur accordons une légitimité qui leur permet de donner des conférences dans notre armée ?

Mais encore, l’impact le plus important de cette absurdité des dirigeants israéliens est la dichotomie existante entre ce que les Israéliens font et du message qui est capté par les européens. Israël se veut fort d’une démocratie suffisamment solide pour surmonter les effets d’une propagande mensongère mais les européens de leur part comprennent qu’il n’y a pas de fumée sans feu !

Car il est impensable à leurs yeux que de tels mensonges soient diffusés impunément. Cela ne se serait certainement pas passer de la sorte dans une Europe subissant des attaques terroristes comme c’est le cas en Israël. Il est facile aujourd’hui de comprendre le traitement qui aurait été réservé à des ONG de la sorte au lendemain des attentats de Paris. La bienveillance israélienne est donc à double tranchant. Elle musèle Israël d’un côté, ne pouvant réclamer aux autres ce qu’elle n’applique pas elle-même, et nourrit cette incompréhension Européenne sur ce passe dans  notre région.

Une raison supplémentaire s’il était besoin, de combattre cette industrie mensongère qui pilonne de façon impitoyable notre conflit et empêche tout entendement pour arriver à la paix. Car une paix juste et durable ne pourra s’établir entre nous et nos voisins que sur une base de respect et de vérité. »

Article publié par Ynet en version anglaise sous le titre original : « Breaking the truth: The mission to demonize Israel ».

Cette traduction a été réalisée avec l’accord de son auteur, Ben-Dror Yemini.