Le dernier acte contre Israël de la plateforme AirBnB est devenu viral dans le monde juif, en Israël et en dehors d’Israël. Les superlatifs se suivent et se poursuivent à l’encontre de la compagnie qui a décidé de retirer les logements des villes et des villages Israéliens se trouvant dans les territoires disputés entre Israël et les Palestiniens.

Les accusations d’antisémitisme fusent de toute-part, réclamant même le boycott de la plateforme. Le mot boycott est à la mode ces derniers temps mais les charges d’antisémitisme me dérangent. Si la plateforme avait été antisémite, elle aurait retiré les logements appartenant aux juifs à travers le monde, ou même en Israël dans les régions qui sont « moins disputées » or il n’en est rien. Cela n’accorde aucune légitimité à cet acte, loin de là. Mais je préfère appeler les choses par leur nom.

Je préfère y voir un acte anti-israélien. Certes révoltant, marginal et distinguant le conflit Israélo-Arabe des autres conflits à travers le monde, mais ce n’est pas un acte antisémite.

À force de s’écrier à l’antisémitisme à chaque décision ou résolution à l’encontre de l’État d’Israël, ce mot perd de sa valeur intrinsèque, il devient vulgaire et retire le tapis sous les pieds de ceux qui sont sur la garde des actes antisémites réels se perpétrant à travers le monde. C’est un peu l’illustration de la fable d’Esope sur le berger mauvais plaisant : « Cette fable montre que les menteurs ne gagnent qu’une chose, c’est de n’être pas crus, même lorsqu’ils disent la vérité » conclut la morale de cette fable. Le monde Juif est exténué des distorsions, des mensonges, des boycotts et des diffamations.

Il ne fait aucun doute que dans la population juive, qu’elle se trouve en Israël ou en dehors d’Israël, le traitement de l’État Hébreu dans les médias et les mouvements internationaux, de l’ONU au BDS, est fatigant, épuisant et que tous ne peuvent en supporter le joug, mais il est de notre devoir de rester les yeux ouverts, les oreilles tendues et les sens aiguisés afin de ne pas tomber dans cet automatisme trop facile qui est d’accuser le monde entier d’antisémitisme à chaque décision qui ne nous convient pas.

Qu’elle soit légitime ou pas. Le mot antisémitisme est un mot fort tout comme le mot Shoa et tout comme nous réagissons de façon suspecte lorsque nous entendons un vendeur nous louer sa marchandise avec des superlatifs exagérés, le monde reste dubitatif envers l’ensemble de la position Israélienne sur le conflit au Moyen Orient en entendant des accusations démesurées.

Et pourtant, cette décision est encore le fruit d’une industrie mensongère à l’encontre d’Israël et des territoires disputés entre les deux populations. Il est clair que le monde en général, et le monde Occidental en particulier, a pris parti dans ce conflit pour les Palestiniens mais que les Palestiniens aient raison sur l’appartenance de ces terres, ou que ce soit les juifs, le débat sur lequel il faut se concentrer est celui de la vérité et des faits. Il est évident qu’Israël est perçu par une grande partie de l’Occident comme étant un pays qui viole le droit international et qui occupe des terres qui ne lui appartiennent pas.

Les territoires de 1967, pris par Israël après une guerre qu’ils n’ont pas demandé, sont devenus la façade de ce conflit et durant les dernières décennies, le monde occidental fait une fixation sur ces territoires, ignorant de façon manifeste le fond du problème bien que ce dernier fasse échouer de façon systématique les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens. Le monde occidental ne veut ou ne peut regarder plus profondément le problème car cela demande un investissement plus sérieux que de lire quelques lignes de post sur Facebook, ou quelques mots percutants sur Twitter. Et c’est exactement sur ces plateformes de « Fast Fool » que le narratif mensonger se cultive.

Les Palestiniens, aidés aussi bien par des organismes humanitaires que par des groupuscules bruyants et antisémites, se servent de cette façade afin d’y faire entrer des revendications inconcevables comme le « droit du retour » car si Israël peut exister avec ou sans les territoires de 1967, son existence en tant qu’état Juif serait nulle et non existante avec l’application du « droit du retour ». C’est ce desideratum qui fait obstacle à l’aboutissement des pourparlers, et non pas des concessions quelconques sur les territoires disputés de 1967.

Les forces humanistes mondiales sont en grande majorité composées de gens qui veulent, de façon naïve et intègre, que les injustices cessent dans le monde et pas seulement dans notre région et il est de notre devoir de faire la part des choses en nous concentrant sur ce qui est réellement important sans saper les efforts de ceux qui combattent l’antisémitisme, ou qui œuvrent pour que la vérité sur ce conflit soit au centre des débats.

Nous avons lu récemment que Mahmoud Abbas prend des dispositions contre le terrorisme. Cette ineptie doit être montrée du doigt. Abbas ne peut pas mentir de façon si insolente au monde entier en revêtant la peau d’un mouton devant les caméras. Abbas soutient ouvertement le terrorisme en payant des actes de terrorisme à l’encontre des Israéliens, qu’ils habitent dans des territoires disputés ou pas car l’Autorité Palestinienne et le Hamas ne font pas de « discrimination » entre ces deux régions géographiques.

Les villages Juifs de Judée et Samarie ne sont pas plus des obstacles à la paix que les villages Arabes existants en Israël d’avant 1967. Mais s’il est vrai que cette décision a été prise après des pressions d’organismes d’extrême gauche comme Kerem Navot ou Code Pink et ouvertement antisémites comme le BDS, elle n’en est pas pour autant antisémite.

Sans se leurrer non plus, les antisémites prennent plaisir à ces décisions mais aujourd’hui, il faut comprendre que la majorité du monde n’est pas antisémite et est muée par des intentions saines et humanistes. Il faut se battre pour rectifier les mensonges et les distorsions, combattre les décisions révoltantes mais ne pas jouer le jeu des extrémistes qui veulent nous marginaliser.

La tâche est difficile, mais c’est le défi que nous devons relever, comme contre le terrorisme : Savoir traiter le terroriste en limitant un maximum les dégâts collatéraux. Parfois il y a des erreurs mais c’est ce chemin que nous devons prendre sans se laisser entraîner par les extrêmes d’un côté ou de l’autre.