Yossi Cohen, directeur du Mossad

Récemment le Premier ministre Netanyahu a révèle à deux reprises des secrets relatant les actions des iraniens contre Israel. C’est ainsi qu’on a reçu une nouvelle fois la preuve de l’efficacité, parfois hors norme, du Mossad, légendaire organisation d’espionnage. Qui en est le patron ?

Son nom est Yossi (Joseph) Cohen, age de 57 ans. Les milieux israéliens du Renseignement le connaissaient surtout sous le surnom « Le Mannequin », en raison de sa belle gueule et son élégance vestimentaire. Mais son long trajet dans le monde de l’espionnage était de loin plus complexe et risqué que l’apparition aux défilés de mode.

Tout récemment il vient de préciser que la seule grande menace pour Israël est l’Iran, et d’en concrétiser son infirmation par une boutade: « Au confrère américain j’ai expliqué que tant que l’Iran existait je serai restless (sans repos), mais si la menace iranienne disparaissait je serais jobless (chômeur) ».

Sa nomination il y’a environs deux ans par le Premier ministre Netanyahu est venue après de longues hésitations, car il avait l’embarras du choix entre trois candidats, tous valeureux, ayant servi des dizaines d’années et rempli déjà les fonctions d’adjoints aux patrons.

Il se peut que ce choix marque l’orientation que prendra l’activité du Mossad, se concentrant sur le Renseignement et la diplomatie autant, ou plus, que sur les opérations spéctaculaires, dont la plupart d’ailleurs restent inconnues. C’est ainsi que le “Mossad“ serait chargé de nouer ou renforcer discrètement des relations professionnelles, voire “diplomatiques“, avec des pays ne reconnaissant pas Israël, ainsi qu’avec des services de Renseignements étrangers préférant rester dans l’ombre. Ce n’est pas une nouveauté, mais une telle tendance pourrait correspondre au renforcement d’une évolution vers un rapprochement avec des pays musulmans modérés, hantés par la menace djihadiste.

La première réaction de Cohen à sa nomination était de promettre « des bonnes opérations », sans préciser. Il ne faut guère prendre cette phrase à la lettre dans le sens d’opérations à la James Bond, telles celles qui avaient été souvent attribuées à Israël par des sources étrangères, mais rarement confirmées par Jérusalem.

Il sera rare désormais d’entendre Cohen parler de son travail, mais je suis en mesure de rapporter en gros sa conception de ce qui est prévu dans la région. Récemment il s’est exprimé en mettant l’accent sur la menace iranienne, tant dans le dossier nucléaire que le soutien au terrorisme islamique. « La menace nucléaire iranienne doit être en tête des préoccupations du monde libre et en premier lieu d’Israël ».

Cependant, a-t-il précisé, le risque de guerre conventionnelle, telle blindés contre blindés, n’est pas à prévoir dans les cinq prochaines années. « Ce serait éventuellement une guerre a-symétrique entre une puissance militaire et des organisations terroristes, se fiant surtout au lancement de missiles et aux tentatives d’attentats terroristes ».

Le nouveau patron avait accumulé une longue expérience au cours de 30 ans de service au « Mossad », notamment en tant que chef du département chargé de rassembler des renseignements et la mobilisation d’agents secrets. Il avait servi également comme chef des antennes du « Mossad » en Europe, nouant ainsi des rapports avec des collègues et des services parallèles. A un certain moment il a quitté le « Mossad » pour être à la tête d’un organisme civil, « Le Conseil de sécurité nationale » où il a contribué aux efforts diplomatiques de Netanyahu, souvent en difficulté face à la Maison Blanche.

Agé de 56 ans Yossi Cohen est marié et père de 4 enfants dont Jonathan, 29 ans, invalide de naissance et assigné au fauteuil roulant, ce qui ne l’avait pas empêché de s’engager à Tsahal et promu au grade de capitaine, ni d’épouser une invalide comme lui. Cette épreuve familiale démontre le courage et la détermination de Cohen et ses proches, ce qui sera sans doute reflété aussi dans son activité publique.

Adolescent, il a reçu une éducation religieuse mais mène une vie laïque.

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Israélien deuxième génération, Gil a fait des études de Droit en Israël. Après son service militaire, il est diplômé de Sciences Po. Paris. Ancien diplomate à l'ambassade d'Israël à Paris. Journaliste professionnel, francophone. A travaillé par le passé, au Maariv de Tel aviv et dans la presse française, notamment pour "L'Aurore" et "Tribune Juive". Il est en parallèle actuellement bloggeur sur Huffingtonpost.fr et collaborateur à la Radio Israélienne
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