Votre argent est-il bien placé ? Bilan 2020 et perspectives 2021

A l’entrée de la nouvelle année civile, il nous semble opportun de présenter le bilan des différents placements en Israël et nos prévisions pour l’année 2021. Nous verrons que parfois le bilan fut surprenant et en analysant les causes, nous pourrons trouver les bases de nos prévisions.

Le marché des devises : Bien que des petits épargnants possédant des devises, souvent d’ailleurs des olim tentent de trouver le moment d’une bonne parité face au shekel, ils ne prennent pas en compte le caractère fortement spéculatif du marché des changes et subissent des pertes importantes même à long terme.

Bilan 2020 : Le dollar a évolué entre 3.2 et 3.9 shekel, l’euro entre 3.7 et 4.3 shekel. La période de grande faiblesse du shekel a correspondu à la panique boursière aux USA, lorsque les investisseurs israéliens se sont vu demander par les autorités boursières américaines de garantir en dollar les valeurs qui s’écroulaient. La banque d’Israël a réagi rapidement en assurant la liquidité nécessaire.

La plupart de l’année 2020, le shekel fut souvent face à des hauts historiques, surtout face au dollar. Ce phénomène est dû à des données structurelles, excédent de la balance des paiements, endettement relativement moins importants que ses concurrents. Tout cela, bien que la banque d’Israël intervient fréquemment pour affaiblir le shekel en achetant du dollar.

2021 : Le début de l’année 2021 a été d’abord marqué par un renforcement du shekel, le dollar a presque atteint un niveau de faiblesse historique près de 3.1 shekel (record de 25 ans) et l’euro en dessous de 3.8 shekel. L’annonce de la banque d’Israël, du doublement des sommes d’intervention a brusquement inversé la tendance et le dollar approche les 3.3 shekel.

Cependant, la plupart des économistes estiment que structurellement le shekel restera élevé en 2021 pour les raisons indiquées plus haut. De plus, Israël sera sans doute le premier pays à sortir de la crise du covid, comme première place mondiale pour la vaccination. Beaucoup de cambistes envisagent que le dollar puisse même atteindre le plancher de 2.8 shekel. De plus, les économistes européens sont très pessimistes sur l’économie européenne et on ne peut exclure une forte chute de l’euro.

Conclusion : Nous conseillons à tous les porteurs de devise qui vivent en Israël de ne pas spéculer sur une baisse continue et conséquente du shekel.

L’Epargne à moyen et long terme : Les caisses de retraite (koupot guemel), les fonds de formation (keren hishtalmout) et les polices d’épargne (polisot hisakhon) constituent les 3 piliers de l’épargne à moyen et long terme. (cf blog 20 juillet 2020 : les placements en Israël).

Bilan 2020 :  Finalement, la rentabilité de ces divers placements fut équivalente à leurs moyennes pluri annuelles entre 3 et 6% par an. Bien entendu, l’éécart-typede cette rentabilité fut bien plus important qu’à l’ordinaire, du fait de la crise. Les épargnants mal avisés qui ont cédé à la panique ont soldé des pertes et n’ont pas profité de la remontée de l’investissement.

22021 :Le début de l’année 2021 a été d’abord marqué par un renforcement de la tendance positive de la fin 2020. Les deux premières semaines sont à un rythme mensuel de plus de 1 pour cent.

Conclusion : Pour les raisons indiquées plus haut, les analystes de ces produits envisagent que leurs rentabilités soient le double de 2020, avec un écart type sans doute bien moins élevé.

La bourse :

  1. Le marché obligataire d’état: les obligations d’état du fait de la baisse massive des taux d’intérêt ont fortement augmenté ces dernières années voir de 30 pour cent en trois ans (cf blog 10 aout, les principales contre-vérités diffusées aux épargnants israéliens.)

En 2020, seules les obligations à très long terme ont augmenté jusqu’à 4%, la plupart ont peu évolué ou ont une rentabilité négative.

2021 : Au début de l’année, ce phénomène se poursuit avec une augmentation inexpliquée de plus de 1% des obligations d’état indexées de très longue durée face à la baisse de l’inflation (-0.7% en 21020) et une baisse équivalente de obligations non indexées.

Conclusion : Les obligations d’état ont des cours tant élevées que beaucoup parmi elles ne promettent que des taux négatifs jusqu’au payement. Comme la plupart des analystes, nous prévoyons une faible rentabilité des obligations d’état en 2021 et déconseillons l’investissement dans ce secteur.

  1. Le marché obligataire des entreprises : Nous avons beaucoup traité de ce sujet dans nos différents blogs (cf par exemple, blog 9 décembre, quel est le risque de faillite sur le marché obligataire?).

En 2020, le marché fut très chaotique. La crise du covid a provoqué un fort sentiment d’inquiétude chez les investisseurs qui ont craint que beaucoup de sociétés, surtout dans les secteurs les plus affectés comme le tourisme se déclarent dans l’incapicité de respecter leurs engagements.

De plus, certaines sociétés étrangères qui ont proposé des obligations avec des taux d’intérêt particulièrement élevés (« indice global ») ont en effet déclaré ne pas tenir leurs engagements. Depuis juin 2020, à partir de l’analyse des bilans financiers et du modèle que nous avons créé, nous avons stipulé qu’il n’y aurait pas de vague de faillites. Cette analyse s’étant réalisée, les cours des obligations ont sensiblement remonté.

2021: Le début de l’année a vu un renforcement de la tendance positive et les marché obligataire des entreprises est en hausse de 1%. Nous soutenons que les résultats financiers vont montrer une amélioration des résultats et que globalement, ce marché sera très positif cette année. Certaines sociétés ont des cours très bas et doivent subir une correction. Bien entendu, on ne peut exclure certaines défaillances.

  1. Les actions: 2020, il y a eu des fortes baisses dans le secteur de l’énergie (-45%),  bancaire (-20%)  et des fortes hausses dans la haute technologie (+30%). Les grandes sociétés ont été les  plus touchées (-10%), les sociétés moyennes ont bénéficié d’une belle hausse (20%).

2021: Le début de l’année placée sous une perspective de sortie du corona à la fin du premier trimestre a déjà corrigé de moitié les fortes baisses citées plus haut. Les analystes sont optimistes et pensent que cette tendance se poursuivra.

Le marché immobilier : 2020, a été marqué paradoxalement par un record de transactions et de prêts hypothécaires, avec une hausse globale de 2% des prix. Cependant, il faut tempérer ces données par les conclusions d’une étude récente du ministère des finances qui montrent les disparités entre les régions et que souvent un investissement dans l’immobilier, lorsqu’ il réalise dans les trois ans après l’achat n’est pas rentable.

2021: La nouvelle baisse des taux de prêt décidée par la banque d’Israel

Incitent la plupart des spécialistes à estimer que la tendance de 2020 devrait se poursuivre en 2021. De plus, les prix des terrains en construction sont à la hausse. L’augmentation probable de la alya et le retour massif du tourisme devaient y contribuer.

Conlusion: Les économistes font des prévisions pour que les météorologistes ne soient pas les seuls qui se trompent. Nous avons tenté d’expliquer les bases de nos analyses et nous comptons rendre compte ici de l’état de nos diverses prévisions pendant cette année.

à propos de l'auteur
Docteur Daniel Gugenheim a enseigné en France dans les grandes écoles de commerce comme HEC et l'ISG. Ayant effectué son alya en 1986, il enseigne à l'université Bar Ilan et fut économiste près de 30 ans à la Reshut Nyarot Erekh (Autorité des Marchés Financiers). Il a publié de nombreux articles en économie et finance en Europe et en Israël. Il est conseiller financier à Qualita où il donne une chronique hebdomadaire à la radio. Il est chroniqueur également à radio Judaica Bruxelles et est intervenant sur la chaine de télévision i24.
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