search

Une guerre juste ou une guerre contraire au droit international ?

Il est certes difficile de prévoir les lendemains alors que les États-Unis et Israël sont en pleine guerre avec l’Iran, une crise qui dure avec toujours de nombreux missiles qui sont lancés vers Israël, par l’Iran donc, par le Hezbollah, mais aussi par les Houthis depuis peu. Cependant, il est possible de regarder un peu en arrière afin de redonner une perspective historique à ce conflit, car la réalité est que nos démocraties ont laissé faire l’Iran et ses proxys et avant eux les pays arabes nous pétrifier en quelque sorte. Par quels moyens ? En utilisant l’arme du pétrole pour faire taire toute considération éthique quant à la probité morale de ces États. Les premières guerres d’Israël, puis le terrorisme n’ont jamais donné lieu à de véritables condamnations, j’entends par là des condamnations suivies d’actions visant à rétablir un équilibre quant à la position d’Israël. Et les dérives totalitaires envers des populations démunies, n’ont donné lieu à aucune entreprise pouvant redresser la situation. Ces deux faits leur ont donné au contraire plus de force agressive puisque se sont développés des économies de guerre, qui ont à chaque fois, mis l’équilibre mondial en danger lorsque la crise éclatait du fait d’une accumulation d’armes destructives importantes ; les peuples du monde en subissant les malheureuses conséquences. Aujourd’hui, le régime des mollahs défie le monde de la manière la plus agressive, et son antisionisme est relayé par beaucoup. Ceci s’exprime aussi souvent dans les mots de l’Occident.

Pour expliciter ma pensée, il faut revenir aux textes et aux déclarations : la conférence de Khartoum est édifiante, et les alinéas du droit international même s’ils sont toujours invoqués contre Israël, ne le sont que très rarement pour le protéger des attaques meurtrières que le pays subit depuis les premières vagues d’immigration de la fin du XXe siècle. D’une certaine manière, et même après la Shoah, les Juifs ont toujours été pris pour cible, d’une façon ou d’une autre, à différents degrés de gravité. Il est clair que ce que nous vivons depuis le 7 octobre a atteint un summum inégalé depuis la Seconde Guerre mondiale. Et les attaques contre l’Iran depuis le 28 février 2026 prouvent bien, puisque la guerre dure, que l’Iran avait produit un arsenal considérable capable de mettre la planète en danger ; le nucléaire étant la limite que certains avaient décidé de ne pas voir atteinte, d’où le déclenchement de cette guerre. Cette ligne rouge a aussi figé toute tentative sérieuse[1], hors tentative diplomatique sur le nucléaire iranien de 2015[2] qui n’a pas abouti, de résoudre les problématiques graves, qui ont malgré tout ensanglanté la planète dès les premiers attentats terroristes perpétrés par l’OLP[3], l’OLP soutenu à l’époque par l’Union Soviétique et par les pays arabes. Nous étions pris au piège, nos dirigeants ne voulant pas se laisser convaincre par les alertes répétés de quelques âmes bien conscientes de l’extrême gravité de la situation. Il aura donc fallu le 7 octobre pour que le masque tombe.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

L’ONU vote la résolution 242 le 22 novembre 1967, suite au fait que l’État d’Israël a gagné la guerre et qu’il occupe maintenant la Judée-Samarie, la bande de Gaza, la péninsule du Sinaï et le Golan syrien. Les armées arabes étaient stationnées aux frontières d’Israël, et c’est Israël qui a attaqué en premier pour permettre l’effet de surprise et prendre l’avantage. Voici un extrait de la résolution :

1 : Affirme que l’accomplissement des principes de la Charte exige l’instauration d’une paix juste et durable au Moyen-Orient qui devrait comprendre l’application des deux principes suivants :
i)Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit
ii)Cessation de toutes assertions de belligérance ou de tous états de belligérance et respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’acte de force.

La politique des gouvernements israéliens successifs jusqu’à l’arrivée de Benjamin Netanyahou a toujours été de dire : les territoires contre la paix, et ce faisant la paix a été établie avec l’Égypte en échange du Sinaï, cependant, l’Égypte a refusé de se voir rendre la bande de Gaza, déjà fortement peuplée à l’époque[4]. Tout comme la Jordanie refusera la gestion des territoires de Judée Samarie pour les accords de paix de 1994[5], lieu où aussi de nombreux Palestiniens résident. L’intensification des attaques ses vingt dernières années avec la montée en puissance de l’Iran et de ses proxys ont mis à mal tout processus de normalisation. Ces derniers ont prouvé leur jusqu’au-boutisme malgré leur affaiblissement, rendant toute négociation impossible.

Après la guerre de 1967, a aussi lieu la conférence de Khartoum qui se clôturera par une déclaration commune des pays réunis[6], en voici quelques extraits :

–       « les territoires occupés sont des territoires arabes et que la responsabilité de leur reconquête incombe à tous les États arabes »
–       « pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d’Israël, pas de négociations avec lui, et la défense des droits du peuple palestinien dans son propre pays ».

–       « La conférence a donc décidé de reprendre l’extraction du pétrole, car le pétrole est une ressource arabe positive qui peut être mise au service des objectifs arabes. Il peut contribuer aux efforts visant à permettre aux États arabes qui ont été exposés à l’agression et ont ainsi perdu des ressources économiques de tenir bon et d’éliminer les effets de l’agression. Les États producteurs de pétrole ont, en effet, participé aux efforts visant à permettre aux États touchés par l’agression de tenir bon face à toute pression économique ».

–       « Les participants ont convenu de la nécessité d’adopter les mesures nécessaires pour renforcer la préparation militaire afin de faire face à toutes les éventualités ».

L’on est donc dans une impasse, avec les « trois non » et l’utilisation du pétrole pour financer l’économie de guerre, pour financer une guerre permanente au détriment des populations. Cela ne va donc pas non plus résoudre le problème des réfugiés[7] sous l’égide de L’UNRWA, bien au contraire. La gestion de l’UNRWA et sa complaisance[8] va aboutir à une mainmise totale de la population par le Hamas, avec l’idéologie que l’on sait c’est-à-dire l’obligation pour les musulmans de mener le jihad. Et cette impasse va accentuer la pression des pays musulmans envers l’Occident, le pétrole deviendra aussi une monnaie d’échange pour acheter le silence des Occidentaux. Et cela a marché, aujourd’hui encore, les pays tremblent à l’idée d’une flambée des prix du pétrole, ou autres répercussions en cas de conflit. Évidemment, l’entrée en guerre de la Russie ou de la Chine, transformerait une guerre régionale en guerre mondiale, ce que personne ne souhaite. C’est pourquoi la réouverture du détroit d’Ormuz et la fin des hostilités avec l’Iran avec la chute de son régime est l’urgence absolue.

L’impasse diplomatique après 1967, a donc créé les conditions de la guerre de Kippour, les États-Unis ne voulant pas d’une guerre préventive. Ils ont cependant aidé Israël en lui fournissant des avions en pleine guerre afin qu’Israël puisse sortir victorieux de ce conflit. Après cette date, ce sont surtout les attaques terroristes qui mettent Israël et sa population en danger ainsi que les juifs dans le monde, par le biais, comme je le disais de l’OLP, puis de l’Iran et ses proxys. L’Iran devient donc un ennemi actif puisqu’ils arment et financent le Hezbollah et le Hamas, puis les Houthis et les milices irakiennes jusqu’au déclenchement de la guerre actuelle. Les attaques à la roquette ciblant des populations civiles, depuis les années 1990 venant du sud Liban par le Hezbollah et de la bande de Gaza depuis les années 2000 par le Hamas[9], n’ont jamais réellement cessé, la menace a toujours été d’actualité, et les alliés d’Israël, malgré des échanges au niveau technologique et commercial n’ont jamais considéré sérieusement le problème, alors que dans la Charte de l’ONU, de nombreux articles vont à l’encontre de la politique menée par les ennemis d’Israël, entre autres celui-ci :

Article 2 :
Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Autre fait incroyable, la Cour internationale de Justice n’a jamais condamné un pays arabe ou même l’Iran depuis sa création en 1948, jusqu’à ignorer ce qui s’est passé depuis le 7 octobre 2023, et tous les conflits dont Israël a été victime depuis 1948 du fait de l’opposition permanente de ses ennemis à trouver des accords, alors que l’ONU stipule maintes fois dans sa Charte que les pays en faisant partie doivent tenter de trouver des moyens pacifistes pour régler les désaccords. La Cour International de Justice donne par trois fois son avis consultatif contre Israël, en date des 8 décembre 2023, du 19 juillet 2024 et du 22 octobre 2025, sans jamais condamner la partie adverse pour ses agressions criminelles répétés, cela serait trop long à énumérer. Israël est condamné pour l’édification du mur alors que sa construction était nécessaire à la sécurité d’Israël pendant la seconde Intifada, pour sa présence continue dans le Territoire palestinien alors que ce dernier est aussi administré par l’Autorité palestinienne en l’occurrence dans la zone A et B, et que par deux fois le côté palestinien a refusé le plan de paix[10] alors qu’il était question de rendre environ 95% des territoires, et pour l’interdiction faite à l’UNRWA et à certaines ONG d’opérer dans les territoires pour cause de complaisance avec le Hamas ; certains membres du Hamas étant aussi des employés de l’UNRWA, aurait participé au pogrom du 7 octobre 2023.

Ce qui ressort de ces quelques éléments qui ont marqué le conflit israélo-arabe, puis israélo-palestinien, puis israélo-iranien est qu’Israël même une guerre juste pour son existence et pour la protection de sa population, puisque le pays est attaqué depuis son indépendance en 1948. La Cour Internationale de Justice n’a jamais été sollicitée contre les belligérants adverses alors qu’ils ont toujours annoncé qu’ils souhaitaient « rayer Israël de la carte », et ont agi en conséquence par des voies militaires et économiques. Les alliés d’Israël ne se sont pas impliqués de manière à contrer les attaques par l’envoi de soldats ou de leur force armée, même s’ils ont livré des armes à Israël pendant toutes ces années. C’est donc Israël, qui a toujours assuré son auto-défense seul avec Tsahal jusqu’à la guerre des 12 jours contre l’Iran où les États-Unis ont pris part au combat. Aujourd’hui, le même scénario s’est répété face à l’Iran, les Européens et l’Otan s’abstenant de toute implication. Le droit international n’a été d’aucun recours pour Israël sauf le jour où a été votée la reconnaissance de son État. Depuis l’ONU, en ne condamnant pas les ennemis d’Israël, les renforce dans leur pensée qu’Israël est illégitime et agit contrairement au droit international au lieu de poser une condamnation sans équivoque. La voie vers la paix exige une analyse impartiale des responsabilités. L’ONU dans sa partialité se révèle être un acteur à contre-courant de toute ouverture négociée. Il reste donc aux parties en conflit à trouver des voies de sortie de crise pour que le monde reprenne son souffle et sa stabilité. Une guerre juste pourrait aboutir à des accords acceptables pour les parties, et permettre, à l’avenir l’élargissement des accords d’Abraham et une solution pour les populations qui, d’une manière ou d’une autre, souffrent de ces combats depuis plus de 100 ans. Quid des ennemis d’Israël ? Accepteront-ils enfin un compromis ? Cette partie du monde sortira-t-elle enfin de sa torpeur pour laisser place à des relations internationales apaisées au Proche-Orient ?

—

[1] Les Gardiens de la Révolution ont été désignés Organisation terroriste en 2019 par les États-Unis, et le 29 janvier 2026 par l’Union Européenne, après les violences perpétrées contre la population iranienne les 8 et 9 janvier ayant fait au moins 30 000 morts. Ce qui est très récent surtout pour l’Union Européenne.
[2] Les signataires du JCPOA (Plan d’action global commun) sont les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Allemagne, l’Union Européenne ayant joué un rôle de médiateur et de coordinateur.
[3] L’OLP est créé le 28 mai 1964.
[4] En 1978, la population de la bande de Gaza était estimée à environ 400 000 à 450 000 habitants. Source ONU (World Population Prospects).
[5] Le roi Hussein annonce en 1988 la rupture des liens administratifs et juridiques avec la Cisjordanie et la reconnaissance du rôle de l’OLP comme représentant des Palestiniens.
[6] La Syrie, la Jordanie, le Liban, l’Irak, le Maroc, l’Algérie, le Koweït, l’Arabie saoudite, le Soudan, la Libye, la Tunisie.
[7] Les réfugiés palestiniens ont un statut de réfugié à vie, de même que leur descendance, les pays arabes refusant d’intégrer ces populations. Les réfugiés ne voient donc aucun avenir, sauf celui d’un droit au retour sur leurs terres d’avant 1948. Ce qui n’est pas envisageable pour Israël.
[8] Voir le documentaire de Duki Dror, Unraveling UNWRA (faire la lumière sur l’UNRWA) qui révèle tous les dessous de cette organisation controversée ; ici il y a des preuves tangibles de ses renoncements surtout en ce qui concerne l’éducation des enfants.
[9] Sans parler des attentats-suicide des années 1990 perpétrés par le Hamas.
[10] En 2000, les Accords de Camp David entre Yasser Arafat (1929-2004) et Ehud Barak, et en 2008, les Accords entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert.

à propos de l'auteur
Danielle est docteur en Histoire et Civilisation de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), et a obtenu un Diplôme Universitaire en Suicidologie : "Comprendre, évaluer et prévenir le risque suicidaire chez l'adolescent et l'adulte", à la Faculté de Médecine, Paris Descartes. Elle est aussi artiste digitale, et photographe professionnelle. Elle réalise actuellement des recherches approfondies sur la place des images dans les conflits contemporains, et a publié en juin 2026 un livre d'art intitulé: "7 octobre 2023, Le Réveil de l'Aube".
Comments