Un sanguinaire à la présidence de l’Iran

Photo d'archive du 16 juin 2021, des partisans du candidat à la présidentielle Ebrahim Raisi tenant sa photo lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran.. (AP Photo/Ebrahim Noroozi, Dossier)
Photo d'archive du 16 juin 2021, des partisans du candidat à la présidentielle Ebrahim Raisi tenant sa photo lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran.. (AP Photo/Ebrahim Noroozi, Dossier)

L’installation officielle d’Ibrahim Raissi à la présidence de la République islamique enfonce l’Iran dans les tréfonds du Moyen-Age et déstabilise plus encore notre région. Le nouveau sanguinaire à Téhéran, soutenu par le Guide spirituel et les pasdarans, plonge le monde entier dans un grand désarroi. Il multiplie les dangers et les risques d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient et ailleurs.  

Téhéran avance ses pions avec malignité et sans crainte. Devant la faiblesse des Occidentaux, les Gardiens de la Révolution interviennent avec perversité et impunément en Syrie, en Syrie, au Yémen, en Irak, au Liban, mais aussi en Afrique et en Amérique latine. 

Déjà en 2017, Ibrahim Raisi était candidat des Pasdarans mais le Guide spirituel était contraint d’accorder un nouveau mandat au « modéré », Hassan Rohani. Khamenei voulait prouver au monde qu’il respectait le fameux accord sur le projet nucléaire signé à Vienne le 14 Juillet 2015. 

En mai 2018, le président Trump abrogeait le projet nucléaire iranien en coordination étroite avec Israël.  

Malgré les critiques et les condamnations, les chancelleries sont conscientes aujourd’hui que le projet atomique et le terrorisme d’Etat iranien sont une menace pour la paix mondiale et la sécurité de l’Etat Juif. 

Toutefois, les réactions sont à ce jour bien timides et laisse croire à une indifférence mesurée, voire une certaine apathie de la part des grandes puissances.   

Suite à l’attaque meurtrière contre le bateau Mercer Street au large des côtes d’Oman, le chef de la diplomatie israélienne avait appelé à « une action internationale contre le terrorisme iranien ».

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, déclarait récemment lors d’une interview à la BBC en persan que « le régime iranien dépense des milliards de dollars pour le projet nucléaire au lieu de s’inquiéter de la lutte contre le Covid 19, de la nourriture et de l’électricité pour ses citoyens ».  

En effet, les jeunes Iraniens qui votèrent en majorité pour Rohani sont profondément déçus. Alarmés, très inquiets pour leur avenir car le taux de chômage grimpe tandis que les libertés personnelles et politiques s’aggravent de jour en jour. Le nouveau président Raisi était déjà responsable des exécutions de nombreux prisonniers politiques à la fin des années 1980.

Durant ces dernières années, Rohani souhaitait entreprendre des réformes visant à améliorer la situation socio-économique avec la levée des sanctions. Ces mesures avaient pour but de taxer les plus riches et notamment les Pasdarans, dont les activités représentent plus de la moitié du budget de l’économie iranienne. Les Pasdarans financent l’exportation de la Révolution, ainsi que les groupes terroristes chiites et les familles des auteurs d’attentats. Soulignons que les Gardiens de la Révolution bénéficient d’un statut particulier distinct des autres strates sociales et le nouveau président se trouve dans l’obligation de préserver ce privilège.  

L’échec du mandat de Rohani et la terreur de Raisi risquent de déclencher une nouvelle vague de protestation et d’oppression violentes. 

Les provocations quotidiennes des Iraniens dans le golfe persique et ailleurs et les attaques maritimes contre des navires notamment israéliens ne peuvent plus être tolérées.     

Malgré le démenti prévisible de l’Iran, les pays occidentaux s’inquiètent et exigent une enquête. 

Bien, mais pourquoi cette prudence exagérée, cette lenteur nonchalante ? Pourquoi ne dénoncent-t-ils pas énergiquement toutes les violations iraniennes en imposant immédiatement de nouvelles sanctions paralysantes ? Comment laisser faire au moment où l’Iran enrichie son uranium et s’achemine sans contraintes vers la fabrication d’une bombe atomique en étendant ses positions stratégiques dans l’océan indien, et en mer Rouge. 

La diplomatie classique suffit-elle contre des Ayatollahs déchaînés contre l’Occident ? Contre l’Etat voyou ? Contre tous ceux qui se moquent éperdument des lois internationales et menacent la paix mondiale.  

Le Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a raison de dire que les négociations sur la relance de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien ne peuvent durer dans ces conditions. « Nous sommes attachés à la diplomatie mais ce processus ne peut se prolonger indéfiniment » affirme-t-il avec force. 

Le chef d’état-major, Aviv Kohavi confirme que Tsahal se prépare à des plans opérationnels. 

La question est de savoir quand et comment l’Occident réagira.   

Certes, une coordination stratégique et diplomatique est vitale mais il existe bien des limites et des lignes rouges devant la folie d’un président sanguinaire.

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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