Triomphe de la diplomatie secrète implicite face à l’échec de la diplomatie spectacle explicite

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A quoi assistons nous au Moyen Orient ?

Voici près de trois ans, dans le plus grand secret, des émissaires discrets américains et britanniques ont établi des contacts secrets avec les nations arabes.

Dans le respect des traditions arabes de gouvernance et des appartenances religieuses, les diplomates américains ont tissé patiemment des liens commerciaux et ouvert sans contrepartie des comptoirs d’échanges technologiques et financiers.
Ils ont privilégié le principe fondamental de la réciprocité, point d’orgue des échanges équilibrés faits de respect et de considération.

Ils ont créé les circonstances implicites de relations diplomatiques beaucoup plus durables que les effets d’estrade explicites. Avec un geste discret quotidien d’amitié et de compréhension, la culture ancestrale arabe s’est accoutumée à l’échange avec la culture anglo-saxonne à la condition d’un respect mutuel des histoires civilisationnelles. C’est le message de Sir Thomas Edwards Laurence d’Arabie revu à l’aune du 21ème siècle.

Dans la proximité de cette diplomatie à petits pas, les relations diplomatiques économiques discrètes entre Israéliens et Palestiniens vont implicitement créer les conditions concrètes vécues quotidiennement d’une coexistence dont on explicitera le jour venu les formalités.

En opposition à cette diplomatie discrète implicite des petits pas, la diplomatie européenne a voulu s’imposer par des éclats aussi inopérants qu’éphémères et par la concrétisation d’accords planifiés explicites spectaculaires, en ignorant les relations implicites si chères aux échanges orientaux.

C’est ainsi que l’Europe a repris à son compte la stratégie explicite et idéologique de Barak Obama et a voulu imposer une démocratie européocentriste à un monde oriental fait de complexité.

Emmanuel Macron, en chef de file de cette stratégie, a subi un revers regrettable qui le disqualifie du champ de la diplomatie moyen orientale. L’erreur fondamentale du monde occidental c’est la cécité vis à vis de l’accord des occidentaux avec l’Iran, concernant la maîtrise de l’armement nucléaire.

Cette faiblesse affichée explicite à l’égard du régime totalitaire iranien était une méconnaissance de l’antagonisme civilisationnel entre les nations arabes attachées à leur liberté et à leur identité et une organisation totalitaire bureaucratique fut-elle islamique et notamment perse.

C’était une autorisation implicite à l’Iran pour affirmer sa suprématie sur le Moyen-Orient et, en fermant les yeux sur les anomalies du programme nucléaire iranien, c’était accepter à terme un armement nucléaire pour l’Iran. Cette option a bouleversé totalement les rapports géostratégiques de la région et a déterminé les nations arabes à revoir leurs alliances stratégiques face à un avenir incertain pour leur existence. Option qui devenait hautement problématique pour la survie d’Israël.

En fait, l’Europe et Obama ont créé les conditions historiques d’une alliance objective et durable entre Israël et les nations arabes. C’est à l’actif de Benjamin Netanyaou, seul contre tous, d’avoir eu la lucidité et le courage d’avoir dénoncé cette aberration stratégique occidentale au profit d’un régime totalitaire et impérialiste non identifié comme tel par les occidentaux.

Donald Trump en a été convaincu et à repris cette démarche géopolitique en la gravant dans le marbre avec succès. Les nations arabes libres et fières de leur identité sont réfractaires aux structures bureaucratiques totalitaires assimilatrices.
C’est la cause de l’échec de la greffe soviétique et communiste sur le monde arabe comme en Algérie par exemple.

C’est désormais l’échec de l’immixtion bureaucratique européenne dans le monde arabe et ce sera demain l’échec de la révolution totalitaire islamique sur les nations arabes. Du temps du général de Gaulle, la France en dehors de l’Europe pouvait et réussissait à faire vivre une politique arabe inventive.

C’était grâce a l’alchimie subtile culturelle historique et complexe entre la nation française et la nation arabe. Ce temps est désormais révolu du fait de la diplomatie bureaucratique européenne qui a pris le pas sur la tradition diplomatique française.
Emmanuel Macron doit revoir son approche du monde oriental s’il n’est pas déjà trop tard. Les coups d’éclats y sont contre productifs.

Le coup d’éclat au cours du G7 de Biarritz avec l’arrivée fracassante du Boeing iranien du ministre des affaires étrangères a été délétère sur la diplomatie pro arabe.
Dès le lendemain, les monarchies arabes ont compris que l’Europe et Macron n’avaient rien compris à l’échec historique de la diplomatie spectacle idéologique d’Obama et notamment des accords illisibles sur l’industrie nucléaire iranienne.

Ce fut le début d’une longue marche diplomatique dont l’épilogue est le résultat magnifique actuel des accords israélo arabes. De même l’éclat de la visite spectaculaire de Macron à Beyrouth et la maladresse invraisemblable de remettre le Hezbollah en selle ont convaincu, s’il en était besoin, les sunnites et les maronites libanais de chercher des solutions autres que les propositions françaises.

Le problème des politiques se trouve illustré dans ces échecs avérés. La communication explicite planifiée ne remplace pas l’action concrète constructive discrète implicite à l’échelle humaine. Désormais, c’est l’avènement de l’ère des preuves d’amour plutôt que celle des paroles d’amour.

Fidèles aux enseignements de Shimon Pères et d’Itshak Rabin, les Israéliens seraient avisés et inspirés de reprendre à leur compte cette diplomatie subtile avec les palestiniens dans un contexte géopolitique exceptionnel et historique qui ne se reproduira pas.

à propos de l'auteur
Docteur en médecine, Gilbert est aussi médecin du travail, acupuncteur, homéopathe ainsi qu'enseignant de neurophysiologie.
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