Texte pour les antisionistes américains

Image générée par l'auteur avec l'intelligence artificielle Gemini

Une magnifique chanson

Dans les années 1940, Woody Guthrie a écrit une chanson magnifique : « This Land Is Your Land ». Depuis, cette mélodie a fait l’objet d’innombrables reprises par des artistes renommés tels que Pete Seeger, Bruce Springsteen, Peter Paul and Mary et bien d’autres encore. L’une de ces versions peut être écoutée en cliquant sur le lien ci-contre : 🎵🎵

Pour donner un aperçu du thème abordé dans ce morceau, le premier couplet est reproduit ci-dessous :

This land is your land, and this land is my land   —   From California to the New York Island   —  From the Redwood Forest to the Gulf Stream Waters — This land was made for you and me​

Ce pays est à vous, et ce pays est à moi — De la Californie à l’île de New York — De la forêt de Redwood aux eaux du Gulf Stream — Cette terre a été créée pour vous et moi.

​Au-delà des grands artistes qui ont interprété cette chanson, celle-ci est devenue un grand classique du folklore américain et des générations d’enfants et de jeunes l’ont chantée en toutes occasions. Le texte célèbre la beauté, la richesse et la grandeur des paysages américains, et invite le public à partager cet enthousiasme pour la nature que l’Amérique lui offre et à la parcourir pour en découvrir les splendeurs.

Ce qui est au cœur des paroles de ce morceau, écrit dans le sillage de la crise économique de 1929, est que cet immense territoire n’est pas la propriété exclusive de capitalistes cupides qui voudraient s’en approprier une part toujours plus grande pour leur profit exclusif, mais qu’il appartient en réalité à tous ceux qui y vivent.

Cependant, en dépit de son adoption dans la culture populaire, les paroles ont parfois déclenché une vive controverse car les Indiens ne sont pas mentionnés. La chanson suggère juste que la terre appartient à tous ceux qui y habitent, quelque soit la période à laquelle leurs ancêtres sont venus s’y établir. Néanmoins, pendant des décennies les Indiens ont été confinés dans des réserves exiguës depuis lesquelles ils n’ont pas pu profiter de ce qui est si joliment célébré dans le texte, alors qu’ils étaient les seuls occupants de cet espace avant que les Européens n’y posent le pied.

Ce constat contraste avec les positions politiques prises par tant d’étudiants américains qui se sont mobilisés pour soutenir les Palestiniens, avec le slogan omniprésent : “Palestine will be free from the river to the sea”, accroche qui fait écho à “My and your land, from California to the New York Island”. Sauf que dans le cas de la chanson, les habitants qui vivaient auparavant dans ce territoire sont cachés sous le boisseau alors que pour ces mêmes étudiants, les Juifs qui sont arrivés en Palestine mandataire sont systématiquement décrits comme illégitimes et devraient donc quitter ce territoire pour restaurer les Palestiniens dans leurs droits exclusifs.

Aperçu comparé de la conquête de l’Ouest et de l’installation des pionniers juifs

Le décalage entre ces deux récits, soit l’Amérique appartient à tous alors que la Palestine n’appartiendrait qu’aux autochtones arabes, est abyssal lorsque l’on considère l’histoire comparée de la colonisation américaine et de l’immigration juive :

  • Aux USA, l’expansion territoriale a procédé principalement par des conquêtes militaires aux dépens des Indiens qui n’ont jamais été considérés comme des êtres humains disposant de droits. De fait, les tribus indiennes ont souvent été purement et simplement massacrées par les colonnes de l’armée US. La fameuse citation attribuée au général Sheridan en 1869, “le seul bon indien est un indien mort”, a laissé des traces dans l’Histoire de la conquête de l’Ouest : elle reflétait un état d’esprit largement dominant dans la population.
  • Dans les régions Ottomanes passées sous l’autorité du mandat britannique en 1920, les territoires où se sont installés les pionniers juifs étaient souvent des espaces inhabités et insalubres ; une grande partie de ceux-ci ont d’ailleurs été acquis légalement à leurs propriétaires légitimes et ont été assainis au prix d’énormes efforts consentis par une génération de pionniers. Avant 1948, soit avant la guerre violente déclenchée par les Arabes envers les Juifs à la suite de la décision de l’ONU de 1947 qui partageait ce territoire, il n’y a pas eu de village arabe conquis par les armes, détruit et vidé de ses habitants pour que des Juifs puissent s’y installer.
  • Aux USA, les nouveaux arrivants n’avaient absolument aucun lien d’aucune sorte avec le continent qu’ils ont conquis et sur lequel ils se sont installés. La quasi-totalité de ces immigrants sont venus d’Europe à la recherche d’une vie meilleure, en considérant que ce territoire était soit un espace vide à coloniser, soit occupé par des primitifs sauvages qu’il importait “d’éclairer” par la civilisation chrétienne supposée supérieure. Et au-delà de la puissance des mythes pionniers encore si présents aujourd’hui dans la conscience populaire, beaucoup de ces immigrants n’ont pas hésité à réduire en esclavage des millions de noirs déracinés d’Afrique pour accomplir les tâches les plus pénibles, et ce sur plusieurs générations.
  • La plupart des juifs sont venus en Israël-Palestine comme réfugiés, fuyant une oppression insupportable dans les pays où ils vivaient comme des citoyens de seconde zone, au mieux. A l’accusation traditionnelle de meurtriers du Christ qui les a stigmatisés pendant près de deux millénaires est venue s’ajouter cette nouvelle dimension d’agents parasites dans les nouveaux états nations qui s’efforçaient de se forger une identité nationale. Par ailleurs, la terre sur laquelle ces immigrants se sont installés pour travailler à la fin du 19ème siècle était, selon les mots de l’auteur Mark Twain qui a fait le voyage en 1867, « une terre de désolation [1] ». Mais contrairement aux immigrants venus s’installer en Amérique du Nord qui auraient pu tout aussi bien envisager de s’installer en Amérique du Sud, en Australie, en Sibérie ou ailleurs encore, la Judée a toujours été au cœur de la culture juive, quelque soient les invasions d’armées étrangères : Perses, Romaines, Arabes, Chrétiennes (croisades) et Ottomanes.
  • Aux USA, il y avait un consensus général pour se débarrasser de la population indienne qui était considérée comme un frein au développement de la Nation et un obstacle au Progrès, quoique ce terme Progrès était supposé signifier à l’époque. Partager la terre n’a jamais été considérée comme une option sérieuse par ces ex-européens, en supposant même qu’elle ait été envisagée par une minorité.
  • Dans la Palestine mandataire, il y avait une petite partie de la population juive qui s’est efforcée de jeter des ponts vers les Arabes pour tenter de trouver une issue pacifique au conflit dans une solution de partage [2]. Ces tentatives échouèrent toutes car elles furent catégoriquement rejetées par le camp d’en face.
  • Aux USA, les immigrants ont souvent constitué une menace permanente pour le mode de vie des autochtones. Nous connaissons tous ces histoires où des hordes de bisons ont été systématiquement massacrées, privant les Indiens d’une partie de leur nourriture. Le comble étant que les Indiens expulsés de leurs terres et laissés à eux-mêmes ont été systématiquement décrits comme les méchants dans d’innombrables Westerns où des acteurs comme John Wayne, Alan Ladd, Gary Cooper et bien d’autres ont joué les rôles de bons cowboys vertueux.
  • Dans la Palestine mandataire, l’arrivée des Juifs couplée à l’administration militaire britannique a créé un environnement qui a bénéficié aux habitants arabes de nombreuses façons : une activité économique plus dynamique, une amélioration des conditions d’hygiène et des services de santé, une chute importante de la mortalité infantile, etc. Au point que l’immigration juive des années 1930 s’est doublée d’une immigration arabe significative des régions voisines d’Égypte, de Syrie ou du Liban dont les habitants ont cherché à bénéficier de cet essor.
  • Aux USA, la culture des Indiens a été effacée de l’espace public, que ce soit la religion, les langues ou les rythmes quotidiens. Tout cela s’est dissout dans le fameux “American way of life”, laissant peu de place à des traditions spécifiquement indiennes qui n’ont pas survécu à ce déferlement, en dehors de misérables et grotesques mises en scène destinées aux touristes.
  • Dans la Palestine mandataire, l’arrivée des juifs a bouleversé la fabrique de la société arabe, mais cette culture n’a pas du tout disparu comme cela a été le cas pour les Indiens. Il convient de rappeler que la langue arabe demeure une langue officielle en Israël, quand bien même certains pourraient déplorer avec raison que cette culture arabe ne soit pas suffisamment valorisée dans le pays.

Il y aurait bien d’autres différences à rapporter dans la manière dont ces deux épopées se sont déroulées, mais en final et quelque soit le critère considéré, l’arrivée des juifs en Palestine fut bien moins violente pour les locaux que l’arrivée des colons venus s’installer en Amérique.

Le rouleau compresseur de l’Histoire

Mais en quoi ces deux histoires peuvent-elles être considérées comme ayant des points communs ? Le gros des violences contre les Indiens se sont déroulées au 19ème siècle alors que la tragédie palestinienne a eu lieu au 20ème siècle ! De plus, les Indiens ne constituent aujourd’hui que 1.5 % de la population des États-Unis, alors que le conflit Moyen oriental implique des millions de gens et reste toujours d’actualité. Ces deux seuls éléments suggèrent que cette mise en parallèle est hors de propos.

Mais est-ce vraiment le cas ?

Les historiens datent la naissance du projet politique du Sionisme vers 1881, soit après l’assassinat du Tsar Alexandre II [3]. Ce meurtre a déclenché une vague de pogroms dans tout l’Empire russe et a entraîné une législation extrêmement discriminatoire qui a beaucoup aggravé la situation des Juifs dans cet espace. Cette évolution a convaincu certains Juifs qui s’étaient émancipés de l’atmosphère étouffante des Shtetls religieux qu’il n’y avait aucun avenir pour eux dans l’Empire russe, qui à l’époque comprenait une partie importante de ce qu’est maintenant l’Europe Centrale et l’Europe du Nord.

La plupart de ces Juifs émigrèrent dans les pays occidentaux tandis qu’une infime minorité préféra s’établir en Palestine pour y créer les premiers villages juifs. Ces développements eurent lieu dans une période située entre la bataille de Little Big Horn (“Custer last stand”) qui a vu en 1876 la victoire des Indiens sur un bataillon de l’armée US, et le massacre de Wounded Knee en 1890 qui est considéré comme la défaite définitive des capacités militaires des Indiens. Il est également intéressant de constater que Wounded Knee se situe quatre ans avant le début de l’Affaire Dreyfus en France dont l’une des conséquences fut la conversion de T. Herzl au Sionisme suivie du lancement du premier Congrès Sioniste à Bâle en 1897.

Cela signifie que, quelles que soient les différences soulignées ci-dessus, ces deux séquences se sont déroulées à quelques décennies d’intervalle. Est-ce que celles-ci justifient que certains Américains d’aujourd’hui ignorent les épreuves subies par les Indiens du fait des agissements de leurs ancêtres et mettent tant d’ardeur à dénoncer celles endurées par les Palestiniens ? Une autre manière de voir les choses consiste à se demander combien de temps doit passer pour que le rouleau compresseur de l’Histoire fasse son œuvre en stabilisant une situation de telle sorte que les torts infligés à une population soient passés par pertes et profits, et ne constituent plus un enjeu politique.

Au cours des siècles, des dommages indescriptibles ont été infligées à des populations par des légions romaines, des tribus arabes, des hordes mongoles, des envahisseurs européens ou des armées chinoises. La plupart de ces ravages sont à l’évidence trop lointains pour que quiconque puisse formuler des revendications sérieuses vis-à-vis de ce que a pu se passer à ces époques reculées, quelle qu’ait pu être la violence déchaînée par ces troupes étrangères. En revanche, la guerre déclenchée en 2022 en Ukraine est une question cruciale d’actualité et devrait être traitée par notre génération pour freiner les ambitions impérialistes d’un dangereux autocrate russe. Mais comment gérer les événements situés entre ces deux bornes, soit ceux qui ne sont ni très récents, ni trop anciens pour être tombés dans les oubliettes de l’Histoire ?

Dans le domaine de la Justice, il y a cette notion de prescription pour des crimes perpétrés dans un passé lointain, ne serait-ce que parce qu’il devient trop difficile d’établir des faits avec précision lorsque trop de temps a passé. De plus, les législateurs ont considéré qu’après qu’une longue période s’est écoulée, le temps est venu de remettre les compteurs à zéro et d’aller de l’avant.

Quelque part, l’Histoire fonctionne de manière similaire et si des personnes souhaitent raviver le souvenir des personnes tuées ou déplacées du fait de la conquête de l’Espagne par les Arabes au début du 8ème siècle, ou celui des victimes de la Reconquista chrétienne au 15ème siècle, elles pourraient être accusées de raviver d’anciennes plaies et de créer ainsi de nouveaux conflits potentiellement dévastateurs. La question devient alors quantitative pour déterminer quelle devrait être la durée d’une telle prescription historique. Quelque soit la réponse à une telle question, est-ce que des événements qui se sont déroulés à quelques décennies d’intervalle ne devraient pas être rangés dans la même catégorie ? Soient la colonisation américaine et l’installation des pionniers sionistes en Palestine. Comme il est souvent dit, poser la question est aussi y répondre.

L’autre argument qui avance que les Indiens ne sont plus suffisamment nombreux pour être un sujet est encore bien plus douteux. Le fait que les natifs Américains soient peu présents dans la démographie outre Atlantique alors que les Palestiniens comptent aujourd’hui plusieurs millions d’individus “entre la mer et le fleuve” signifie en creux que les Américains ont fait un “bien meilleur job” que leurs supposés homologues israéliens. Une autre manière de formuler les choses est d’énoncer que les Juifs auraient dû tuer autant de Palestiniens que les colons Américains ont tué d’Indiens. En ne se hissant pas à ce niveau, les Juifs ont laissé le “problème” persister alors qu’aux USA, la question Indienne n’est plus un sujet.

La focalisation suspecte des étudiants américains sur la Palestine

Pour résumer, il y a une incohérence flagrante pour les Américains à descendre dans la rue pour manifester de manière si ostentatoire pour que les Palestiniens puissent exercer leurs droits au détriment des Juifs, alors qu’ils ignorent les dommages aux Indiens causés par leur prédécesseurs, en supposant qu’ils en aient encore conscience. C’est comme si ces Américains disaient aux Israéliens :

Nos ancêtres ont eu leur part de violence envers les Indiens, et nous avons passé l’éponge sur ces évènements. Ou plutôt nous voulons nous racheter une conduite en déclarant que ce que vous avez fait et continuer de faire aux Palestiniens est inadmissible, indépendamment de ce qu’a été notre propre Histoire à cette époque.

Mais de la même manière que déraciner les Blancs (ou les Noirs ou encore les Asiatiques) de leurs foyers pour restaurer les Indiens dans leurs droits est stupide, irréaliste et insensé, déraciner les Juifs de leurs foyer en 2026 n’est pas une option plus réaliste.

Tout d’abord, il faut rappeler que plus de 75 % des Juifs israéliens sont nés en Israël même. Puis, où ces Juifs israéliens sont supposés retourner s’ils devaient quitter ce qui est devenu leur patrie ? Pour mémoire, dans les années 1945-55, outre les centaines de milliers de Juifs européens rescapés de la Shoah qui n’avaient plus aucun point de chute après la Shoah, près de 900.000 juifs orientaux ont été contraints de fuir leur pays d’origine dans des conditions qui ne sont pas sans rappeler la Naqba des Palestiniens. En outre, il est plus que douteux qu’un pays quelconque soit prêt à accueillir une telle population de 7 à 8 millions de personnes [4].

Au final, au lieu de scander ce slogan destructeur « Palestine will be free from the river to the sea », les Américains décents feraient mieux de se replonger dans leur propre Histoire. Et au lieu de se focaliser exclusivement sur ce lointain conflit du Moyen Orient [5], ils devraient en premier lieu s’interroger sur ce qu’ils peuvent faire pour améliorer le sort des Indiens qui restent.

Et s’ils insistent pour prendre part à cette dispute qui déchire ce minuscule [6] territoire d’Israël-Palestine, ils devraient se ranger à une solution que leurs ancêtres n’imaginaient pas une seule seconde pour leur propre continent, soit de partager cette portion de terre en créant deux États pour deux peuples. De sorte que dans chacun de ces pays, les deux peuples puissent chanter comme leurs amis américains, seuls ou à l’unisson :

This land was made for you and me”.

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[1] Citation plus complète: « Un campagne désolée dont le sol est pourtant fertile, mais entièrement envahi par les mauvaises herbes – une étendue silencieuse et lugubre… Il règne ici une telle désolation que même l’imagination ne saurait lui redonner l’éclat de la vie et de l’action … Nous n’avons croisé aucune âme qui vive sur tout le trajet… Il n’y avait guère d’arbre ni d’arbuste. Même l’olivier et le cactus, ces fidèles compagnons de sols ingrats, avaient presque déserté le pays. ».

[2] L’une des organisations qui militaient pour un tel accord avec les Arabes était « Brit Shalom »; elle comptait dans ses rangs des intellectuels renommés tels que Martin Buber, Gershom Sholem, Judah Leon Magnes, etc.

[3] Pour mémoire, plusieurs membres du groupe d’anarchistes qui a organisé cet attentat contre le Tsar étaient Juifs.

[4] Il est utile ici de rappeler la scandaleuse conférence d’Évian qui s’est tenue en juillet 1938 à l’initiative de F. Roosevelt. Celle-ci devait traiter le problème des Juifs allemands et autrichiens souhaitant fuir l’Allemagne Nazi. Seuls deux pays d’Amérique Latine, le Costa Rica et la République Dominicaine ont accepté d’en accueillir un minuscule contingent. Golda Meir qui assistait à ces débats comme représentante du Yishuv fut laissée à elle-même, criant dans le désert en tentant vainement d’alerter les participants sur la catastrophe à venir.

[5] Ignorant les autres tragédies non moins urgentes qui se déroulent ailleurs : Soudan, Syrie, Tibet, Congo, Ukraine, Birmanie, Sahel, etc.

[6] La superficie de la Palestine mandataire est 328 plus petite que la superficie des USA.

à propos de l'auteur
Franco-Israélien né à Paris (France) en 1954, David Musnik vit en France avec un passage de plusieurs années en Israël dans les années 1970’s. Diplômé du Technion en 1977 dans la faculté "Electrical Engineering", puis mobilisé dans Tsahal pendant presque 3 années. Informaticien retraité spécialisé dans l’ingénierie documentaire.
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