Terrorismes

Le député de l'Union sioniste Omer Bar-Lev tenant une conférence de presse à la Knesset le 30 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)
Le député de l'Union sioniste Omer Bar-Lev tenant une conférence de presse à la Knesset le 30 novembre 2015. (Miriam Alster/Flash90)

Le terrorisme est revenu au cœur de l’actualité. Depuis un mois, huit attentats ont été commis par des Palestiniens à Jérusalem et en Cisjordanie ce qui traduit une tension inquiétante.

L’avant-dernier en date, le 16 décembre, a provoqué la mort d’un jeune père de famille étudiant à la Yéchiva de Homesh en Samarie. Quatre suspects ont été rapidement arrêtés par les services de sécurité israéliens. Le terrorisme s’est invité aussi dans le débat politique.

Omer Bar Lev, ministre de la Sécurité publique, a discuté avec la sous-secrétaire aux Affaires politiques américaine, Victoria Nuland, de « la violence des habitants [juifs de Cisjordanie], de la manière de réduire les tensions dans la région et de renforcer l’Autorité palestinienne. »

Le Premier ministre, Naftali Bennet a réprimandé son ministre : « Les habitants de Judée et Samarie subissent quotidiennement la violence et la terreur depuis des décennies… Ils sont le rempart défensif pour nous tous, et nous devons les renforcer et les soutenir, en paroles et en actes… Il y a des éléments marginaux dans chaque communauté, il faut s’en occuper par tous les moyens, mais il ne faut pas généraliser et jeter l’opprobre sur une communauté entière ».

La polémique a même conduit certains responsables d’extrême droite à considérer que des attentats tel celui de Homesh étaient encouragés par des déclarations comme celle d’Omer Bar Lev. Derrière les mots se cache une vraie question. Personne ne conteste la réalité du terrorisme palestinien. Mais existe-t-il un terrorisme juif ?

Le débat avait pourtant été tranché par… Binyamin Netanyahou lui-même qui, après un attentat ayant notamment tué un bébé palestinien en 2015, avait employé le mot : « Tout le monde en Israël est choqué par l’acte terroriste condamnable qui a visé la famille Dawashé ».

Les deux terrorismes sont incontestablement de nature différente. Chez les Palestiniens, il est fréquemment utilisé et soutenu par des organisations puissantes, le Hamas en premier lieu. Chez les Juifs, il existe de façon plus informelle. Une fraction non négligeable de la jeune génération des Territoires, « les jeunes des collines », pratique une violence systématique à l’égard des Palestiniens.

Ces jeunes, parfois mineurs, souvent en rupture familiale et en décrochage scolaire, sont également de grands consommateurs d’alcools et de drogues dont la moindre n’est pas celle d’un nationalisme exacerbé.

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la défense et de la Knesset, Ram Ben Barak, estime qu’en l’absence de toute solution politique – le gouvernement actuel n’en veut pas – la violence de part et d’autre ne risque pas de cesser. En d’autres termes, il y aura encore des attentats et des actes de vengeance.

à propos de l'auteur
Philippe Velilla est né en 1955 à Paris. Docteur en droit, fonctionnaire à la Ville de Paris, puis au ministère français de l’Economie de 1975 à 2015, il a été détaché de 1990 à 1994 auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Il a aussi enseigné l’économie d’Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1997 à 2001, et le droit européen à La Sorbonne de 2005 à 2015. Il est de retour en Israël depuis cette date. Habitant à Yafo, il consacre son temps à l’enseignement et à l’écriture. Il est l’auteur de "Les Juifs et la droite" (Pascal, 2010), "La République et les tribus" (Buchet-Chastel, 2014), "Génération SOS Racisme" (avec Taly Jaoui, Le Bord de l’Eau, 2015), "Israël et ses conflits" (Le Bord de l’Eau, 2017). Il est régulièrement invité sur I24News, et collabore à plusieurs revues.
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