Terrorisme juif

La Knesset vient d’adopter en première lecture la loi relative à la peine de mort pour les terroristes. Du moins pour certains terroristes, puisque la loi s’applique à ceux dont l’action s’inscrit dans le cadre d’une « intention de nuire à l’État d’Israël et à la renaissance du peuple juif sur sa terre ». En d’autres termes, la loi ne s’appliquera qu’aux terroristes palestiniens et non aux terroristes juifs.
Car le terrorisme juif existe bien. Il n’est pas nouveau et Menahem Begin, en son temps, l’avait dénoncé.
Depuis plusieurs années, et de façon encore plus intense après le 7 octobre 2023, des groupes de jeunes Juifs dits « jeunes de collines » le pratiquent quotidiennement en Cisjordanie. De véritables pogromes sont le lot quotidien de villages palestiniens. Des véhicules et des habitations sont incendiés, des Palestiniens battus, leur bétail abattu ou volé, les récoltes empêchées ou détruites…
Le profil des assaillants est bien connu. Il est celui de plusieurs centaines de jeunes, parfois âgés de 15 ans, souvent en situation de rupture familiale et de décrochage scolaire.
Leur pratique religieuse ne les empêche pas de consommer abondamment de l’alcool et des drogues en tous genres. Inspirés par l’idéologie kahaniste, ils veulent expulser les Palestiniens afin que seuls les Juifs habitent la « terre d’israël toute entière ».
Ils s’installent dans des colonies illégales et mènent à partir d’elles leurs attaques contre les villages palestiniens alentour. Ils s’en prennent même aux soldats israéliens qui s’opposent à leurs exactions. Mais la plupart du temps, ils agissent en toute impunité.
Il est vrai que les deux ministres dont dépendent les forces de l’ordre dans les territoires, Itamar Ben Gvir et Betsalel Smotrich, partagent leur idéologie et ne font rien contre eux, quand ils ne les encouragent pas.
Le ministre de la Défense, Israel Katz, a même amoindri les moyens de lutter contre ce terrorisme en exemptant les Juifs de la peine de détention administrative qui permet d’arrêter préventivement toute personne sans l’intervention d’un juge et sur la base d’un simple soupçon. Jusqu’à ces derniers mois, le public israélien n’était guère informé de ces faits, la guerre à Gaza captant l’attention.
Depuis quelques semaines, les médias israéliens, rompant avec une forme d’auto-censure, consacrent de plus en plus de reportages à ces événements. Le quotidien populaire Yedioth Aharonot a même décrit ces jeunes comme les « barbares des collines ».
Il est vrai que ces derniers mois, le niveau de violence a atteint des sommets : 260 attaques depuis début octobre. On aurait tort de sous-estimer l’impact de ce terrorisme juif : il encourage l’extrémisme chez les jeunes Palestiniens, à tel point que les services de sécurité craignent une troisième intifada.
