Terrorisme-antisémitisme-coronavirus : le réveil tardif de l’Europe

Place de la République, à Paris, dimanche 22 mars 2020. (Photo AP / Thibault Camus)
Place de la République, à Paris, dimanche 22 mars 2020. (Photo AP / Thibault Camus)

Hier, dans le combat contre le terrorisme islamique, aujourd’hui, devant la pandémie du coronavirus, l’Europe se réveille toujours tardivement de sa torpeur.

Divisé, déchiré et incapable de s’unir et de prendre rapidement des décisions courageuses, le vieux continent perd à chaque fois la boussole. Devant la débandade et la panique, du sauve-qui-peut dramatique, chaque pays agit en ordre dispersé face à la progression de l’épidémie. 

Hier, les Etats-Unis venaient à la rescousse pour éradiquer la barbarie nazie et ces jours-ci, 75 ans après, c’est bien la Chine et la Russie qui viennent en aide à l’Italie ou à l’Espagne et non leurs partenaires européens.     

Dans le combat contre le terrorisme les gouvernements sont responsables pour avoir fait la sourde oreille en adoptant durant plusieurs années une politique libérale et insouciante aux menaces et aux avertissements, notamment ceux lancés par Israël. Comment ne pas constater au fil des ans l’excès de tolérance des autorités et aussi des médias européens vis à vis de la montée en puissance de l’islam radical ? 

Hier, l’Europe n’était pas préparée à combattre la montée du nazisme et elle a perdu la guerre et son âme. Aujourd’hui, elle n’a pas les moyens médicaux et économiques pour éradiquer un seul virus.   

Hier comme aujourd’hui, l’Europe se pose des questions philosophiques ou juridiques. Incapable de régler ses propres problèmes, mais toujours la première à donner des leçons de moral et intervenir dans des conflits étrangers. 

Sa politique partiale à l’égard d’Israël, la déligitimation de l’Etat Juif, le boycottage, son obsession de vouloir servir d’intermédiaire pour régler le problème palestinien, n’ont jamais réussi sur le terrain. Au contraire, ils ont approfondi les divergences et aggravé la méfiance. 

Le fléau de l’antisémitisme n’a pas disparu en Europe et il resurgit ces jours-ci pour tenir responsable les Juifs d’avoir répandu la nouvelle épidémie. Lors des crises financières et économiques mondiales, les antisémites se réveillent et relancent leur vague de haine. Toujours les mêmes accusations contre « ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent, les banques et les bourses ». Aujourd’hui encore, 75 ans après la Shoah, les Juifs sont toujours sur la sellette et les boucs émissaires. 

Au moment où tous les Etats de la planète combattent contre le terrorisme islamique et contre la terreur d’un virus inconnu et invisible, il est temps que la politique européenne change de cap et s’attelle plutôt à la recherche scientifique et technologique en coordination étroite avec des savants et chercheurs israéliens.    

Rappelons que les Juifs européens ont apporté à l’Humanité leur contribution lumineuse dans tous les domaines. Spinoza, Einstein, Kafka, Freud et tant d’autres, ont éclairé, chacun dans son domaine et son style, les énigmes de l’univers et les réalités de notre existence.   

Pour assurer la sécurité et sauver des vies humaines il faudrait passer aux actes, mettre aux vestiaires tous les préjugés et toute politique prétentieuse et moraliste. Payer le prix fort, et agir avec courage, sagesse et intelligence.  

 

 

 

 

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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