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Tentative d’interprétation des événements du 7 octobre

Statue de Juifs yéménites pour commémorer "plus de 850 000 Juifs qui ont été forcés de quitter les terres arabes et l'Iran ", érigée sur la promenade Haas de Jérusalem en 2021 (Crédit : Jerry Klinger/The Times of Israel).
Statue de Juifs yéménites pour commémorer "plus de 850 000 Juifs qui ont été forcés de quitter les terres arabes et l'Iran ", érigée sur la promenade Haas de Jérusalem en 2021 (Crédit : Jerry Klinger/The Times of Israel).

Lorsque l’enquête sur les causes de l’échec du 7 octobre sera élucidée, l’État d’Israël devra repenser ses politiques et ses stratégies en matière de défense et de gouvernance.

Dans la vision de Théodore Herzl, l’État d’Israël devrait être un refuge pour les Juifs et les libérer de l’étau des pogroms et des mesures antisémites. Et de fait, après deux millénaires, les Juifs peuvent se défendre et exercer une autorité souveraine dans leur terre ancestrale.

La guerre d’indépendance en 1948, la guerre des Six Jours en 1967 et la guerre de Kippour en 1973 ont été des guerres héroïques. Le dévouement de l’ensemble de la population fut exemplaire. C’est pourquoi on a peine à comprendre comment les évènements du 7 octobre ont pu se produire. Que s’est-il passé ?

Il se pourrait que l’armée se soit embourgeoisée ou bureaucratisée et que bien des personnes capables aient préféré se lancer dans des start-ups de haute technologie. Le PIB par habitant élevé – qui se classe avantageusement par rapport à l’Italie ou le Japon – a contribué à faire émerger une société capitaliste, voire hédoniste.

La protection offerte par le Dôme du fer a créé un sentiment de sécurité au point où l’on n’a guère prêté attention à l’effet à long terme de l’enseignement de la haine tant à Gaza qu’en Judée et Samarie. Plutôt que de rechercher une victoire écrasante tout comme cela le fut dans les guerres passées, on a accepté de faire des « corrections » plutôt que de rechercher la victoire lors des incidents frontaliers récurrents.

Les décideurs israéliens ont laissé le Hamas et le Hezbollah se réarmer outre mesure alors que ces entités ne jurent que par la destruction d’Israël. Ils se sont illusionnés en pensant que la prospérité économique allait estomper la radicalisation. Ils se sont trompés.

L’État d’Israël a également fait fi du domaine des communications et laissé le terrain libre aux informations biaisées orchestrées dans les réseaux sociaux et dans certains médias arabes.

Le plus clair du temps, les médias du monde abondent de photos de victimes palestiniennes en ignorant les victimes israéliennes, tout comme si l’héritage antisémite du passé était échu. Cela n’est point le cas. Le monde ne s’est pas habitué à accepter un juif qui se défend. Des siècles d’enseignement du mépris de l’église et d’humiliation institutionnalisée dans les pays de l’islam ont laissé des traces.

À voir les foules en liesse qui en Occident même ont fêté les massacres du Hamas immédiatement après le 7 octobre avant même la riposte israélienne et sans considération pour leur barbarie, on réalise combien l’enseignement de la haine au sein de certaines populations immigrées ne disparaît pas avec l’obtention d’un nouveau passeport.

Les Juifs sépharades originaires des pays arabes et de l’Iran (dont le nombre a été bien supérieur au nombre des réfugiés palestiniens) ont cherché à oublier les mauvais moments du passé et dont il est possible de se faire une idée dans les ouvrages de Georges Bensoussan (Juifs en pays arabes : Le grand déracinement) et du soussigné (Il était une fois le Maroc). Bien des Sépharades ont tenté d’effacer ces mauvais souvenirs et de renouer des contacts amicaux avec leur pays d’origine, mais ces souvenirs qu’on a voulu effacer sont revenus en force.

Dont acte : ceux qui fêtent impunément les massacres du 7 octobre en Occident seront les premiers à fêter des événements similaires en Occident même, tout comme certains l’ont fait lors de la destruction des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001.

Les Nations unies continuent cependant à financer en priorité et à perpétuité les réfugiés palestiniens – en omettant sciemment les réfugiés juifs des pays arabes. L’agence onusienne UNRWA est financée par la majorité des pays nantis. Elle se préoccupe exclusivement de réfugiés palestiniens et finance des écoles qui portent le nom d’auteurs d’assassinat suicide.

Et c’est tout dire.

à propos de l'auteur
Dr. David Bensoussan est professeur d’électronique. Il a été président de la Communauté sépharade unifiée du Québec et a à son actif un long passé d’engagement dans des organisations philanthropiques. Il a été membre de la Table ronde transculturelle sur la sécurité du Canada. Il est l’auteur de volumes littéraires dont un commentaire de la Bible et du livre d’Isaïe, un livre de souvenirs, un roman, des essais historiques et un livre d’art.
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