Téhéran : la nouvelle série à succès du pays où la fiction rattrape la réalité

L'actrice Niv Sultan dans le trailer de la série "Téhéran". (Capture écran/ YouTube)
L'actrice Niv Sultan dans le trailer de la série "Téhéran". (Capture écran/ YouTube)

Danny Syrkin, le talentueux réalisateur de Téhéran, nouvelle série diffusée depuis un mois sur la chaîne israélienne CAN 11, raconte que pendant le tournage, en plein coeur d’Athènes, un des figurants iraniens entend soudain une musique sortant d’une taverne et aperçoit une annonce en persan : “Allons-y après le tournage !” s’écrie-t-il sous le regard amusé de Syrkin, qui lui rappelle qu’il s’agit d’un décor.

Cette anecdote en dit long sur ce qui fait le secret du succès des séries israéliennes, depuis Hatoufim jusqu’à Fauda. Téhéran s’inscrit dans la suite directe de ces séries qui ont fait la réputation d’Israël dans le monde entier (ou presque).

Quel est le secret de ces séries “Made in Israel ?” La réponse est simple en apparence. Dans Téhéran, comme dans Fauda, la fiction suit de près la réalité. Chez le réalisateur de Fauda, ancien d’une unité d’élite, comme chez les acteurs de Téhéran, Juifs d’origine iranienne, ou Iraniens exilés de leur pays, c’est la même exigence de fidélité et de crédibilité qui domine.

Cette explication ne suffit pourtant pas à expliquer le succès phénoménal des séries israéliennes depuis plusieurs années. L’autre raison, plus difficile à cerner et sans doute plus essentielle aussi, tient au “storyboard” du pays lui-même. En Israël, la réalité dépasse toute fiction. Si les réalisateurs israéliens parviennent en effet à écrire des histoires qui tiennent en haleine des spectateurs du monde entier, c’est aussi, et peut-être avant tout, parce qu’ils trouvent leur inspiration dans l’histoire récente de leur pays.

Niv Sultan : des télénovelas à la fiction la plus exigeante

Mais le succès de Téhéran tient aussi en grande partie au talent des acteurs, et notamment celui de Niv Sultan, la jeune actrice qui incarne Tamar Rabinian, la héroïne de la série sur laquelle celle-ci repose en grande partie.

Sultan (28 ans), a commencé sa carrière en jouant dans des séries télévisées pour le jeune public et des télénovelas locales. Téhéran est son premier “grand rôle”. Dans une interview à la chaîne Kan 11; elle raconte comment elle a dû prendre des leçons de persan, pour se mettre dans la peau du personnage. Modeste, Sultan – qui a grandi à Jérusalem de parents venus du Maroc, déclare donner la priorité à sa vie personnelle sur sa vie professionnelle, et souhaiter fonder une famille.

Alors que chaque jour apporte son lot d’informations sur de mystérieuses explosions dans des complexes industriels iraniens, la série Téhéran nous permet d’imaginer à quoi ressemble le quotidien d’un agent du Mossad au pays des Mollahs.

Interrogée pour savoir si elle avait rencontré de véritables agents, dans le cadre de la préparation de la série, Niv Sultan a répondu par la négative, avant de faire un clien d’oeil en éclatant de rire… En Israël, la réalité dépasse la fiction, mais la fiction finit toujours par rattraper la réalité !

Le site de la série Téhéran :https://www.kan.org.il/program/?catid=1627&subcatid=389

 

à propos de l'auteur
Pierre est né à Princeton et a grandi à Paris avant de faire son alyah en 1993. Il a travaillé comme avocat et traducteur. Il a notamment traduit en français l'autobiographie de Vladimir Jabotinsky. Pierre vit depuis plus de 20 ans à Jérusalem et a collaboré avec des publications francophones, parmi lesquels le Jerusalem Post et Israel Magazine. Il est passionné par le sionisme et son histoire.
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