Tazria et Metsora: Choisir le sexe de son enfant

Cette semaine nous allons lire deux sections : Tazria et Metsora. La Thora nous enseigne du chapitre 12 à 15 les lois de l’impureté provenant des êtres humains.

Le premier sujet évoqué est celui de la femme qui enfante car d’après Ibn Ezra « la naissance est le début de la vie et constitue donc le point de départ du processus de la tourma. »

Commençons par lire les cinq premiers versets :

Chap.12 V. 1 à 5 : « Hachem parla à Moïse en disant : « Parle aux enfants d’Israël, en disant : lorsqu’une femme concevra un garçon, elle sera impure durant une période de sept jours, comme aux jours de l’éloignement à cause de son indisposition, elle sera impure. Et le huitième jour, on circoncira la chair de son excroissance. Et trente-trois jours, elle restera dans un sang de pureté ; elle ne touchera pas tout ce qui est sacré et n’entrera pas au Sanctuaire, jusqu’à ce que s’achèvent les jours de sa pureté. Et si elle enfante une fille, elle sera impure durant deux semaines, comme durant son éloignement ; et soixante-six jours elle restera dans un sang de pureté. » »

Ces versets me posent quelques problèmes le regard que porte le judaïsme orthodoxe sur les femmes. Le terme « impure » me scandalise. Vous devez savoir que la traduction du mot « nida » est « écartée ».

Ainsi, certains décident qu’il faut écarter leur femme lorsqu’elle est indisposée. Ils n’ont pas compris que le sang qu’ils disent impur est le sang qui donne la vie.

Le deuxième problème de ce texte est la différence de traitement si la maman accouche d’une fille ou d’un garçon. Je ne comprends pas pourquoi le traitement doit être différent, à part bien-sûr pour la circoncision.

Maintenant, laissez-moi vous révéler un secret : comment faire si vous souhaitez un garçon ou une fille ?

Pour répondre à cette question, je souhaite partager avec vous un texte de nos sages qui explique aux futurs parents comment avoir un enfant mâle  Middr. 31. a: « Si la femme est plus active dans l’acte de fécondation, l’enfant sera de sexe masculin ; dans le cas inverse, il sera de sexe féminin. » Mesdames, vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez des garçons et messieurs soyez actifs pour faire des filles….

Nahamide nous apporte « les preuves » en expliquant que « les ovules sécrétés par la femme sont au sperme émis par l’homme ce que la substance est à l’attribut. » On peut lire dans le Levit. Raba c.14 que  la détermination du sexe dépend de leur rapport fonctionnel au moment de la fécondation. En tout état de cause, nos Maîtres tiennent pour axiomatique que « les garçons viennent de la femme et les filles de l’homme »

La section Metzora nous enseigne les lois de purification. Lois étranges au XXIe siècle car il est question de trois étapes : la première est réalisée en dehors du camp avec deux oiseaux dont un sera égorgé.

La deuxième consiste à une période d’une semaine d’offrandes, et à la troisième le pécheur devra rapporter les offrandes requises pour parachever sa purification.

Nos sages nous donnent une explication à ce cérémonial : « La réparation d’une faute exige de se débarrasser du défaut qui l’a provoquée. La calomnie et le colportage, punis par la Tsaraat, sont principalement causés par l’orgueil, car celui qui méprise son prochain en parle sans vergogne. »

Mépriser son prochain est une faute. Trop souvent commise par des fidèles à l’encontre de ceux qui n’ont pas les mêmes origines, tel certain qui traite les juifs sépharades de « mangeurs de merguez » Oui je suis d’accord avec vous, c’est une honte d’entendre de tels propos de dirigeants communautaires qui se croient supérieurs aux autres car ils n’ont pas la peau mate.

Mon dernier article « Le déplorable silence de la communauté juive » interrogeait sur le silence de la communauté et plus précisément des rabbins sur les massacres des Chrétiens d’Orient, du Kenya et d’autres tragédies. Si beaucoup d’entre vous ont approuvé ce texte, certains m’ont répondu que ce qui se passe dans ces pays n’est pas le problème des juifs. A ces derniers, je souhaite répondre deux choses :

1) oui c’est aussi le problème des juifs et en tant que peuple élu nous devons tout faire pour un meilleur monde.

2) Le racisme qui existe au sein du judaïsme est un grave problème pour notre communauté. Vous devez vous battre contre ces comportements et les dénoncer fort. Cette fois-ci vous ne pourrez dire que ce n’est pas le problème des juifs.

à propos de l'auteur
Éric Gozlan est né en 1964. Il a vécu une grande partie de sa vie en Israël au kibboutz et a servi dans une unité combattante de Tsahal pendant la première guerre du Liban et la première Intifada. Il étudie l’économie en Israël. De retour en France, il est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature et a travaillé de nombreuses années dans le milieu bancaire et au Conseil de l’Europe. En dehors de son parcours professionnel, Éric a toujours été intéressé par le social et les relations interreligieuses. Il pense qu’il est possible d’arriver à la paix par la religion (puisque les guerres partent souvent de celle-ci). C’est pour cette raison qu’il s’emploie en France à travailler sur le dialogue interreligieux et ce notamment avec l’Imam Chalghoumi Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie. Éric est souvent invité à des congrès pour la paix pour donner son expertise sur certains problèmes Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix et le dialogue inter religieux en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Il est fondateur de Focus International Consulting et directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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