Stéréotypie du conflit moyen-oriental

Système antimissile Dôme de fer tirant un missile d'interception alors que des roquettes sont tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, vues depuis la ville d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, le 17 mai 2021. Photo par Avi Roccah / Flash90
Système antimissile Dôme de fer tirant un missile d'interception alors que des roquettes sont tirées depuis la bande de Gaza vers Israël, vues depuis la ville d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, le 17 mai 2021. Photo par Avi Roccah / Flash90

Comment se fait-il que les vérités fondamentales du conflit moyen-oriental soient ignorées par les analystes ?

L’Agence France-Presse n’a pas besoin d’envoyer des correspondants sur place, car leur discours peut être débité sans effort à partir de la métropole. Dito pour les photos qui ne représentent qu’un côté de la souffrance (celle des Palestiniens) et qui, lorsqu’elles ne sont pas convaincantes sont affublées de légendes qui ne sont là que pour étayer le message stéréotypé. Il faut être aveugle pour ne pas constater qu’en matière de journalisme, la déresponsabilisation des Palestiniens est de mise.

Le reportage médiatique du conflit moyen-oriental en est un de clichés. Il est vicieusement sélectif, distordu et trompeur. Il serait peut-être temps pour l’agence France Presse de faire des reportages sur les 40 000 voitures qui sont brûlées en France chaque année…

Ainsi, il semblerait que la dernière conflagration serait due à la possession de quelques domiciles à Cheikh Jarrah à Jérusalem et que cela s’inscrirait dans la politique de judaïsation de la ville. Il est si confortable d’oublier que depuis 1967, la population arabe de Jérusalem est passée de 60 000 en 1967 à 350 000 en 2016.

Gaza est représenté par une description de misère due au boycott israélien. Il y existe également des quartiers luxueux qui ne sont jamais montrés par les médias. Par ailleurs, Gaza importe pourtant des fusées et des lance-roquettes par milliers qui sont envoyés sans discrimination sur les villes israéliennes. Personne ne relève l’incongruité de cet état de fait ?

Les vrais criminels de ce conflit sont ceux qui entrainent et arment le Hamas à Gaza : la Turquie et l’Iran. Avec le financement du Qatar, la Turquie soutient la mouvance militante des Frères musulmans que craignent comme la peste la majorité des pays arabes et les pays occidentaux. De son côté, l’Iran a fait de la destruction de l’État d’Israël et du grand Satan occidental un devoir théologique.

Pour ce qui est du mont du Temple, nous sommes témoins de l’entrevue de personnes qui se plaignent de ne pouvoir prier durant le ramadan en raison de la présence policière. Mais jamais l’on ne montrera en entrevue ceux qui s’y rendent les poches pleines de pierres pour les jeter sur les orants juifs au mur des Lamentations.

Le confit actuel survient parce que l’Accord d’Abraham dérange les Palestiniens qui ont refusé tous les accords de paix et qui profitent d’une largesse internationale considérable (plus de 31 milliards depuis les accords d’Oslo).

La définition internationale de réfugiés a été modifiée seulement pour les Palestiniens qui disposent d’une agence spéciale, l’UNRWA, et d’un statut de réfugié qui ne répond pas aux normes des agences internationales, statut qui est totalement ignoré pour les réfugiés juifs des pays arabes. Ceux-ci incluent les réfugiés juifs de la guerre de 1948, de Jérusalem et d’ailleurs qui, lorsqu’ils ne furent pas massacrés, furent chassés par l’armée jordanienne. La Jordanie s’était engagée à rapatrier les survivants à Cheikh Jarrah dans les trois ans. Il n’en a été rien.

Aussi longtemps que les médias et les bons pensants continueront de déresponsabiliser les Palestiniens et les exonérer de leurs crimes, la solution du conflit devient plus distante. Le Hamas lance des appels génocidaires contre les Juifs et l’Autorité palestinienne continue de glorifier les assassinats suicidaires contre des civils israéliens. À titre d’exemple, voici le message émis par le leader de Hamas Fathi Hammad sur Tweeter : « Habitants de Jérusalem, nous voulons que vous coupiez la tête des Juifs avec des couteaux. Avec ta main, coupe leur artère à partir d’ici. Un couteau coûte cinq shekels. »

Devant de telles harangues, l’échange de terres pour la paix semble impossible. L’évacuation du Sud Liban et de Gaza s’est soldée par une dégradation de la sécurité d’Israël. Nul doute que ceux parmi les Israéliens qui désespèrent de la paix préféreront renforcer leur présence sur les collines dénudées de Judée et de Samarie.

On entend souvent le terme illégal lorsqu’il s’agit des actions israéliennes. Pourtant, il suffit de suivre sur YouTube l’analyse consciencieuse du Dr Jacques Gauthier pour réaliser qu’il n’en est rien. Mais il est bien plus facile d’ignorer des vérités fondamentales et de continuer à stéréotyper le conflit.

Tant le Fatah que le Hamas qui se confrontent pour la suprématie politique, incitent à la violence contre les Juifs en appelant à la guerre sainte contre une supposée intention israélienne d’envahir la mosquée d’Al Aqça. Le Hamas prend en otage la population de Gaza. 30% des missiles tirés par le Hamas sont tombés en territoire gazaoui causant des pertes civiles graves.

Le roi du Maroc Hassan II disait du conflit israélo-palestinien qu’il est l’aphrodisiaque des pays arabes. Ils se servent de ce conflit pour masquer les problèmes dans leurs propres pays. Il semble bien que cette réflexion s’applique encore plus à la Turquie d’Erdogan et à l’Iran des mullahs. Ce conflit est également l’aphrodisiaque qui donne aux médias l’occasion de se vautrer dans la stéréotypie.

Les moutons de Panurge médiatiques ont également leur responsabilité dans la perpétuation de ce conflit.

à propos de l'auteur
Dr. David Bensoussan est professeur d’électronique. Il a été président de la Communauté sépharade unifiée du Québec et a à son actif un long passé d’engagement dans des organisations philanthropiques. Il a été membre de la Table ronde transculturelle sur la sécurité du Canada. Il est l’auteur de volumes littéraires dont un commentaire de la Bible et du livre d’Isaïe, un livre de souvenirs, un roman, des essais historiques et un livre d’art.
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