Sortie de crise en Guinée : Solutions

Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, arrive pour s'adresser à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies le mercredi 22 septembre 2021. (Eduardo Munoz/Pool Photo via AP)
Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, arrive pour s'adresser à la 76e session de l'Assemblée générale des Nations Unies le mercredi 22 septembre 2021. (Eduardo Munoz/Pool Photo via AP)

Le 5 septembre dernier, le Comité National pour le Redressement et le Développement (CNRD) a pris le pouvoir en Guinée suite à un putsch militaire, putsch qui est totalement différent de ceux que certains pays africains ont connus.

En effet, ce putsch dirigé par le CNRD s’est déroulé en apparente douceur : très peu de morts, peu d’arrestations et surtout début de discussions avec l’ensemble de la classe politique guinéenne.

Il est vrai que la Guinée est depuis plus de 20 ans un des seuls pays réellement démocratiques en Afrique. Démocratie relative aux yeux des Européens mais réelle aux yeux de l’Afrique.

J’ai eu la chance de me rendre à de nombreuses reprises en Guinée. J’ai pu discuter avec des politiques, des hommes et des femmes d’affaires et des dignitaires religieux. J’ai constaté que chaque interlocuteur était fier de la démocratie de son pays et souhaitait que cette dernière perdure.

Le 5 septembre, le CNRD a pris le pouvoir. Son rôle actuel est de gérer les affaires courantes mais surtout d’être un pouvoir transitoire et d’organiser des élections afin de respecter le peuple guinéen et sa Constitution.

Maintenant, les Guinéens doivent se questionner sur le futur politique de leur pays qui, ne n’oublions pas, est une puissance économique en devenir.

En observant la politique guinéenne, il est aisé de remarquer que le parti « Rassemblement pour une Guinée Prospère » (RGP) peut diriger la transition du pays.

En effet, le RGP est membre du groupe « Rassemblement Républicain ». Lorsqu’on regarde ce groupe, on peut le considérer comme centriste ; il est le deuxième groupe politique, après le RPG Arc en Ciel, et a toujours travaillé pour l’unité du pays.

Lors de mes voyages, j’ai eu de longues conversations avec l’Honorable Bouna Keita qui est député du Rassemblement pour une Guinée Prospère. J’ai apprécié sa clairvoyance et surtout sa volonté d’améliorer le sort des Guinéens et l’image du pays à l’étranger.

Bouna Keita est non seulement un homme politique mais aussi le Premier Vice-Président du Conseil National du Patronat de Guinée.

La Guinée a besoin d’un « sage » pour continuer à progresser. Ce sage doit être sage en politique et sage en économie.

Lors de nos derniers entretiens, Bouna Keita m’affirmait qu’il souhaitait continuer les discussions avec le CNRD mais voulait élargir les pourparlers à d’autres groupes : les représentants de la Société civile, le patronat, les syndicats, le corps médical, les fonctionnaires. Chaque accord devra, d’après lui, être signé par toutes les parties et validé par la Cour Constitutionnelle.

Je ne suis pas Guinéen, je suis co-directeur d’une ONG qui travaille dans la diplomatie parallèle, et c’est avec mon expérience de médiateur international que je donne mon avis sur la Guinée.

à propos de l'auteur
Eric Gozlan est co-directeur de l'International Council for Diplomacy and Dialogue . il est Conseiller diplomatique de plusieurs gouvernements Il étudie l’économie et est reçu au troisième concours de l'École Nationale de la Magistrature Éric a toujours été intéressé par le social et les relations intrernationales. Il a été nommé il y a peu par le roi des Roms ambassadeur de sa cause pour la France et a reçu la médaille de la paix en Roumanie et celle de la Belgique Il a participé à deux nombreux colloques sur la paix en Corée, Russie, Etats-Unis, Bahreïn, Belgique, Angleterre, Italie, Roumanie… Eric Gozlan écrit dans plusieurs revues dont le Nouvel Observateur en France, Times of Israël en Israël et a publié dernièrement, suite à une demande du Vatican, une étude sur l’apostasie dans le Judaïsme
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