Soleimani et la folie européenne

Les Iraniens défilant lors d'une manifestation à Téhéran le 3 janvier 2020 contre l'élimination de Qassem Soleimani. L'Iran a mis en garde contre une "vengeance grave" et a déclaré que l'ennemi juré des États-Unis était responsable des conséquences. Photo : ATTA KENARE / AFP
Les Iraniens défilant lors d'une manifestation à Téhéran le 3 janvier 2020 contre l'élimination de Qassem Soleimani. L'Iran a mis en garde contre une "vengeance grave" et a déclaré que l'ennemi juré des États-Unis était responsable des conséquences. Photo : ATTA KENARE / AFP

Les États-Unis ont gagné une bataille et certains idéologues font flancher la balance vers les Iraniens. Depuis 1979, l’Iran est sous l’égide d’un gouvernement terroriste aux relents fanatiques religieux et pourtant à l’en croire certains, la décision courageuse de D. Trump est une menace pour la paix…

Recontextualisons un peu avant d’avancer. Depuis la « Révolution islamique iranienne », l’Iran passe d’un pays novateur à un obscurantisme moyenâgeux. Les femmes qui avaient acquis des droits se voient reléguées au rang d’objet. Les minorités religieuses pourchassées. Le conformisme de masse en marche et la mort est la seule solution pour celui qui aurait l’impertinence d’être un tant soi peu différent.

Alors que toutes relations diplomatiques avec les États-Unis (ainsi que d’autres pays) sont totalement coupées, celles entretenues avec les Européens sont extrêmement refroidies depuis. Malgré l’aide exceptionnelle de la France, notamment avec son implication dans l’affaire de Khomeiny. La trahison prévisible se met en place et voilà l’Iran crachant à la figure de la France avec sa propre bénédiction aux lendemains de la révolution iranienne.

Bien que les provocations iraniennes n’aient cessé depuis 1979, en 2009 lorsqu’est prévu Ahmadinejad (ex-« président » iranien) se voit accorder une audience lors de la conférence contre le racisme Durban II au sein de l’ONU, personne ne réagit.

Personne n’ose bouger un seul doigt face à cette mascarade jusqu’à l’intervention de militants de l’UEJF. Ce n’est qu’après le courage de ces étudiants démontrant aux diplomates leurs contradictions que les représentants des pays européens décident de quitter la pièce. Pathétique…

Aujourd’hui encore, comme il y a 10 ans les pays européens enfouissent leur tête dans le sable quand D. Trump décide de mener un « Killing Target » (Attaque/Assassinat ciblée) à l’encontre d’un des plus grands terroristes des temps modernes. Nous parlons alors d’un combattant acharné, un stratège et cerveau du massacre de plusieurs milliers de personnes, américains, européens, israéliens et même arabes.

Alors comment se fait-il que certains politiciens, idéologues en tout genre, réussissent à incriminer Trump pour un acte, assez banal somme toute, de politique internationale ? Certes la technique de Target Killing n’est pas forcément la plus diplomatique, ni même la plus souhaitable. Mais après les efforts de ces cinquante dernières années pour éviter toute escalade avec ce pays dirigé par des terroristes, il est grand temps de se défendre, de protéger les siens et ses valeurs.

Non, aucune guerre ne débouchera après la mort de Soleimani (bien que personne ne puisse prévoir une telle chose). Le Moyen-Orient vient d’entrer dans une nouvelle phase. Alors que Soleimani était l’un des stratèges les plus inventifs du régime des mollah, qu’il ait passé la moitié de son existence à vouloir réduire à néant le monde occidental et sunnite, sa perte est synonyme de victoire pour l’Ouest et ses alliés.

Le régime iranien est aujourd’hui déstabilisé et pour preuve toutes les démonstrations d’union est la preuve manifeste de leur désarroi. Sa déstabilisation impacte ainsi le Hezbollah et le Hamas. Cela va également peut-être permettre une redistribution des cartes en Syrie, tout comme en Irak. Mais la menace n’est pas aussi grande que la veille, on pourrait même espérer qu’elle est moindre.

Quant à ceux effrayés des menaces pesant sur l’Occident, elles restent inchangées depuis 50 ans mais ont eu ces derniers jours un écho médiatique imposant aux vues de la situation historique. Mais parfois je me rappelle un vieux dicton, méfions-nous des chiens silencieux et moins de celui qui aboie.

à propos de l'auteur
Âgé de 24 ans, Hillel Portugais - de Almeida est diplômé en Science Politique à l’Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne. Actuellement étudiant au sein d’IDC Herzliya en Sécurité Intérieure, Contre Terrorisme et Cyber-Sécurité, il ne cesse d’exprimer un point de vue distinct sur les sujets d’actualité
Comments