Situation explosive à la frontière syro-libanaise

La milice du chef du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah prend part à un rassemblement pour marquer le "jour de la fête de Jérusalem" ou "Al-Quds" dans la banlieue de Beyrouth (Liban) le vendredi 31 mai 2019. (AP Photo / Hassan Ammar)
La milice du chef du Hezbollah Sayyed Hassan Nasrallah prend part à un rassemblement pour marquer le "jour de la fête de Jérusalem" ou "Al-Quds" dans la banlieue de Beyrouth (Liban) le vendredi 31 mai 2019. (AP Photo / Hassan Ammar)

La situation est toujours tendue dans le nord du pays et Tsahal demeure en état d’alerte pour contrer toute attaque éventuelle de la part du Hezbollah.

Chaque incident risque d’embraser tout le Moyen-Orient. Téhéran a conclu tout récemment un partenariat de défense avec Damas. Désormais, des batteries de défense antimissile Bavar-373 et de systèmes de missiles sol-air Khordad-15 sont déployés pour empêcher toute intrusion ou attaque étrangère dans le ciel syrien.

Dans ce contexte grave, la coordination stratégique avec les Américains est impérative mais vigilance et prudence nous obligent face aux Russes. La visite éclair du chef d’état-major des armées américaines en Israël Mark A. Milley, avait justement pour but de planifier en commun des opérations ponctuelles contre des sites iraniens et contre des chefs chiites. Après l’élimination de Qasem Soleimani, Nasrallah est surveillé étroitement dans le collimateur.

Depuis 1982, le Hezbollah poursuit sa politique de terreur dans le but de créer au nord de l’Etat juif un Etat islamiste chiite qui servira de tremplin militaire aux ayatollahs d’Iran. Le Liban est plongé dans une crise intérieure profonde. Au bord de l’abime, Nasrallah souhaite profiter de la situation chaotique pour déclencher des hostilités.

Le Hezbollah possède plus de 150 000 roquettes et missiles pouvant atteindre toutes les villes israéliennes, du nord au sud. Il construit en secret des usines et des laboratoires en territoire libanais pour éviter la destruction par Tsahal des cargaisons d’armement acheminées par l’Iran via Damas.

Nasrallah est un homme arrogant et dangereux, grand serviteur de l’Iran, il focalise toujours son combat islamique contre Israël en espérant voir un jour flotter l’étendard chiite sur les minarets des mosquées du Mont du Temple et sur tous les édifices de Jérusalem.

L’Etat Juif ne souhaite pas déclencher une nouvelle guerre contre le Liban ni contre la Syrie. Cependant, il est clair que toute violation, attentat ou attaque contre des Israéliens ou des Juifs à travers le monde, aura des conséquences graves et désastreuses pour l’Etat libanais. Ce message clair fut aussi transmis aux autorités libanaises par la voie diplomatique et à l’ONU au moment où le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian entamait une visite officielle à Beyrouth.

Pour l’heure, les projecteurs sont braqués vers la frontière syro-libanaise. Chaque incident et provocation du Hezbollah risquent d’enflammer tout le plateau du Golan habité en majorité par des Druzes, des deux côtés de la frontière.

Le but est de se préparer au pire et de se défendre contre toute attaque possible et éventuelle de la part de l’Iran et de ses milices chiites. Les frappes ponctuelles et chirurgicales de Tsahal sont nécessaires pour justement dissuader nos ennemis.

Cependant, la reconnaissance du plateau du Golan par les Américains change la donne et confirme qu’un retrait israélien du plateau du Golan comme l’exige Assad n’est plus envisageable. Ce territoire ne sera plus négociable avec son régime sanguinaire.

Voilà 20 ans que Bechar al Assad a succédé à son père Hafez. Le tristement célèbre boucher de Damas a dirigé la Syrie d’un bras de fer durant plus de 30 ans. Son fils Bechar se maintient bizarrement au pouvoir malgré toutes les atrocités commises depuis 2011 durant une guerre civile qui fait rage ces jours-ci encore.

Comment expliquer que durant plus d’un demi-siècle le monde libre a laissé régner en Syrie une famille corrompue et cruelle ?

Comment permettre aux organisations terroristes de tous bords de tuer, piller, et chasser notamment les Chrétiens d’Orient et provoquer l’exode de centaines de milliers de réfugiés ? Pourquoi permettre aux Ayatollahs d’Iran d’intervenir militairement et exporter leur révolution islamiste à Damas, à Beyrouth et ailleurs ?

Pourquoi ne pas traduire Assad en justice pour crimes de guerre contre l’Humanité ? N’y-a-t-il pas un poids deux mesures dans le jugement de la Cour pénale internationale quand il s’agit de traiter injustement les prétendus « crimes » de l’Etat Juif ?

Cette nouvelle escalade au nord du pays nous rappelle, une fois de plus : nous sommes toujours en guerre avec la Syrie, le Liban, l’Iran et ses milices terroristes.

Dans ce contexte explosif et devant les défis militaires, économiques, sanitaires et diplomatiques à relever, cessons-donc d’approfondir nos querelles, de continuer à haïr et à détester l’Etat et ses symboles, semer la zizanie, et diviser le peuple.

Nos ennemis et nos détracteurs nous observent à la loupe et profitent de la crise et de nos faiblesses pour justement frapper sur les points vitaux.

Cessons une fois pour toute de prononcer des discours déprimants et de prédire cyniquement des catastrophes sur tous les sujets. Arrêtons d’affaiblir la résilience de la population, abaisser à zéro le moral. Soulignons que la puissance de Tsahal est beaucoup plus supérieure et sur tous les plans que toutes les armées de la région.

Devant l’indifférence mortelle de la communauté internationale laissant impunément Assad et Nasrallah au pouvoir tout en permettant à l’Iran de poursuivre sa politique hégémonique, opprimer sa population et galoper vers l’arme atomique, seul Tsahal est garant de notre sécurité et capable de nous défendre contre toute attaque proche ou lointaine.

Cet article a été publié le 26 juillet 2020 sur le site https://jcpa-lecape.org/

 

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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