Sionisme, flous et filous

Des députés français parlent de pénaliser l’antisionisme, or les français ignorent la nature du lien complexe qui uni la plupart des juifs à la terre d’Israël ainsi que le sens du mot sionisme. Ce témoignage et ces réflexions devraient éclairer un peu le débat. Voici pourquoi l’antisionisme est perçu comme de l’antisémitisme, et voici pourquoi une loi mal comprise ne résoudra rien.

Suite à la vague d’actes antisémites correspondant à la fin du mouvement des gilets jaune, une quarantaine de député ont suggéré de pénaliser aussi l’antisionisme, cette demande a été massivement rejetée par l’assemblée nationale, qui craint une atteinte à la liberté d’expression.

La définition problématique du sionisme

Le mot sionisme est utilisé pour la première fois le 1er avril 1890 par le journaliste Nathan Birnbaum (1864 – 1937) dans sa revue Selbstemancipation.

Le Centre National de ressources Textuelles définit le mouvement ainsi :
« Mouvement politique et religieux né de la nostalgie de Sion, permanente dans les consciences juives depuis l’exil et la dispersion, provoqué au XIXième siècle par l’antisémitisme russe et polonais, activé par l’affaire Dreyfus, et qui, visant à l’instauration d’un Foyer national juif sur la terre ancestrale, aboutit en 1948 à la création de l’État d’Israël.»

Pour La Toupie, « Le sionisme est un mouvement né à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, visant à la création d’un Etat juif indépendant en Palestine. Il s’est développé sous la pression de l’antisémitisme et des pogroms d’Europe centrale, mais aussi à cause du choc provoqué par l’affaire Dreyfus. »

Pour l’internaute : Mouvement politique favorable à la constitution d’un Etat juif en Palestine.

Pour le Larousse : Mouvement dont l’objet fut la constitution, en Palestine, d’un État juif.

Pour perspective du monde : Doctrine et mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d’un État juif en Palestine près de Jérusalem. Le mouvement est appelée ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut, dans l’antiquité, érigée la citadelle de David. Le fondateur du sionisme est Theodor Herzl, homme politique juif hongrois et journaliste (1860-1904). En réponse à l’antisémitisme présent dans toute l’Europe (affaire Dreyfus en France, pogroms de Russie),

School mouv : Le sionisme est une idéologie politique à base religieuse qui incite les Juifs du monde entier à venir en Palestine pour y bâtir un futur État Juif. Ce mouvement a abouti à la création de l’État d’Israël en 1948.

Le sionisme vécu de mon enfance

La famille de ma maman est laïque, et a toujours regardé avec un certain détachement les événements du proche orient, le sionisme ou Israël n’était pas un sujet de débat. Ma maman avait fait des études de psychologie très tard à Paris et avait été amie d’El Hadj Alamine Pacha, un jeune libanais, qui venait souvent à la maison, et qui était très gentil avec moi, elle m’a dit un jour ne pas comprendre pourquoi il était si anti-israélien et je me souviens encore de la petite voiture qu’il m’avait offerte.

J’avais huit ou neuf ans, à l’époque, et ma maman n’avait qu’une pièce pour nous loger, elle et trois de ses enfants. Deux étaient en pension, la première année en tant que tout petit, j’étais avec elle, mais ma soeur était si malheureuse à la pension Boileau qu’on m’a placé pensionnaire l’année suivant dans une école juive, l’école Lucien de Hirsh.

L’enseignement y était fantaisiste, une maitresse voulait appliquer la méthode Montesori sans rien y connaître, ni en avoir les moyens, les seuls cours sérieux était les cours d’hébreu donnés par un jeune prof qui ne rigolait pas.

Quand nous avons déménagé pour Colmar, ma maman n’a pu m’envoyer chez les éclaireurs laïques qui n’existaient pas en Alsace à l’époque, et m’a inscrit aux éclaireurs israélites qui nous faisaient promettre d’aimer de tout notre coeur le judaïsme et la France. Bien que ce ne fut pas dans les statuts, on nous apprenait aussi à aimer Israël, et nous chantions beaucoup en hébreu. Un grand nombre d’éclaireurs israélites, dont le fondateur du mouvement sont partis habiter en Israël.

Chez mon papa, c’était tout différent, il était très croyant, et il parlait d’Eretz, avec des regards de gourmandise, chez lui trônait un tronc du KKL, organisme chargé d’acheter et de gérer des terres pour permettre à l’état juif de naître et de se développer.

« Les juifs du monde entier devront constituer un fonds pour le rachat du sol de la Palestine. Tout juif, jeune ou vieux, pauvre ou riche, devra contribuer à ce Fonds National Juif… La terre rédimée sera la propriété inaliénable du Kéren Kayémeth et ne sera pas revendue à des particuliers, mais affermée à ceux qui la mettront en valeur pour une période n’excédant pas 49 ans. ». Ce projet, présenté au premier Congrès Sioniste de Bâle convoqué par Théodore Herzl et ses amis en 1897, s’est en partie réalisé (1).

Quand on pouvait acheter des fruits d’Israël, c’était la fête. On lisait des journaux comme « La terre retrouvée », organe du KKL fondé en 1928, et « Tribune Juive », qui nous donnaient des nouvelles d’Israël. Mon père avait acheté un petit sac de terre d’Israël, afin que l’on pose sa tête dessus, lorsqu’il serait mort. Ainsi il dormirait sur la terre d’Israël.

Les dames de la communauté, y compris ma soeur, participaient toutes à la Wizo, organisation sioniste féminine, dont l’activité principale consistait à organiser des fêtes et des bals, souvent chics, dont les bénéfices partaient au profit d’oeuvres sociales israéliennes, la Wizo insistait bien sur son refus de tout racisme, les crèches subventionnées pouvaient aussi être dans des villages druzes ou arabes.

Nous étions donc tous sionistes, mais personne n’envisageait de partir s’installer là bas, car nous étions bien en France. On disait pour s’amuser qu’un sioniste est une personne qui demande de l’argent à une autre pour en envoyer une troisième en Israël !

Il n’existait pas de Palestiniens à l’époque, seulement des juifs et des arabes, on était convaincu de la loyauté des arabes israéliens, et on espérait de tout coeur un accord de paix entre Israël et ses voisins. La France soutenait Israël de toutes ses forces, surtout qu’elle était en guerre avec le nationalisme arabe qui soulevait les musulmans d’Algérie contre elle.
Il n’y avait pas de territoires occupés, Jérusalem était divisée et la vieille ville était interdite aux juifs, cela n’empêchait pas des attentats organisés par des commandos sortis de Gaza. Le chef des arabes de Palestine, de l’époque Ahmed Choukaiyri, ami de Nasser et des Syriens, promettait à qui voulait l’entendre de jeter tous les juifs à la mer.

1967, 1968

Notre rabbin à Troyes, ne tarissait pas d’éloge envers le Général de Gaulle, il ne pensait pas que la fin de la guerre d’Algérie allait repositionner la diplomatie Française en faveur des arabes, aussi, ce revirement brutal lors de la guerre de 1967 a été pour lui un choc douloureux. Pour ma part, j’en ai été très triste, mais pas déçu par De Gaulle, qui avait déjà trahi les français d’Algérie.
La décision de ne plus vendre d’armes à Israël, a favorisé la naissance d’une industrie d’armement locale qui concurrence aujourd’hui les productions françaises, et a jeté Israël dans les bras des États Unis. Les israéliens se sont précipité pour acheter des phantoms américains avant qu’ils ne deviennent des mirages… la versatilité des diplomates était redoutée.

Sur le campus j’avais distribué, au début de la guerre des Six Jours, un poème de ma composition, commençant par les paroles d’une chanson de Jean Ferrat « Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent » , montrant comment les foules arabes, toutes dirigées par des rois absolus ou des dictateurs refusaient le droit de vivre à un mini état de 25000 km² peuplé de réfugiés. Un étudiant algérien m’a proposé de m’aider à les distribuer… et il a disparu en emportant les feuilles pour les détruire.

J’ai compris alors avec tristesse que l’Algérie faisait désormais partie de camp arabe.
A la plus grande satisfaction des nationalistes israéliens, dès septembre 1967, la ligue arabe décida à Khartoum, qu’il n’y aurait ni paix, ni reconnaissance, ni négociation avec Israël. La route était donc libre pour entreprendre le peuplement juif de la Cisjordanie, de Gaza, et du Sinaï.

En mai 68, j’étais étudiant à l’UEJF, (Union des étudiants juifs) j’avais été très ému après la guerre des Six Jours, de voir les soldats israéliens face au mur de Jérusalem, et j’étais convaincu que la conquête du Sinaï et de la Cisjordanie, était une prise de gage pour enfin obtenir la paix avec les arabes. On disait, en en mai 68 « Israël occupe les territoires comme les ouvriers occupent les usines » afin de répondre à des étudiants qui déjà reprochaient à Israël l’occupation des territoires arabes conquis.

La Guerre de Kippour (1973)

Israël s’était agrandie, sa frontière allait du canal de Suez, au Golan, on pouvait aller dans la vieille ville de Jérusalem, mais le front le long du canal de Suez était toujours actif, on a vécu une guerre d’usure. Golda Meir dirigeait le pays, et espérait je ne sais quoi de l’Égypte jusqu’au jour où l’Égypte et la Syrie coordonnèrent leurs forces et lancèrent une attaque majeure qui a enfoncé les lignes israéliennes et mis le pays en danger de mort pendant plus de 48 heures.

Vous ne pouvez pas vous imaginer l’angoisse que notre communauté a ressenti en France, nous avons compris qu’Israël pouvait être détruit, et Israël c’était notre assurance vie en cas de montée de l’antisémitisme. En profanant la journée la plus sacrée du Judaïsme, l’Égypte avait fait un très mauvais choix. D’une part, éthique, et d’autre part, elle ignorait que ce jour là la plupart des israéliens étaient à la synagogue, et donc leur mobilisation a pu se faire en un temps record.

Je me souviens d’une cérémonie à la synagogue de Dijon, archi pleine, l’orateur, venu de Paris, nous a dit, « Je ne vous parlerai pas de la situation… vous la connaissez », et nous la connaissions, nous nous sentions tout nus, sans Israël… comme des escargots sans coquilles, il lança un appel aux dons, et tout le monde donna sans compter. Certains jeunes étaient aussi prêts à partir s’engager. C’était cela aussi notre sionisme

Israël a réussi à rétablir la situation militaire, a un moment franchi le canal de Suez, puis est retourné à la ligne de démarcation de 1967.

Golda Méir, premier ministre n’avait pas prévu l’offensive égypto-Syrienne de 1973, elle n’avait pas saisi les appels du pied des arabes pour éviter la guerre, ni préparé ses troupes à l’offensive. Elle fut déconsidérée, l’opposition de droite prit le pouvoir en profitant du scandale, avec l’appui enthousiaste des juifs orientaux qui avaient beaucoup de reproches à faire aux travaillistes qui les avaient méprisé.

En France, l’opinion commençait à tourner, et si les juifs ont tremblé pour Israël, tous les français ont « râlé » devant la hausse du prix de l’essence.

Entre Espoir et désespoir, la lente diabolisation d’Israël

Je ne peux pas dans cet article refaire toute l’histoire, avec ses ambigüités, mais je peux vous dire que j’ai toujours vibré avec Israël, des moments de joie et d’émotion intense lorsque sur toutes les télévisions française, on a présenté Anouar El Sadate arriver à Jérusalem, et tenir un discours de paix à la Knesset, ou l’espoir fou des accords d’Oslo, de l’indépendance donnée à la bande de Gaza.

De grandes déceptions aussi, devant la versatilité des libanais, devant la violence des intifadas, (surtout la seconde déclenchée alors que les discussions de paix risquaient d’aboutir), devant l’influence des frères musulmans et de l’Iran à Gaza, et devant les poussées de l’opinion juive ou arabe, du proche orient, de plus en plus nationaliste, de plus en plus religieuse, et moins en moins ouverte l’une vers l’autre.

Durant toute ces périodes, j’ai subi jusqu’en 2002, année où elle a atteint son paroxysme une propagande anti israélienne d’abord insidieuse, puis de plus en plus violente. Je ne peux vous citer le nombre de reportages à charge, de plateaux de télévisions, où face à cinq personnalités de qualité de sensibilité pro-arabe on plaçait au mieux un partisan d’Israël choisi pour sa médiocrité. Les trois événements les plus marquants pour moi ont été Sabra et Chatila, l’affaire Al Dura, et la manifestation de 2002.

1 Sabra et Chatila : Le Général Sharon qui était entré à Beyrouth contre l’avis de ses supérieurs, souhaitait désarmer une milice réfugiée dans un quartier palestinien de Beyrouth. Le gouvernement libanais et son armée ayant refusé de faire le travail, Sharon a demandé à une milice chrétienne de le faire, mais ivre de colère après l’assassinat par les Syrien du président Gemayel, la milice qui était entré dans le quartier sans résistance, a procédé à un massacre épouvantable sans tenir compte ni de l’âge, ni du sexe des victimes.

Les soldats israéliens ont cru entendre une bataille, et ont éclairé le quartier pour aider leurs alliés phalangistes, en ignorant la réalité. Devant le drame, tout Israël a manifesté son horreur (ce fut la plus grande manifestation de l’histoire d’Israël), et a exigé une enquête… mais l’opinion mondiale n’en a jamais tenu compte.
Personne n’a jamais accusé la milice libanaise, surtout que son chef travaillait pour les syriens qui ont fini par l’assassiner quelques années plus tard lorsqu’ils n’avaient plus besoin de lui.
Sharon est resté dans l’image de tous le boucher de Sabra et Chatila et tous les israéliens des génocidaires.

2 L’Affaire Al Dura :

Charles Enderlin a commenté un film réalisé par son caméraman à Gaza, un militant palestinien, présentant des soldats israéliens tirant sans motif sur père qui tentait de protéger son enfant, le commentateur affirmait que l’enfant était mort.

Le film a été offert au monde entier, a reçu de nombreux prix, et le quai d’Orsay en a fait un hommage de la France à la résistance palestinienne.
Ces images ont contribué à coller à Israël, l’image d’un pays tueur d’enfants, et de nombreux juifs ont été assassiné dans le monde, y compris en France, pour venger les enfants palestiniens.

Toute une série de procès ont eu lieu à son sujet, un seul jugement, celui de la cour d’appel a visionné les rushes a jugé sur le fond, et a pointé les très lourdes négligences de Charles Enderlin. La cour concluait sur la probabilité très forte que ce film soit une fiction.

Mais jouant sur des vices de procédure, l’affaire a fini par retourner au tribunal d’origine qui a statué qu’à l’époque du premier procès la preuve n’était pas parfaite… donc circulez, il n’y a rien à voir, Charles Enderlin, France deux, et le quai d’Orsay sont innocents. Leurs victimes applaudissent.

3 Le basculement de 2002 :
Lionel Jospin était au gouvernement en France, la révolte grondait au Proche Orient. Attentats, et réactions violentes israéliennes se succédaient. La partialité de l’information était telle que je craignais une montée en flèche de l’antisémitisme, et je n’étais pas le seul, une manifestation juive gigantesque a eu lieu à Paris, selon les sources entre 100 000 et 250 000 personnes, pensez qu’au mieux la communauté juive française est de 500 000 personnes, qu’il y avait très peu de non juifs, très peu d’hommes politiques, aucun parti français, aucun syndicat, quelques associations non juives en particulier « touche pas à mon pote » , et des arméniens s’étaient joints à nous…. vous vous imaginez, un juif parisien sur deux est venu manifester ! Et ô miracle, dès le lendemain, la télévision et les journaux ont changé de ton, et tous ensemble sont devenus beaucoup plus modérés.

Quelques jours plus tard, Jospin était battu à la présidentielle, et Chirac élu président, puis ce fut Sarkozy, Hollande, et Macron, et nous n’avons plus connu de période aussi périlleuse, depuis cette manifestation, les médias français parlent le moins possible du conflit israélo-palestinien, et font même parfois des efforts d’objectivité.

Le prix de la solidarité

Je suis solidaire avec Israël, que cela me plaise ou non, quand son image se dégrade, c’est la mienne qui est abîmée. Combien de fois ne m’a t-on pas parlé d’Israël en disant «ton pays» sans aucune animosité, de même mon ami kabyle qui vend au marché, m’a demandé « quand est-ce que tu retourne au bled ? ».

Cette solidarité transpire dans mes conversation, et dans tout mon être, et pourtant, je suis français, et n’ai à l’heure actuelle aucun projet pour changer de patrie. Mon image s’améliore ou se détériore en fonction de l’image de l’état d’Israël et de sa politique à la quelle je ne participe pas, et que je ne soutiens pas nécessairement. Comme Finkielkraut, je suis un « sale sioniste » pour certains.

Le mot sioniste n’est pas compris, par exemple Henri Rossi, lecteur du journal « Marianne » écrit : « L’antisionisme est idéologie qui consiste à s’opposer à la conception géopolitique mise en oeuvre par Israël dans les Territoires Palestiniens »

Cette définition montre l’impacte de la propagande sur les concepts, notre malheureux lecteur désapprouve la politique actuelle Israélienne, et j’ai la terrible mission de lui annoncer qu’il n’est en rien anti sioniste, il n’est pas hostile au « Mouvement dont l’objet fut la constitution, en Palestine, d’un État juif. »

Et moi-même suis-je sioniste ? si je l’étais, je militerais pour le départ des juifs français vers Israël, et je préparerais mes valises, mais tel n’est pas le cas. Objectivement, je suis a-sioniste, ni pour, ni contre, mais spectateur.

Le paradoxe de l’alliance sionistes-anti-sionistes

Par ce que le mouvement sioniste a réalisé son but, son évolution n’est qu’une déformation de plus en plus caricatural et désespérée des aspirations d’origine.

Aujourd’hui, plus de 40 % des juifs du monde entier habitent en Israël, et plus de 60 % des bébés y naissent.

Le gouvernement israélien reste sioniste, non pas en raison de sa stratégie de conquête et de peuplement des territoires habités aujourd’hui par les arabes Palestiniens, mais par sa volonté d’attirer à lui les juifs de la diaspora.

Cette démarche est pathétique, car vouée à l’échec. La population juive est en voie d’assimilation partout dans le monde, et les communauté de diaspora s’affaiblissent. Le départ des éléments les plus motivés vers Israël leur retire tout dynamisme. Les français juifs, comme moi, continueront à aimer Israël, mais n’y partiront pas massivement, pour toutes sortes de raisons par exemple, attachement à la France et à son climat, obstacles de la langue, prix exorbitant du logement, etc…

Le gouvernement israélien a bien tenté lors des poussées d’antisémitisme, de provoquer leur départ, des plans avaient même été conçus pour recevoir des foules de « réfugiés français », mais en vain, Netanyahu clame dans le désert, si quelques milliers partiront, surtout des religieux, une fraction reviendra.
Aussi longtemps que les autorités française protègeront les français juifs, et ne feront pas de l’antisionisme un des beaux arts, il n’y aura pas de départs massifs.

La démarche des anti sioniste est aussi pathétique, en mélangeant tous les concepts, ils diabolisent Israël, qui ne mérite, ni les excès de louange des uns, ni les excès de reproche des autres. Or l’image des juifs est solidaire de celle d’Israël, donc quand on s’acharne à expliquer qu’Israël est la source de tout ce qui va mal dans le monde, qu’il est à l’origine de tous les conflits, que les sionistes contrôlent la politique française et celle des États Unis, que les sionistes contrôlent les banques et sont responsables du chômage, qu’ils sont des tueurs d’enfant, que l’État d’Israël est un état criminel par nature, qu’il est un cancer à éradiquer etc… ils développent activement l’antisémitisme.

L’antisionisme est le moteur de l’antisémitisme actuel, et lorsque les juifs sont inquiets, voir maltraités, parfois assassinés, ils prennent peur, et envisagent de partir vers des cieux plus cléments, Israël bien sûr, là où beaucoup ont déjà de la famille, et où ils trouvent leurs racines, mais aussi pour ceux qui sont moins sensible aux traditions, il fuient vers les pays anglo-saxon dont on apprend la langue à l’école.
Autrement dit plus les anti sionistes sont actifs, plus les juifs partent en Israël et renforcent le pays. S’ils réussissaient à prendre le pouvoir en France, au travers de partis de gauche par exemple, l’exode des juifs s’amplifierait.

Tôt ou tard, Israël remettra en cause le sionisme

Tous ceux qui visitent Israël aujourd’hui sont frappés par sa jeunesse, la croissance démographique y est très forte, surtout chez les religieux juifs et arabes, qui sont en concurrence démographique entre eux, et avec les autres segments de la population.

Prenons un exemple , la population arabe de Gaza, Vous ne rêvez pas 250000 habitants en 1950, 2 millions aujourd’hui ! ils manquent d’eau, et l’eau qui suffisait pour 300 000 personnes peut-elle suffire pour trois millions ? et pourquoi pas trente millions si on continue ainsi ? ! et n’accusez pas Israël, ce n’est pas lui qui féconde les femmes de Gaza ! Les juifs religieux habillés en noir ont aussi une croissance démographique ahurissante, les familles de sept à dix enfants sont très fréquentes.

La course démographique entre juifs et arabe sur un pays très petit tend vers l’absurde, et m’évoque irrésistiblement le film de Charlie Chaplin « Le dictateur », où on voit les personnages d’Hitler et de Mussolini chez le coiffeur, qui montent leur siège pour être l’un plus haut que l’autre jusqu’au moment, où tout deux se retrouvent par terre.

Or imaginons que ces prochaines années, les antisionistes poussés par la minorité musulmane des États Unis rejoigne les antisémites américains traditionnels proches du KKK, et qu’un vent de panique souffle sur cette communauté de cinq millions d’âme, ils risqueraient de monter en Israël, qui serait obligé de les accueillir.

Le pays est petit, la rareté des sols entraîne nécessairement une hausse vertigineuse du prix du logement, les israéliens accepteront-il longtemps de voir des juifs étrangers acheter les meilleurs logements, et leurs enfants être dans l’incapacité de se loger ?

Le sionisme pourrait devenir moins populaire en Israël, et les réflexes nationalistes jouer comme dans tous les pays du monde, pour limiter l’immigration, et ce n’est que la rivalité démographique avec les arabes qui empêche cette évolution. Que se passerait-t-il en cas de paix ? L’avenir du sionisme est donc incertain pour des raisons internes.

Faut-il pénaliser en France l’anti sionisme ?

Des députés avaient tenté de présenter un projet de loi pour pénaliser l’antisionisme comme un délit raciste. Le projet a donné lieu à une levée de bouclier et n’a pas été retenu. Le Président Macron a tranché le débat, en prenant une nouvelle définition de l’antisémitisme qui inclut certaines formes d’anti sionisme. Traiter quelqu’un de sale sioniste ou de sale juif, c’est la même chose ! lancer des campagnes pour « mettre une étoile jaune » à tous ce qui est israéliens, artistes, marchandises ou savants est une forme de discrimination, et il existe déjà des lois pour cela.

Par contre il serait malvenu de considérer comme antisémite les critiques que certains pourraient faire concernant des décisions prises par tel ou tel gouvernement israélien.

L’antisionisme radical, tel qu’il est perçu dans certains milieux palestiniens et amis, consiste à rejeter le droit à l’existence d’Israël, et à souhaiter l’exil ou l’assassinat de ses millions d’habitants afin de retourner à une situation antérieure n’ayant jamais existé.
C’est bien sûr un projet criminel, qui refuse au seul peuple juif le droit à l’autodétermination.

Cet antisionisme conduit directement à l’antisémitisme, et à la violence, il est implicitement un appel à la guerre, voir au génocide, et dans ce sens mérite d’être sanctionné par la loi.

Toutefois en France, on a la fâcheuse tendance à faire des lois ad hoc pour chaque situation particulière, je crois qu’il est inutile de légiférer sur l’antisionisme, par contre il faut effectivement améliorer la définition des mots racisme et antisémitisme, autoriser les états, y compris Israël a porter plainte en cas de diffamation, faire condamner les appels à la guerre, où à la destruction d’états souverains comme des appels au meurtre, et appliquer nos lois, afin d’assurer la sécurité et la sérénité de tous dans le respect des valeurs de notre république.

http://www.mivy.fr/articles/19_02_anti-sionisme.html

à propos de l'auteur
Economiste de culture, passionné d'histoire, Michel recherche a comprendre le monde dans lequel nous vivons. Synthétiser des réflexions contradictoires permet parfois de faire jaillir la lumière.
Comments