Seule la destruction du régime iranien sauvera Israël

Des soldats Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé de l'Iran, défilant lors de la parade militaire annuelle marquant l'anniversaire du déclenchement de la guerre de 1980-1988 avec l'Irak de Saddam Hussein, à Téhéran, le 21 septembre 2024. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Des soldats Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé de l'Iran, défilant lors de la parade militaire annuelle marquant l'anniversaire du déclenchement de la guerre de 1980-1988 avec l'Irak de Saddam Hussein, à Téhéran, le 21 septembre 2024. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

Le Hamas, le Hezbollah, le Djihad Islamique, le FPLP, les Houthis et les milices irakiennes chiites ont un seul patron, et il se trouve à Téhéran.

Je ne comprends absolument pas l’incroyable mansuétude des États-Unis et d’Israël vis-à-vis du pire État terroriste de la planète.

L’Iran des ayatollahs et des Pasdarans est responsable de tous les malheurs d’Israël, et d’une partie de ceux des Américains, et pourtant ni l’un ni l’autre n’ont mené, jusqu’à aujourd’hui, d’actions décisives contre le régime iranien ; il aura fallu deux attaques directes de l’Iran contre Israël pour voir Israël riposter contre le territoire iranien en avril et en octobre 2024 mais de manière plus que limitée. C’est comme si pendant la Seconde Guerre mondiale, les Américains et les Britanniques avaient bombardé tous les pays alliés du IIIe Reich sans frapper vraiment l’Allemagne…

L’Amérique – première puissance militaire du monde – continue de laisser Téhéran l’attaquer via ses relais terroristes sans riposter directement sur le sol iranien : le 28 janvier 2024, trois soldats américains furent tués en Jordanie par des frappes exécutées par milices irakiennes soutenues par l’Iran : les États-Unis de Joe Biden répliquèrent en Syrie et en Irak mais pas directement contre Téhéran.

Bien plus récemment encore, le 19 février dernier, les Houthis (mouvement terroriste yéménite inféodé à l’Iran) lançaient pour la première fois un missile SAM (surface-air) contre un avion F-16 américain qui se trouvait proche des côtes du Yémen (l’avion ne fut pas touché), puis visèrent aussi un drone MQ-9 Reaper américain.

Avant cela, en novembre 2024, un agent travaillant pour l’Iran (d’origine afghane) était inculpé par les autorités judiciaires américaines pour un projet d’assassinat visant Donald Trump en personne.

Merrick Garland, l’ancien ministre de la Justice des États-Unis de l’administration Biden déclarait alors :

Peu d’acteurs dans le monde représentent une aussi grave menace pour la sécurité nationale des États-Unis que l’Iran.

Cet agent du régime iranien a été chargé par le régime de diriger un réseau de complices criminels pour mener à bien les projets d’assassinat de l’Iran contre ses cibles, y compris le président élu Donald Trump.

Des Yéménites mettant le feu à des drapeaux américains et israéliens lors d’une manifestation à Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis, le 27 décembre 2024. (Crédit : Mohammed Huwais/AFP)

Et pourtant ! Malgré la monstruosité paroxystique reconnue du régime iranien, Joe Biden n’a pas voulu attaquer la république islamique et n’a pas permis à Israël de frapper les infrastructures nucléaires et pétrolières des mollahs.

Bien plus surprenant, idem avec Donald Trump (pourtant ciblé personnellement) qui déclarait le 10 février dernier sur Fox news :

Tout le monde pense qu’Israël, avec notre aide ou notre approbation, va entrer et bombarder l’Iran. Je préférerais que cela n’arrive pas. Je préfère de loin voir un accord avec l’Iran où nous pouvons superviser, vérifier, inspecter, et ensuite le faire exploser ou simplement s’assurer qu’il n’y a plus de nucléaire.

Qui peut sérieusement penser que les vrais décideurs des massacres génocidaires du 7 octobre contre Israël pourraient s’asseoir à une table de négociation et laisser tomber le terrorisme – qu’ils pratiquent depuis 1979 – tout en cessant de vouloir se doter de l’arme ultime, seule garantie de leur survie ?

Je le répète, comment expliquer cette invraisemblable immunité consentie à la république islamique d’Iran ? Les États-Unis cherchent-ils à garder un levier (l’Iran) pour contrôler Israël (I’État juif devant se soumettre aux diktats américains pour obtenir l’aide militaire nécessaire à sa survie).

Si le régime des ayatollahs tombait, l’État hébreu se retrouverait sans ennemis ! Cela peut-il gêner l’Occident ? Ce dernier craint-il plus un Israël souverain et en paix qu’un régime terroriste tel que l’Iran ? La question mérite d’être posée.

En tout cas, si Téhéran se dote de l’arme nucléaire, Israël en premier lieu mais aussi le reste du monde basculeront dans l’épouvante géopolitique. L’Iran pourra dicter sa loi dans tout le Moyen-Orient et au-delà ! Cela n’a pas échappé à Nicolas Lerner, le patron de la direction générale de la sécurité extérieure française (DGSE) qui déclarait le 29 novembre 2024 :

[la menace nucléaire iranienne constitue] l’une des menaces, pour ne pas dire la menace la plus critique des mois à venir.

Imaginez ! Même Paris s’angoisse ! Il est donc extrêmement urgent qu’Israël, qui est la cible prioritaire des ayatollahs et des Pasdarans, lance enfin des attaques contre les installations nucléaires iraniennes, mais aussi contre les centres de pouvoir du régime de Téhéran et de son armée, et ce, avec ou sans l’aval des États-Unis.

Après tout – et même si la configuration géostratégique était moins difficile – Israël frappa et détruisit les programmes nucléaires militaires irakien en 1981 (opération Opéra) et syrien en 2007 (opération Orchard). Les plans de l’État major de Tsahal sont prêts en cas de feu vert politique.

La république islamique d’Iran s’attend, dit-on, à l’heure où j’écris cet article, à une attaque combinée israélo-américaine contre ses installations nucléaires. Si cette opération a lieu (action qui contredirait les propos de Donald Trump) alors le locataire de la Maison Blanche réaliserait une grande partie de son souhait émis pour son second mandat : celui de devenir le pacificateur (peacemaker) du monde. Pour cela – et il aura été grandement aidé par Israël – il faut qu’il en finisse une fois pour toute avec le régime génocidaire de Téhéran qui terrorise la planète depuis 1979 !

à propos de l'auteur
​Frédéric Sroussi est journaliste et essayiste. Il a collaboré, entre autres, au Journal du Parlement français, à l'édition française du Jerusalem Post, à la revue de l'Instituto Centroamericano de Prospectiva e Investigación (ICAPI), à la revue France-Israël Information, à Front Populaire, Tribune Juive et Atlantico. Il est aussi l'auteur de trois essais dont un ouvrage collectif pour les éditions du Centre Pompidou de Paris.
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