Salomon Takka et le concert de l’isolement

Les proches de Solomon Tekah à son enterrement, à Kiryat Haim, le 2 juillet 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les proches de Solomon Tekah à son enterrement, à Kiryat Haim, le 2 juillet 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Nous avons tous été profondément choqués par le terrible assassinat de Salomon Tekah, abattu par un policier. On nous annonce ad hoc, un concert en grande pompe en sa mémoire début août, mais à y regarder de près, les artistes réunis sont tous d’origine éthiopienne dans un pays où la diversité sociale régit la société israélienne.

Ce concert est l’exemple d’une communauté qui s’isole elle-même socialement. Son mode de vie, ses fréquentations et ses relations avec les autres, risquerait suite à cet événement imprévu, d’induire un comportement qui l’isole de son groupe national et le rend solitaire.

Ce comportement semble être le reflet du degré de la perte du patrimoine juif non quantifiable d’expérience sociale.

Son « élite » aussi se singularise par son isolement dû à sa capacité à vivre replier sur elle-même. Elle crée ainsi elle-même l’isolement de ses membres en lui rendant inaudible.

Israël vit une époque où se manifeste une grande nécessité de créer une cohésion nationale. Chaque citoyen israélien devrait représenter un petit microcosme de la civilisation juive qui nous est familière.

L’Etat a besoin d’un discours qui institue une pensée nationale fondée sur l’harmonisation des formes idéales et idéelles d’Israël.

Les relations sociales et les règles qui régissent la société israélienne exige une prise de conscience du caractère collectif de cette expérience. Dans la grande variété de formes des migrations (Aliyot) vers Israël au cours de période précédente, le modèle occidental s’est imposé. Une société qui encourage l’esprit de compétition.

Les plus éduqués sont à la conquête des biens de consommation et à la recherche du profit dans la concurrence. L’adaptation y est de mise.
Ceci vise à répondre à cette question à partir d’une sémantique désuète centrée sur ce que l’on désigne aujourd’hui comme le « Yotséh Ethiopia».

à propos de l'auteur
Guershon Nduwa est le président de la communauté juive noire de France.
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