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Rester debout

Une illustration d'une menorah allumée, pendant la fête juive de Hanoucca, à Jérusalem, le 16 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Une illustration d'une menorah allumée, pendant la fête juive de Hanoucca, à Jérusalem, le 16 décembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Lorsque le Hamas a envahi Israël le 7 octobre 2023 et a commis le pire des pogroms depuis la Shoah, ces barbares espéraient terroriser les Juifs, les Israéliens et impressionner le monde arabo-musulman. Il est vrai que nous avons été terrorisés dans un premier temps. Mais rapidement les Israéliens se sont relevés et ont combattu pour ramener les otages, éradiquer cette armée sanguinaire et continuer à vivre.

Dans le monde, les Juifs qui ont été stigmatisés, menacés, boycottés et attaqués dans la foulée, se sont aussi organisés pour assurer leur sécurité et demander la libération des otages.

Cette semaine nous célébrons Hanoukka

Ce n’est pas simplement la fête des lumières, du combat de la lumière contre l’obscurité. C’est aussi et surtout la célébration de la résistance juive face aux volontés d’effacement.

Il n’est pas question ici de résistance comme l’entendent les idiots utiles de l’islamisme sur les campus universitaires occidentaux ou dans les médias qui reprennent systématiquement les lignes de propagande du Hamas. Non, il s’agit de l’affirmation de son identité, le refus de se laisser effacer, la revendication de sa différence dans un monde hétérogène.

En bref le cauchemar de toute pensée totalitaire

Et ce n’est pas pour rien si tous les empires, les civilisations et régimes autoritaires et dictatoriaux ont toujours eu comme première cible les Juifs.

Ce n’est pas comme certains le pensent parce que les Juifs sont détestables. Aucun groupe ethnique ne peut être détestable dans son ensemble à moins de considérer scientifique le racisme et l’eugénisme.

Les Juifs sont haïs parce qu’ils dérangent, à vouloir exister comme ils le désirent, et à ne pas rentrer dans le rang de la norme générale.

Les Juifs constituent une minorité et le seront toujours d’après nos propres textes

Et lorsqu’il est question de « peuple choisi » (encore une mauvaise traduction), il s’agit de porter le message de la différence dans l’universel. C’est de ce message qu’il s’agit. Et c’est cette farouche volonté de revendiquer le particularisme dans l’universel qui exaspère au plus haut point tous ceux qui rêvent d’un monde uniforme.

Aujourd’hui les auto-proclamés « progressistes » – qui n’ont de progrès que le nom – boycottent Israël et les Juifs, les accusent de génocide envers et contre toute réalité factuelle et adoptent un discours uniforme qui refuse toute critique vue comme une attaque. Le petit manuel de la pensée totalitaire quoi.

Le peuple juif ne peut qu’être en totale opposition avec cette pensée lorsque l’on connaît la base de l’étude juive, qui incite au débat et à la remise en question.

L’attentat de Sydney a ébranlé la planète entière mais les Juifs et les Israéliens n’ont pas été surpris

Une femme serre son enfant dans ses bras après une fusillade lors d’un événement organisé à l’occasion de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025 (Crédit : DAVID GRAY / AFP).

Malheureusement. Et combien nous aurions voulu avoir tort lorsque l’on disait que la rhétorique ambiante, la complaisance envers les manifestations de haine dans les rues occidentales appelant à gazer les Juifs ou globaliser l’intifada, ne conduirait qu’à une hémorragie de haine.

Nous y sommes. Mais ce n’est pas la fin.

En revanche, ce dont les Juifs se sont rappelés, c’est que nous avons toujours survécu à toutes les tentatives d’éradications.

Les systèmes totalitaires, comme la Grèce d’Antiochus dans le cas de Hanoukka, se sont tous effondrés.

Les nazis ont perdu et nous sommes revenus sur notre terre ancestrale. Et enfin nous sommes citoyens de notre État sans avoir à quémander pour notre protection.

Notre destin est entre nos mains et les menaces, si elles doivent être prises au sérieux, ne doivent pas nous amener à nous excuser d’être ce que nous sommes.

Et les Juifs du monde entier l’ont également compris

Ils lèvent la tête et refusent d’abdiquer face à l’intimidation qui est devenue monnaie courante dans le monde « libre ».

Le Juif est un lanceur d’alerte, celui qui prévient qu’un plus grand désastre attend le reste de la société. Et l’histoire le prouve. Un système totalitaire comme l’islamisme ne supporte pas la contradiction. Une fois éliminés les plus bruyants contradicteurs que sont les Juifs, ils s’attaqueront aux autres.

Mais les Juifs ne seront pas éliminés, et les attaques contre les cafés à Paris, les salles de spectacles comme le Bataclan ou des concerts de pop stars ont déjà eu lieu. Mais n’est pas plus aveugle celui qui refuse de voir…

Ou alors il faudrait écouter les musulmans qui mettent en garde l’Occident contre l’islamisme

Tous ces pays comme les pays du Golfe qui ont banni les Frères musulmans et autres islamistes. Non pas que ces pays soient des modèles de démocraties ou de libéralisme, mais ils savent que même leurs régimes sont en danger face à cet islam radical dans lequel bon nombre de musulmans ne se reconnaissent pas. Comme ceux qui ont quitté leur pays car gangrené par l’intolérance et venus chercher asile et liberté en Occident, et se retrouvent face aux mêmes censeurs.

Comme ce musulman qui a désarmé un des djihadistes qui tiraient à bout portant sur des familles venues se rassembler pour célébrer une fête joyeuse. Des islamistes ont tué des Juifs et un musulman en a sauvé.

Quand l’Occident sortira de son complexe de culpabilité et de sa lâcheté, alors il comprendra que la lutte contre l’islamisme n’est pas une lutte contre les musulmans mais un combat pour la liberté de chacun d’entre nous. Un combat pour tous ceux qui veulent exister dans leur différence, qu’elle soit ethnique, religieuse, sexuelle ou autre.

En attendant, les Israéliens continueront de lever la tête, insensibles aux tentatives des nouveaux Inquisiteurs de les empêcher d’exister comme ils l’entendent. Et ça, c’est peut-être la seule victoire dont on peut être fiers.

Rester debout.

à propos de l'auteur
Née à Paris, ancienne avocate au Barreau de Bruxelles, Myriam a quitté l’Europe en 2005 pour s’installer à Montréal, où elle est devenue une travailleuse communautaire au FNJ-KKL puis directrice des relations communautaires et universitaires pour CIJA, porte parole officiel de la communauté juive, avant de faire son alyah. Après un passage au Keren Hayessod, une activité de consultante en relations publiques pour des clients canadiens, européens et israéliens, elle est désormais DIrectrice des missions en Israel pour CIJA.
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