Nakba-Al Jazeera : propagande, mensonges et incitation à la haine

Bannière représentant Shireen Abu Akleh, journaliste d'Al Jazeera, dans la vieille ville de Jérusalem à son lieu de sépulture, le vendredi 13 mai 2022. (AP Photo/Ariel Schalit)
Bannière représentant Shireen Abu Akleh, journaliste d'Al Jazeera, dans la vieille ville de Jérusalem à son lieu de sépulture, le vendredi 13 mai 2022. (AP Photo/Ariel Schalit)

Sans scrupule, sans respecter les règles fondamentales du journalisme, la presse internationale s’est précipitée pour accuser les soldats de Tsahal d’avoir « tuer froidement » et avec « préméditation » la correspondante d’Al Jazeera, Shireen Abou Akleh, devenue une célèbre martyre de la cause palestinienne.

Pour l’heure, personne ne sait précisément qui a tiré sur la journaliste à Djénine. La communauté internationale et les médias exigent une commission d’enquête tandis que les Palestiniens refusent toute collaboration et rejettent la proposition israélienne pour entamer une investigation commune afin de dévoiler toute la vérité. Ne veulent-ils pas la connaitre ?

En réalité, les leaders palestiniens ne sont guère préoccupés par la liberté de la presse ni de la mort de la journaliste. A la veille de la visite du président Biden à Jérusalem, Mahmoud Abbas profite de l’escalade et de la journée de la Nakba pour attirer l’attention de la presse internationale et des chancelleries sur « les crimes de l’occupation israélienne ».

Sans tarder, la Maison Blanche et le Département d’Etat américain exigent des « explications » sur le « comportement inadmissible » de la police israélienne lors des obsèques de la journaliste Abou Akleh. Comment ne pas condamner la violence, les heurts, les jets de pierres, et la provocation de milliers de jeunes palestiniens hystériques, et déchainés durant les funérailles ? Comment les policiers américains ou français auraient-ils réagi dans ces circonstances ?

Nous assistons à une sorte de répétition de l’affaire Mohamed al Doura orchestrée à l’époque par le correspondant de France 2. Ce reportage de 27 secondes a été une « source d’inspiration » et a servi à justifier le terrorisme, l’antisémitisme, et la délégitimation de l’Etat juif. L’image choc a été diffusée et rediffusée sur toutes les chaînes de la planète et a déclenché dans les Territoires et en Israël des vagues de protestation, de haine et de violence.

Dans cette nouvelle affaire aussi, la désinformation, la manipulation et le mensonge gagnent les chefs palestiniens, orfèvres en la matière devant la colère et la frustration des autorités israéliennes. Nous regrettons que certains responsables et journalistes israéliens critiquent par avance la crédibilité de Tsahal et s’excusent. D’autres, comme de coutume, évoquent les retombées d’une occupation infinie en justifiant la résistance palestinienne. Mais quel rapport y-a-t-il avec la réalité, les faits sur le terrain et la vocation de la presse ? Les correspondants sont-ils des combattants pour une cause nationale ou religieuse ? N’ont-ils pas choisi volontairement et de plein gré leur métier ?

Hier comme aujourd’hui la version palestinienne est toujours plus crédible aux yeux de certains journalistes qui couvrent le conflit arabo-israélien. Pourtant, il ne fait aucun doute que la presse est totalement libre en Israël. Les correspondants exercent leur métier sans contrainte et possèdent tous les avantages d’un pays démocratique. L’accréditation est donnée également à des journalistes étrangers en provenance de pays dont nous n’avons pas avec eux de relations diplomatiques officielles, pour exemple, le Qatar, siège d’Al Jazeera.

Cette chaine d’information internationale est atypique et ne peut être qualifiée selon les critères des télévisions étrangères. Elle diffuse en plusieurs langues mais ne respecte pas toujours la déontologie et l’éthique journalistiques. En 1996, l’Emir du Qatar lance cette chaine avec un budget faramineux, des studios ultramodernes, et un agenda politique claire dictée par la confrérie des Frères musulmans.

Les reportages diffusés, en arabe et en direct, ne sont pas toujours contrôlés et sont souvent tronqués. Nous l’avons constaté particulièrement durant la Deuxième intifada en septembre 2000, pendant la Deuxième guerre d’Irak en 2003, lors du Printemps arabe déclenché en Tunisie en 2011, puis en Egypte et en Syrie. Cette chaine de propagande avait également accusé Israël d’avoir empoisonné Arafat…

Durant plus de 25 ans, elle a diffusé un déluge de nouvelles tronquées, et pourtant une grande partie de la presse internationale et plusieurs chancelleries font toujours la sourde oreille.

Comment donc admettre une désinformation rabâchée quotidiennement et des mensonges systématiques ?

Sur cette chaine, les débats sur les différents plateaux de télévision sont aussi houleux, une véritable cacophonie haineuse. Le but précis est de semer la zizanie, créer des scandales, des troubles dans le monde arabe et surtout haïr Israël. La connivence avec les groupes terroristes islamistes et les régimes arabes anti-américains est également transparente, flagrante. Hier, Ben Laden d’al Qaïda et Saddam Hussein d’Irak. Aujourd’hui, Daesh, le Hezbollah et le Hamas.

Le Qatar utilise Al Jazeera pour jouer un rôle d’influence et servir d’intermédiaire pour régler des conflits locaux.

Ambitieux, fiers et prétentieux, les émirs du Qatar pensent pouvoir conquérir le monde grâce aux ressources, et l’argent plein les poches. Ils ne connaissent pas de limites et souvent ils franchissent des lignes rouges en intervenant dans des crises, en hébergeant des terroristes palestiniens ou en offrant un refuge à un ancien député arabe israélien, accusé d’espionnage au profit du Hezbollah.

Ces jours-ci, la visite à Téhéran de l’émir du Qatar a été exploité pour accuser « les crimes » d’Israël et surtout pour accélérer la signature du programme nucléaire. A l’approche des jeux pour la Coupe du monde de football à Doha, le minuscule émirat souhaite améliorer son image avec de l’argent comptant.

Le Qatar est dirigé par une minorité de nouveaux riches qui exploitent une majorité de pauvres travailleurs étrangers, bafouant toutes les règles syndicales élémentaires.

Dans les pays démocratiques, il n’est pas nécessaire d’obtenir une licence ou un permis pour pouvoir exercer le métier de journaliste. Certains tombent souvent dans le piège de la manipulation exercée volontairement ou involontairement par les différentes sources, par des informateurs qui se trouvent sur le terrain ou par des politiques. Parfois, la nouvelle est lancée sans vérification sérieuse et la dépêche de l’AFP ou de Reuter est reprise automatiquement par tous les médias.

Rappelons que la vérification des sources et leur croisement, la relecture et la correction du travail journalistique ainsi que le respect scrupuleux des standards de l’objectivité sont primordiaux et indiscutables à la lumière des événements et de l’actualité brûlante.

Nous rendons un hommage à tous les correspondants de guerre, à tous ceux à travers le monde qui risquent leur vie dans des zones de danger mortel. Leur but n’est pas de défendre un camp et combattre une cause, mais rapporter des nouvelles et des images crédibles en provenance du champ de bataille.

Cessons aussi tous les amalgames avec les autres conflits armés de la planète. Aucune comparaison à faire avec les guerres dévastatrices en Syrie, en Irak ou au Yémen, les guerres menées également par les pays de l’Otan, ou avec celle qui se déroule actuellement en Ukraine.

Tsahal combat le terrorisme palestinien pour protéger des civils sans défense. Rappelons que 19 israéliens ont été tués, assassinés sauvagement.

Les raids sont ponctuels et précis justement pour éviter la mort d’innocents. Tsahal est l’une des rares armées au monde qui enquête minutieusement sur chaque incident et reconnaît sans équivoque les erreurs commises. Des soldats et officiers israéliens sont parfois inculpés, du jamais vu au sein des armées occidentales.

C’est dans ce contexte compliqué et sensible que les correspondants étrangers devraient accomplir leur travail professionnel. La critique est certes légitime mais les préjudices, la désinformation et la délégitimation sont inadmissibles.

Nous devons poursuivre sans relâche notre devoir pour dévoiler toute la vérité sur le conflit, tout en dénonçant le fléau qui anime la propagande mensongère des palestiniens et une certaine presse. Nous devons mettre au pilori cette minorité de journalistes, tous ces intellectuels engagés et moralistes prétendant détenir le monopole de la vérité.

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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