Réhabiliter le sionisme : le regard d’un Syrien
J’ai grandi en Syrie, nourri par une propagande qui faisait du mot « sionisme » une insulte, et du peuple juif un ennemi. Aujourd’hui, après avoir découvert la réalité, je vois dans le sionisme non pas une idéologie de domination, mais un mouvement de liberté et d’humanisme. Le réhabiliter est une condition pour la paix au Moyen-Orient.
Mon enfance en Syrie : le sionisme comme insulte
En Syrie, le mot sionisme n’était jamais neutre. Dans les écoles, dans les discours officiels, il servait d’insulte. On nous répétait qu’il s’agissait d’une idéologie raciste et coloniale destinée à écraser les Arabes. Je n’avais jamais rencontré d’Israélien, mais j’avais déjà appris à les haïr.
Cette diabolisation servait un but précis : détourner la colère des peuples arabes de leurs propres régimes et fabriquer un ennemi extérieur commun.
Découvrir la réalité : un mouvement de libération
En quittant la Syrie, puis en découvrant la France et enfin Israël, j’ai compris la vérité.
Le sionisme n’est pas une idéologie de domination, mais une aspiration à la liberté.
C’est un mouvement de libération nationale né du refus de voir un peuple éternellement persécuté.
Face aux pogroms, à la Shoah et aux expulsions des Juifs du monde arabe, le sionisme a apporté une réponse simple et juste : permettre aux Juifs de retrouver leur terre, d’assurer leur sécurité et leur dignité.
Le sionisme : une lutte d’émancipation comme les autres
Le sionisme appartient à la grande famille des luttes de libération nationale.
Quand les Algériens se sont battus pour leur indépendance, ou quand l’Inde s’est libérée de l’Empire britannique, le monde a reconnu la légitimité de ces combats. Pourquoi le nier aux Juifs ?
Israël n’est pas une colonie étrangère imposée de l’extérieur : c’est le retour d’un peuple sur sa terre ancestrale.
Pourquoi réhabiliter le sionisme aujourd’hui ?
- Parce qu’il a été diabolisé à dessein
Dans le monde arabe, le mot a été transformé en injure, avant de contaminer l’Occident. Réhabiliter le sionisme, c’est rétablir la vérité.
- Parce que c’est un mouvement de libération nationale
Ce que l’on célèbre ailleurs – indépendance, dignité, autodétermination – est refusé aux Juifs. Il faut briser cette hypocrisie.
- Parce qu’il porte un humanisme
Le sionisme affirme la dignité et la liberté, protège les minorités et a bâti une démocratie dans un océan de dictatures.
- Parce que son rejet nourrit la haine
L’antisionisme sert trop souvent de masque à l’antisémitisme. Réhabiliter le sionisme, c’est couper court à cette mécanique de haine.
- Parce qu’il est une condition de paix
On ne construira pas la paix sur la négation d’Israël. La paix exige la reconnaissance du sionisme comme légitime et durable.
Le sionisme : un humanisme universel
Au-delà d’Israël, le sionisme est une leçon universelle. Il montre qu’un peuple peut renaître et bâtir une société vivante, innovante, ouverte.
Contrairement aux slogans accusateurs – colonialisme, apartheid, génocide – la réalité est à l’opposé : Israël est un laboratoire de coexistence où Juifs, Arabes, Druzes, chrétiens et musulmans vivent ensemble, malgré les tensions.
J’ai longtemps pensé que le sionisme était l’ennemi de la paix. Je sais aujourd’hui que c’est le contraire. Tant que les peuples arabes ne reconnaîtront pas sa légitimité, ils resteront prisonniers de frustrations et d’illusions. Le jour où ils l’accepteront, ils découvriront en Israël non un adversaire mais un partenaire.
Je suis Syrien. J’ai été élevé dans le rejet. Et c’est pour cela que j’affirme aujourd’hui : le sionisme est une chance pour le Moyen-Orient. Le défendre, c’est défendre la dignité, la liberté et la coexistence.

