Quelle pourrait être la riposte israélienne à l’attaque iranienne ?

Une image diffusée par l'armée de l'air montrant des avions revenir après l'interception de missiles et de drones iraniens, le 14 avril 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Une image diffusée par l'armée de l'air montrant des avions revenir après l'interception de missiles et de drones iraniens, le 14 avril 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’Iran a encerclé les pays sunnites ainsi qu’Israël et agit par le biais de ses milices chiites surarmées en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen.  Actif sur tous les fronts, l’Iran poursuit son enrichissement d’uranium à des niveaux alarmants.

Cette fois-ci, l’Iran lance une attaque directe contre Israël : 150 drones, 70 missiles de croisière et 100 missiles balistiques. La défense israélienne a fait intervenir le système Fronde de David, le Dôme de fer ainsi que le bouclier antimissile Arrow (Hetz en hébreu). Les engins iraniens ont été également interceptés par l’aviation israélienne et le résultat a été miraculeux. Israël a également bénéficié du soutien logistique américain incluant l’intervention armée à partir des bases américaines au Sud de la Syrie.

Les cibles visées par les attaques restent à déterminer, car l’écrasante majorité des aéronefs iraniens ont été abattus dans les airs. Quant à l’intervention éventuelle du Hezbollah, elle reste une question ouverte. Même si la défense antiaérienne d’Israël se révèle efficace, la capacité à faire face à la quantité importante de missiles et de roquettes dont dispose le Hezbollah – entre 120 000 et 200 000 – reste une préoccupation majeure.

L’obsession anti-israélienne de l’Iran relève de la psychiatrie. Après des décennies d’appels à la destruction d’Israël par les dictateurs des pays voisins, c’est maintenant au tour de l’Iran d’utiliser la carte palestinienne pour subjuguer les masses au Moyen-Orient. Qui plus est, le fanatisme religieux des mollahs chiites est des plus endurcis. On se rappellera que durant la guerre irako-iranienne, des milliers d’enfants furent envoyés dans des champs de mines pour faire la place à la troupe.

Le sort des Palestiniens ou des Yéménites – un enfant yéménite meurt de faim toutes les dix minutes – importe peu aux mollahs iraniens. Le monde retient son souffle. Les pays occidentaux craignent les débordements de radicaux fanatisés sur leur propre territoire. Une victoire iranienne ne s’arrêterait pas là. En toute probabilité, les pays sunnites et l’Europe seront les prochaines cibles.

Le président Biden s’est engagé à se porter à la défense d’Israël et à coordonner avec lui les mesures qu’il prendra. Même la Jordanie a menacé d’abattre tout aéronef iranien qui survolerait son territoire. Le silence de la Russie qui s’apprêtait à devenir le fer de lance de l’opposition à Israël est certainement dû à la consternation devant l’efficacité de sa défense anti-aérienne.

L’Iran dispose d’une armée de 580 000 personnes, avec 200 000 réservistes, parmi lesquels les Gardes de la Révolution iranienne qui forment un corps autonome. Une unité d’élite, Al-Qods, est chargée de l’armement et de l’entraînement des milices chiites dispersées dans le Croissant fertile et au Yémen. Ces milices sont également équipées de drones, de missiles de croisière et de missiles balistiques. De plus, l’Iran importe des submersibles nord-coréens et développe une flotte militaire conséquente.

Un drone iranien Kaman-22 transporté sur un camion lors d’un défilé militaire annuel marquant la guerre Iran-Irak, devant le sanctuaire du fondateur de la révolution, l’ayatollah Khomeini, juste à l’extérieur de Téhéran, en Iran, le 22 septembre 2023. (Crédit : Vahid Salemi/AP Photo)

Les bases militaires iraniennes sont dispersées, et certaines sont souterraines et fortifiées. L’aviation militaire iranienne comprend des appareils datant de l’ère du Shah, auxquels s’ajoutent quelques aéronefs russes. Par contre l’industrie des drones et des missiles est très importante. Les options d’Israël face à cette situation complexe sont limitées, mais cruciales :

  • L’attente passive n’est pas une option viable pour Israël.
  • L’utilisation des avions furtifs F-35 pour cibler les installations d’armement et les sites nucléaires iraniens est une possibilité sérieuse.
  • Une attaque par impulsion électromagnétique pourrait perturber les systèmes électroniques et de communication de l’Iran, mais cela nécessiterait une planification minutieuse et pourrait avoir des conséquences imprévues.
  • En cas d’implication massive du Hezbollah, les dommages pour Israël pourraient être graves, surtout si des infrastructures vitales comme l’eau et l’électricité étaient visées. En toute probabilité, Israël répondrait avec une force terrestre significative pour neutraliser les menaces du Hezbollah.
  • Si le Conseil de sécurité de l’ONU ne condamne pas l’Iran de façon catégorique, il n’y aura plus de raison pour qu’Israël ne réagisse pas fortement.

Les pays sunnites sont également concernés par cette escalade. Ils pourraient avoir intérêt à s’allier à Israël pour contrer la menace iranienne. 30% de l’économie de l’Égypte dépend du canal de Suez et les attaques houties dans le détroit de Bab el-Mandeb (au Sud-ouest de l’Arabie) ont déjà et des conséquences sur l’économie égyptienne. L’Arabie saoudite est confrontée à des attaques de missiles iraniens lancés par les Houtis du Yémen.

La crainte d’une confrontation globale qui pourrait entraîner des dommages économiques majeurs en perturbant l’industrie pétrolière des pays du Golfe et l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz par le détroit d’Ormuz (au Sud- est de l’Arabie) est réelle, car elle pourrait conduire à une récession économique à l’échelle de la planète.

à propos de l'auteur
Dr. David Bensoussan est professeur d’électronique à l’École de technologie supérieure. Il a été président de la Communauté sépharade unifiée du Québec et a à son actif un long passé d’engagement dans des organisations philanthropiques. Il a été membre de la Table ronde transculturelle sur la sécurité du Canada. Il est l’auteur de volumes littéraires dont un commentaire de la Bible et du livre d’Isaïe, un livre de souvenirs, un roman, des essais historiques et un livre d’art.
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