Quel est le risque de faillite sur le marché obligataire israélien en décembre 2020 ?
Quel est le risque global de faillite sur le marché obligataire israélien en décembre 2020 ?
Ces dernières années, les épargnants qui ont prêté de l’argent aux entreprises qui ont emprunté sur le marché financier israélien, ont dû faire face à des faillites retentissantes et n’ont pu souvent récupérer qu’une petite partie de leur investissement.
Récemment, un des plus grands conglomérats israélien, la société IDB qui avait émis des obligations de plusieurs milliards shekalim a fait faillite avant d’être racheté. La semaine dernière, la société ol-yair limited qui avait également emprunté sur le marché financier israélien 2.5 milliards de shekalim a annoncé l’arrêt temporaire de tous les payements dus aux investisseurs. La solidité du marché obligataire a aussi un impact considérable sur l’épargne à long terme et particulièrement sur les retraites.
La banque d’Israël a publié il y a quelques mois une étude qui concluait que 30 pourcent des sociétés cotées à la bourse de Tel Aviv risquaient de faire faillite. Cependant, il est utile de souligner que cette étude ne se cantonnait pas aux sociétés qui avaient émis des obligations.
Or, lorsqu’un investisseur achète une action et surtout dans la haute technologie, il est conscient que la société n’est pas obligatoirement solvable, ce qui n’est évidemment pas le cas de l’épargnant qui achète une obligation et qui n’est intéressé que par la capacité de l’entreprise à payer les intérêts et la dette. De plus, cette étude rappelait le fait qu’avant la crise du covid 19, certaines entreprises se trouvaient déjà en état d’insolvabilité.
La banque d’Israël s’est d’ailleurs engagée à intervenir sur le marché obligataire pour éviter un effondrement des cours pour une somme de 15 milliards de shekalim, en précisant cependant que cela ne concernait que les sociétés israéliennes et seulement celles qui avait une bonne notation. D’ailleurs les deux faillites retentissantes que nous avons mentionnées étaient déjà dans une situation financière délicate avant la crise sanitaire.
Les entreprises de notation (maalot et midroug) ont baissé la notation de près de 30 sociétés depuis le début de la crise. Cependant, il est nécessaire de souligner que l’autorité des marchés financiers en Israël, la bourse et beaucoup d’analystes financiers mettent en cause leur méthodologie et qu’elles sont considérées comme peu fiables.
En effet, leur analyse ne peut être vraiment objective, car leurs seules ressources proviennent des sociétés qu’elles notent et que ces dernières peuvent à tout moment ne plus les employer. Par exemple, la société ol –yair limited que nous avons mentionné plus haut, avait une note convenable avant son annonce de cessation de paiements. Ce n’est qu’après cette annonce, que la société de notation lui a décerné une note C qui correspond à un risque probable de faillite et qui a entrainé la radiation de cette société des indices obligataires à la bourse de Tel-Aviv.
La rentabilité des obligations : la panique de février mars qui a fait fuir surtout les petits épargnants du marché obligataire (plusieurs dizaines de milliards de shekalim) a entrainé un effondrement des cours. Puis au cours du second et troisième trimestre, les cours se sont rétablis surtout après l’annonce de la banque d’Israël de son intention d’intervenir sur le marché obligataire pour soutenir les cours des sociétés israéliennes.
De plus, dans notre analyse financière que nous avons publié dans the times of Israël (4 /08/2020), nous avons conclu que le marché obligataire était sous-évalué. Au mois de novembre, la tendance haussière du marché obligataire s’est renforcée à tel point que les cours sont revenus à leur niveau de début 2020.
Modèle Gugenheim : Nous publions depuis plusieurs années dans la presse financière israélienne un indice permettant de mesurer le risque de non remboursement des sociétés qui ont emprunté sur le marché financier israélien. Ce modèle qui est inspiré des théories d’universitaires français en gestion financière des années 80 s’est trouvé particulièrement performant sur les sociétés israéliennes en décelant par avance les sociétés en cessation de payement de ceux qui restaient viables. Il est principalement basé sur l’analyse de la trésorerie des entreprises et non sur le bénéfice comptable ou le rapport entre les actifs et dettes à court terme (fonds de roulement).
Ce modèle réactualisé au moins une fois par trimestre présente d’une part un indice global de risque de faillite sur le marché obligataire israélien (de 1 à 10, à partir de 5, nous déconseillons l’investissement sur le marché obligataire) et d’autre part le nombre d’entreprises par catégorie de huit risques de faillites (aaa jusqu’à bbb).
Conclusion : L’analyse des résultats financiers des sociétés (décembre 2015- septembre 2020), montre qu’il y a eu une diminution très importante du bénéfice sur les 9 premiers mois de 2020 par rapport à la même période de 2019. Ce n’est d’ailleurs qu’au dernier trimestre que ce résultat redevient positif. Par contre, le niveau du flux de trésorerie et la capacité des sociétés à payer les dettes à court terme mesurée par le fonds de roulement sont tout à fait satisfaisantes.
| Flux de trésorerie | Bénéfices | Fonds de roulement |
Index global risque de faillites |
|
| 2015 | 3.0% | 3.0% | 4.5% | 1 |
| 2016 | 3.2% | 3.5% | 6.8% | 5 |
| 2017 | 1.2% | 3.5% | 8.2% | 5 |
| 2018 | 1.7% | 2.9% | 7.2% | 5 |
| Janvier –septembre 2019 | 2.0% | 1.7% | 5.7% | 1 |
| 2019 | 3.7% | 2.7% | 5.6% | 1 |
| Janvier – mars2020 | 0.9% | (0.3%) | 4.8% | 2 |
| Janvier – juin2020 | 1.3% | 0% | 3.6% | 1 |
| Janvier – septembre 2020 | 2.5% | 0.5% | 5.7% | 1 |
Cette constatation surprenante, malgré les effets néfastes du second confinement est corrobée par le fait qu’il n y a pas d’augmentation significative d’entreprises dont les experts comptables chargés de vérifier leur bilan ont averti que l’entreprise risque d’être en cessation de payements.
Le niveau relativement bas du bénéfice comptable est dû en partie à l’activité certains secteurs comme le tourisme qui sont pratiquement à l’arrêt depuis le début de la crise du covid 19, ainsi qu’à la prudence des experts comptable dans l’évaluation des conséquences économiques de la pandémie.
Cependant, comme d’ailleurs le soulignent les sociétés de cotation internationales qui analysent la situation macroéconomique d’Israël, la capacité globale du remboursement des dettes contractées sur les marchés financiers n’a pas été affecté, surtout en comparaison avec les autres pays de l’OCDE.
Nous espérons que les chiffres du quatrième trimestre confirmeront cette tendance, comme d’ailleurs l’activité économique en octobre et novembre semblent l’indiquer. Nous ne manquerons pas dans cette tribune d’en faire écho dès que nous le pourrons…
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