Quatre mariages et un enterrement

J’ai toujours pensé que l’œuvre et l’artiste étaient dissociables. Je n’en voudrais pour preuve que si Voyage au bout de la nuit, publié en 1932 – qui valut le prix Renaudot à son auteur et ne rata le Goncourt que de deux voix – peut être, à juste titre, considéré comme un classique de notre littérature, ce dernier n’en fut pas moins un individu ignoble dont le décès en 1961 laissa le monde pour le moins indifférent.
La mort ne saurait blanchir quiconque, et ce, quels que soient ses mérites. Rien ne saurait nous faire oublier les propos de celle qui fut, sans nul doute à son corps défendant, l’égérie d’une forme de féminisme, mais dont on ne peut oublier les propos pour le moins en marge des valeurs républicaines.
Je tiens à remercier la rédaction de ce site de m’avoir laissée exprimer mes opinions en toute liberté. Même si je ne saurais renier mes origines, et encore moins notre culture, j’ai toujours eu à cœur prendre une certaine distance avec notre religion, ayant toujours estimé que chacun (et chacune) était libre de ses choix à partir du moment où ces derniers ne sauraient empiéter sur la liberté de l’autre.
Mais, c’est au nom de cette liberté que je ne peux que m’élever contre les propos tenus par l’actrice disparue contre les pratiques, qu’elles soient casher ou halal, au nom du bien-être animal.
Que le lecteur m’excuse, mais même la mort ne saurait exempter un être disparu de ses fautes passées. Cette dernière ne saurait être une clé ouvrant les portes du paradis, faisant soudainement apparaître le défunt comme un être exemplaire, débarrassé de toutes les tâches venant assombrir son passé.
Je n’en veux pour preuve que certaines figures emblématiques brutalement tombées de leur piédestal. La vérité ne saurait faire de cadeaux…
Que l’on me permette de ne pas exprimer de jugement sur l’actrice – je ne suis pas critique – pas plus que sur ses films que je n’ai pas vus. Tout ce que je sais, c’est qu’au-delà de l’icône, la personne publique à eu des prises de position en marge des valeurs républicaines.
Rien, même son statut de star, ne saurait excuser qu’elle s’en prenne aussi bien à notre communauté qu’à nos cousins musulmans, ou à la communauté homosexuelle. Le talent et la célébrité, et même l’amour des animaux ne justifient en rien des opinions inacceptables.
Que l’on me permette de rappeler à M. Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA (épinglée à plusieurs reprises par la Cour des Comptes) qui a défendu le combat de l’actrice – éludant les polémiques sur ses diverses condamnations – que, quelle que soit la noblesse du combat pour le bien-être animal, 2 822 enfants sont à la rue en France, dont presque 700 sont âgés de moins de 3 ans. Alors, dans le monde ingrat où nous vivons, le sens des priorités me semble être la première des vertus, même si le simple fait d’exercer un choix entre ces dernières peut sembler quelque peu difficile, il n’en reste pas moins que la vie est un champ de bataille, et que, tout comme sur ces derniers, nécessité fait loi.
En ce sens, j’aimerai rappeler à ce monsieur qu’il est écrit dans la Torah et dans le Coran, que l’aide à nos frères et nos sœurs les plus humbles d’entre nous est une partie intégrante de nos religions et de nos cultures.
Le fait que Madame Bardot fut une ardente activiste de la cause animale n’excuse en rien le mépris dont elle a fait preuve pour une large partie du genre humain, en déclarant notamment que :
Les animaux possèdent une pureté que les hommes ont définitivement perdue.
Les personnes défavorisées apprécieront…
