Primaires

Vote sur le projet de loi visant à dissoudre la Knesset, dans la salle de réunion du parlement israélien, à Jérusalem, le 30 juin 2022. Photo Olivier Fitoussi/Flash90
Vote sur le projet de loi visant à dissoudre la Knesset, dans la salle de réunion du parlement israélien, à Jérusalem, le 30 juin 2022. Photo Olivier Fitoussi/Flash90

Sur 13 groupes dans la Knesset qui a été dissoute (oui, 13 groupes pour 120 députés !), 4 s’apprêtent à organiser des élections primaires avant le scrutin national du 1er novembre.

Le Parti travailliste désignera son/sa président(e) le 18 juillet. Merav Michaeli devrait être reconduite aisément face un concurrent dont on oubliera le nom le lendemain.

Au Likoud, Binyamin Netanayhou n’a pas d’adversaire actuellement, et de toute façon, même s’il en avait un ou plusieurs, il serait réélu haut la main. Lors de la primaire du 3 août, les militants du grand parti de droite désigneront leurs candidats à la Knesset.

29 sur 30 sortant(e)s se représentent (l’ex-ministre Youval Steinitz a renoncé) et d’anciens postulants éconduits comme Gilad Sharon (le fils d’Ariel Sharon) ou Moshé Feiglin (le libertarien d’extrême droite) sont aussi sur les rangs.

Les adhérents de Meretz voteront le 23 août. Le parti est en pleine crise depuis que la députée Zoabi a contribué à faire chuter le « gouvernement du changement ». Deux personnalités du Parti, Issawi Frej, ministre de la coopération régionale, et Tamar Zandberg, ministre de l’Environnement, ne se représentent pas. Le président de Meretz, le ministre de la Santé Nitsan Horowitz, veut rester à la Knesset, mais abandonne la direction du Parti. Le général Yaïr Golan est candidat, et cela sera sans doute aussi le cas de Zehava Galon qui a occupé la fonction pendant de nombreuses années et ferait ainsi un retour en politique. La liste de Meretz sera ainsi profondément renouvelée permettant peut-être au Parti d’éviter une disparition prédite par les sondages.

Le Sionisme religieux lui aussi veut organiser des primaires, non que la démocratie soit au cœur de son programme, mais cela permettrait de répartir les sièges convoités entre les deux fractions rivales (kahanistes d’Itamat Ben Gvir et ultra-nationalistes de Betzalel Smotricht). On l’aura compris : les primaires permettent surtout de régler des comptes à l’intérieur du parti, et beaucoup moins à faire émerger de nouvelles personnalités.

Sont en cause le poids des sortants (qui ont des collaborateurs et des réseaux), et le coût de la campagne qui n’est pas à la portée de n’importe quelle bourse. Il n’empêche que c’est le seul moyen de donner la parole aux militants.

D’ailleurs, ceux des autres partis éprouvent souvent un sentiment de frustration lorsque la liste des candidats à la Knesset est établie par le chef (Avigdor Liberman, Yaïr Lapid, Benny Gantz et Gideon Saar, peut-être Ayelet Shaked si elle finit par disposer d’un parti).

Il existe également des modes de désignation plus ésotériques : des tractations entre les formations composant la liste unifiée arabe ; des délibérations du Conseil des sages religieux pour les partis juifs ultraorthodoxes et pour le parti islamo-conservateur Ra’am de Mansour Abbas. Les voies du parlement sont impénétrables.

à propos de l'auteur
Philippe Velilla est né en 1955 à Paris. Docteur en droit, fonctionnaire à la Ville de Paris, puis au ministère français de l’Economie de 1975 à 2015, il a été détaché de 1990 à 1994 auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Il a aussi enseigné l’économie d’Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1997 à 2001, et le droit européen à La Sorbonne de 2005 à 2015. Il est de retour en Israël depuis cette date. Habitant à Yafo, il consacre son temps à l’enseignement et à l’écriture. Il est l’auteur de "Les Juifs et la droite" (Pascal, 2010), "La République et les tribus" (Buchet-Chastel, 2014), "Génération SOS Racisme" (avec Taly Jaoui, Le Bord de l’Eau, 2015), "Israël et ses conflits" (Le Bord de l’Eau, 2017). Il est régulièrement invité sur I24News, et collabore à plusieurs revues.
Comments