Préparatifs

Bulletins de vote nouvellement imprimés à l'imprimerie Palphot de Karnei Shomron, en préparation des élections, le 28 août 2019. Photo : Flash90
Bulletins de vote nouvellement imprimés à l'imprimerie Palphot de Karnei Shomron, en préparation des élections, le 28 août 2019. Photo : Flash90

A moins d’un miracle, il y aura de nouvelles élections en 2021, les quatrièmes en deux ans.

D’ailleurs, Binyamin Netanyahou a demandé aux députés du Likoud de se préparer et annoncé qu’il y aurait des primaires. Du côté de Bleu-Blanc (Kahol-Lavan), les spéculations vont bon train, et l’unité du parti est mise à mal entre ceux qui entendent faire tomber le gouvernement maintenant, et les autres – notamment Benny Gantz – qui voudraient voir son existence prolongée de quelques mois.

En tout état de cause, des députés assurent déjà leurs arrières. Orly Lévy-Abécassis, pourtant élue sur une liste de gauche, voudrait obtenir une place éligible sur celle du Likoud.

Tsvi Hauser et Yoaz Hendl, de l’aile droite de Bleu-Blanc, se seraient déjà vus promettre par Naftali Bennett les sixième et septième places sur la liste de Yemina.

En composant sa liste, ce dernier joue gros. Les sondages le placent en deuxième position derrière le Likoud, mais avec un handicap d’une petite dizaine de sièges. Il devra résoudre la quadrature du cercle : garder son électorat d’extrême droite – représenté par Betzalel Smotricht, tout en gagnant des voix au centre en particulier grâce à des personnalités qu’il sollicite comme Ofer Berkovitch, le leader de l’opposition à Jérusalem, et la très populaire Yifat Shacha-Biton.

Du côté des partis arabes, on se prépare à faire face à un éclatement de la Liste unifiée désormais inéluctable du fait du jeu très personnel mené par Mansour Abbas avec son parti Ra’am qui entend monnayer son soutien à Binyamin Netanyahou contre des avantages pour son électorat !

A gauche, le Parti Avoda est en voie de disparition et négocie pour ses deux ministres, Amir Peretz et Itzhik Schmouli, des places sur la liste de Bleu-Blanc. Meretz est confronté à un problème existentiel : devenir ou non un parti judéo-arabe alors qu’une liste de ce type pourrait le concurrencer.

Le maire de Tel-Aviv, Ron Huldaï, entend bien monter sa propre liste avec sans doute Tsipi Livni comme numéro deux. L’ancien chef d’Etat-Major, Gadi Eizencot, déclinerait l’invitation.

Enfin, une liste représentant les travailleurs indépendants pourrait bouleverser le jeu à droite surtout si elle était dirigée en sous-main par le Likoud comme le laissent entendre les mauvaises langues.

Tous ces préparatifs sont indispensables, mais les acteurs sont confrontés à deux inconnues : la date des élections (en mars ou en juin ?) et l’évolution du rapport de forces.

Dans les sondages, Binyamin Netanyahou a cessé de baisser, et Naftali Bennet arrêté de monter. C’est dire si, contrairement à une opinion répandue selon laquelle ces élections pourraient être les dernières de « King Bibi », le jeu reste très ouvert.

à propos de l'auteur
Philippe Velilla est né en 1955 à Paris. Docteur en droit, fonctionnaire à la Ville de Paris, puis au ministère français de l’Economie de 1975 à 2015, il a été détaché de 1990 à 1994 auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Il a aussi enseigné l’économie d’Israël à l’Université Hébraïque de Jérusalem de 1997 à 2001, et le droit européen à La Sorbonne de 2005 à 2015. Il est de retour en Israël depuis cette date. Habitant à Yafo, il consacre son temps à l’enseignement et à l’écriture. Il est l’auteur de "Les Juifs et la droite" (Pascal, 2010), "La République et les tribus" (Buchet-Chastel, 2014), "Génération SOS Racisme" (avec Taly Jaoui, Le Bord de l’Eau, 2015), "Israël et ses conflits" (Le Bord de l’Eau, 2017). Il est régulièrement invité sur I24News, et collabore à plusieurs revues.
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