Pourquoi il faut faire de Myriam Peretz la prochaine Présidente de l’Etat d’Israël ?

La candidate aux élections présidentielles, Miriam Peretz à la Knesset, le parlement israélien à Jérusalem, le 1er juin 2021. Photo de Yonatan Sindel/Flash90
La candidate aux élections présidentielles, Miriam Peretz à la Knesset, le parlement israélien à Jérusalem, le 1er juin 2021. Photo de Yonatan Sindel/Flash90

Le 2 juin sera élu le prochain Président de l’Etat d’Israël devant succéder à Reuven Rivlin. Le candidat favori est pour l’instant Ytshak Hertzog, avocat de profession mais également Directeur de l’Agence Juive, ancien secrétaire du gouvernement/député/ministre/chef du parti Travailliste et de l’opposition, fils de Haim Hertzog, ancien Président de l’État d’Israël et fondateur du plus grand cabinet d’avocats d’Israël et petit-fils de Isaac Hertzog, ancien Grand Rabbin ashkénaze d’Israël. On parle là de l’élite de l’élite, la crème de la crème de l’intelligentsia (ashkénaze) israélienne.

Face à lui, Myriam Peretz, native du Maroc, est arrivée en Israël à l’âge de 10 ans puis a été évacuée du Sinaï où elle habitait avec sa famille au lendemain des accords de Camp David avec l’Égypte, restituant ce territoire. Elle est devenue par la volonté et le travail le symbole de l’intégration dans le monde de l’éducation, et a perdu deux de ses fils à l’armée.

Restant une femme discrète et modeste elle a obtenu le prestigieux Prix d’Israël, donnant l’un des plus beaux discours sur l’amour d’Israël malgré ses tragédies personnelles et les difficultés qu’elle connue enfant.

Il n’y a rien de personnel contre M. Hertzog, si ce n’est, à mon sens, son manque de charisme évident, mais ce poste ne serait qu’une ligne prestigieuse de plus sur le CV d’un homme qui en fait collection (ayant raté la principale en 2015, le poste de Premier ministre qui pourtant semblait lui tendre les bras).

Quel symbole serait de voir Myriam Peretz devenir Présidente d’Israël, il s’agirait là de la première femme élue (Dalia Itzik, l’avait été par intérim suite au départ de Moshe  Katsav). Mais surtout quel honneur pour les populations sépharades et du Sud (le même Katsav ne restant pas un bon souvenir malheureusement), les mères de soldats, les familles endeuillées, d’autant plus dans un pays où le rôle du Président est honorifique et la mission est essentiellement de représentation et ne se veut pas politique.

Ce choix serait celui de la plèbe sur le patriciat et du peuple sur l’élite (sans que cela ne soit péjoratif), des olims sur les sabras, des négligés sur les biens-nés, des traditionalistes sur les laïcs, bref de l’israélien moyen sur celui des quartiers aisés.

Ce choix serait surtout celui d’une femme qui ne se veut le porte-drapeau de personne, ne cherchant pas à faire de sa candidature une revanche et pour qui les différences évoquées plus haut ne sont que des lignes statistiques, bref d’une femme reconnue par ses pairs et qui aime son pays et ses citoyens ne cherchant qu’une chose, les rassembler.

Même si elle n’est pas la favorite et que ce sont les députés qui éliront le futur Président, je dis « Yalla, Madame la Présidente Myriam Peretz ! »

à propos de l'auteur
Emmanuel vit à Tel-Aviv et exerce la profession d'avocat depuis plus de 10 ans au sein du cabinet qu'il a fondé en 2009. Précédemment à cela, il a exercé à Paris puis au sein des départements de droit commercial et de propriété intellectuelle du cabinet S. Horowitz & Co à Tel Aviv ainsi que comme juriste au sein de l'armée israélienne. Les grands centres de son activité sont le droit immobilier, le droit des successions ainsi que le droit des sociétés (essentiellement dans le domaine des nouvelles technologies et de la restauration). Emmanuel est également titulaire d'une Maîtrise en Science Politique.
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