Pourim, le secret de l’éternité d’Israël

Parchemin d'Esther dans la ville de Tzfat, dans le nord d'Israël, le 5 mars 2020. Photo de David Cohen / Flash90
Parchemin d'Esther dans la ville de Tzfat, dans le nord d'Israël, le 5 mars 2020. Photo de David Cohen / Flash90

Comment une minorité comme le peuple juif a-t-elle pu survivre au décret génocidaire de Haman ?

L’une des réponses réside, semble-t-il, dans la vive réaction d’Esther à son oncle Mordechaï lui apprenant les intentions génocidaires de Haman :

טז לֵךְ כְּנוֹס אֶת-כָּל-הַיְּהוּדִים הַנִּמְצְאִים בְּשׁוּשָׁן וְצוּמוּ עָלַי וְאַל-תֹּאכְלוּ וְאַל-תִּשְׁתּוּ שְׁלֹשֶׁת יָמִים לַיְלָה וָיוֹם גַּם-אֲנִי וְנַעֲרֹתַי אָצוּם כֵּן וּבְכֵן אָבוֹא אֶל-הַמֶּלֶךְ אֲשֶׁר לֹא-כַדָּת וְכַאֲשֶׁר אָבַדְתִּי אָבָדְתִּי. (אסתר ד: טז).ש

16 « Va rassembler tous les juifs présents à Suse, et jeûnez à mon intention ; ne mangez ni ne buvez pendant trois jours ni jour ni nuit moi aussi avec mes suivantes, je jeûnerai de la même façon. Et puis je me présenterai au roi, et si je dois périr, je périrai ! » (Esther 4 : 16).

 

Esther comprend, en l’absence d’aide extérieure, que seule l’unité de tous ses frères Judéens est capable de sauver le peuple d’Israël.

D’où tire-t-elle cette leçon d’unité fraternelle ?

Cette leçon lui est enseignée très probablement par le Patriarche Ya’akov (Jacob), alors alité sur son lit de mort, enjoignant à tous ses fils de conserver à jamais leur unité, source éternelle de bénédictions et ce, malgré leurs différences respectives :

א וַיִּקְרָא יַעֲקֹב אֶל-בָּנָיו וַיֹּאמֶר הֵאָסְפוּ וְאַגִּידָה לָכֶם אֵת אֲשֶׁר-יִקְרָא אֶתְכֶם בְּאַחֲרִית הַיָּמִים. ב הִקָּבְצוּ וְשִׁמְעוּ בְּנֵי יַעֲקֹב וְשִׁמְעוּ אֶל-יִשְׂרָאֵל אֲבִיכֶם. (בראשית מט: א-ב).ש

1 Et Jacob fit venir ses fils et il dit : « Rassemblez-vous, je veux vous révéler ce qui vous arrivera dans la suite des jours. 2 Regroupez-vous, enfants de Jacob, pour écouter Israël votre père (Genèse 49 : 1-2).

 

Cette notion d’unité apparaît très étrangement dans les propos contradictoires du dictateur Haman. En effet, si Haman met l’accent sur la dispersion et la division d’Israël, il précise lui-même que le peuple d’Israël est UN et UNIQUE car il a lui-même conscience qu’il lui faut briser cette unité révélatrice de la puissance spirituelle d’Israël :

ח וַיֹּאמֶר הָמָן לַמֶּלֶךְ אֲחַשְׁוֵרוֹשׁ יֶשְׁנוֹ עַם-אֶחָד מְפֻזָּר וּמְפֹרָד בֵּין הָעַמִּים בְּכֹל מְדִינוֹת מַלְכוּתֶךָ וְדָתֵיהֶם שֹׁנוֹת מִכָּל-עָם וְאֶת-דָּתֵי הַמֶּלֶךְ אֵינָם עֹשִׂים וְלַמֶּלֶךְ אֵין-שֹׁוֶה לְהַנִּיחָם. (אסתר ג: ח).ש

8 Puis Aman dit au roi Assuérus : « Il est un peuple UN dispersée, divisée parmi les autres nations dans toutes les provinces de ton royaume ; ces gens ont des lois qui diffèrent de celles de toute autre nation ; quant aux lois du roi, ils ne les observent point : il n’est donc pas de l’intérêt du roi de les conserver. (Esther 3 : 8).

 

Il faut également rappeler que Pharaon est le premier tyran à définir Israël de « peuple » alors même que celui-ci est encore loin d’être fondé :

ט וַיֹּאמֶר אֶל-עַמּוֹ הִנֵּה עַם בְּנֵי יִשְׂרָאֵל רַב וְעָצוּם מִמֶּנּוּ. (שמות א: ט).ש

9 Et il dit à son peuple : « Voici, un peuple, les enfants d’Israël, surpasse et domine le nôtre. (Exode 1 : 9).

 

Nulle nation n’a jamais été capable de briser cette unité forgée par les Patriarches d’Israël :

א  שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לְדָוִד:
הִנֵּה מַה-טּוֹב וּמַה-נָּעִים  שֶׁבֶת אַחִים גַּם-יָחַד. (תהלים קלג: א).ש

1 Cantique des degrés. De David. Comme il est bon, qu’il est doux à des frères de vivre unis ensemble ! (Psaume 133 : 1).

 

[1] « die Endlösung der Judenfrage, la solution finale de la question juive ».

Si vous voulez en savoir plus sur l’enseignement de Haïm Ouizemann venez visiter son site.

Shabbat shalom !

à propos de l'auteur
Diplômé de l’Institut des Civilisations et Langues Orientales de Paris (INALCO) et certifié de l’Institut Catholique de Paris (ICP) enseigne la Bible (TaNa’Kh), sa langue, son éthique et son histoire. Installé, depuis son Alya en 1989 à Ashkelon, il participe activement au refleurissement d'Erets Israël. Végétarien par conviction morale, Haïm rêve d'une ère nouvelle où les grandes spiritualités pourraient se rencontrer en vue d'instaurer un monde meilleur. Convaincu que le retour du peuple d’Israël en Erets-Israël annonce la restauration de l'idéal de fraternité abrahamique, il encourage le dialogue interreligieux dans le respect de l'autre
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