Pourim 2019 : Le retour d’Aman

Ces derniers mois, les actes et les agressions antisémites sont devenus des faits presque “divers” dont parlent les journaux du monde entier. Qu’il s’agisse de taguer des tombes en Europe, d’afficher un drapeau nazi dans un centre commercial en Ukraine ou l’agression de Juifs orthodoxes à New York, la liste est longue.

Les Juifs ont toujours dû faire face à la haine et la jalousie et ce peu importe les époques. Néanmoins après les horreurs de la Shoah, on aurait pu penser “plus jamais ça”. Et pourtant, aujourd’hui dans le monde entier, sans exception, ce sentiment connaît un renouveau.

Se peut-il qu’aujourd’hui nous soyons en train de revivre la situation des Juifs de Suse, lorsque le roi Assuérus a signé un édit royal permettant l’extermination des Juifs ?

En effet, le sentiment antisémite s’est amplifié et s’est même redirigé contre Israël, à travers le conflit israélo-palestinien et les accusations et les résolutions d’organisations internationales telles que l’ONU et le BDS, ne sont pas sans rappeler les édits royaux contre les Juifs.

L’Aman de 2019 est la force derrière le sentiment antisémite international qui n’accepte pas “qu’il y ait un certain peuple dispersé et séparé des autres peuples”. Ce peuple occupe une place dans la société qui est perçue comme une imposture, ce qui engendre la haine, alors que les Juifs, de leur côté ne comprennent pas cette haine gratuite. En effet, n’ont-ils pas toujours contribué aux progrès technologiques, idéologiques, et culturels ?

La réponse est oui, mais la prospérité qu’attend l’humanité n’est pas celle que nous leur proposons. En fait, nous n’accomplissons pas la tâche pour laquelle nous avons été choisis : être un exemple d’union pour le monde entier. Au contraire, nous sommes dispersés et divisés.

La situation est arrivée à un tel point, que les Juifs américains (2ème communauté juive au monde) se désolidarisent d’Israël, et condamnent eux aussi l’Etat hébreu.

Le peuple Juif a une mission à accomplir, celle-ci consiste à s’unir au-delà des différends et des différences et d’être “comme un seul homme dans un seul coeur”. La tâche n’est pas facile, mais elle n’est pas impossible, comme l’a dit Herzl “si vous le voulez…”.

C’est ici que nous devons porter notre attention sur un autre protagoniste clef : Esther, qui représente l’aide indispensable au peuple Juif, qui est-elle ?

Son rôle dans la survie du peuple Juif nous indique que face à la menace d’extermination, il reste une chance au peuple d’Israël.

Et c’est Esther, cette force féminine par excellence, à qui incombe le rôle d’éveiller le peuple, le désir de s’unir malgré les divisions.

Les femmes d’Israël dont le rôle de génération en génération a été d’être cette force parfois invisible mais toujours critique, doivent aujourd’hui prendre toute la mesure de leur mission.

Leur désir pour une société juste, équilibrée, solidaire prend ses racines dans leur préoccupation pour l’avenir de leur famille, de leurs proches, mais aussi de leur pays et de l’humanité toute entière.

Cette approche est ce dont l’humanité a tant besoin aujourd’hui en cette période de crise.

Mardochée et le peuple sont là pour soutenir Ester chacun comme il peut, car ce qui est certain c’est que pour réussir, il est essentiel que tout le monde se sente concerné et y mette du sien.

L’accord et la participation de tous sont donc vitaux pour le succès de la démarche d’Esther auprès du roi pour sauver le peuple de l’extermination.

Même si l’histoire de Pourim finit bien pour les Juifs, puisqu’ils ont été sauvés d’une mort certaine, il convient d’être vigilant. La situation actuelle ressemble dangereusement à celle des années 30, et l’Etat d’Israël n’est pas lui non plus à l’abri de toute attaque, ou de sanctions internationales.

Le peuple d’Israël a la capacité d’amener au monde à la cohésion et à la solidarité dont celui-ci a besoin. S’il néglige son rôle, Aman exploitera sa division et sa séparation pour l’exterminer.

Il serait bon de se souvenir que ce qui a sauvé le peuple est son union, conduisant à la révocation des édits royaux.

Saurons-nous nous unir sans ressentir l’imminence de l’extermination ? Comment pouvons-nous aujourd’hui concevoir l’union du peuple d’Israël, alors que les désaccords politique, religieux, culturel et économique ne font que croître ?

Il serait vraiment temps que le peuple fasse pression sur ses leaders d’opinion afin qu’ils s’efforcent de se rapprocher, c’est une nécessité actuelle qui demande du courage et de la persévérance, ensemble.

 

à propos de l'auteur
Michael Laitman est Professeur en Ontologie, PhD en Philosophie et Kabbale, et MSc en Biocybernétique Médicale. Il était le disciple le plus notoire du kabbaliste, Rav Baruch Ashlag (le RABASH). Prof. Laitman a écrit plus de 40 livres, traduits dans une douzaine de langues; il est le fondateur et le président de l'Institut ARI, et il est un conférencier recherché. Son dernier livre, "Comme une Gerbe de Blé: pourquoi l'unité et la garantie mutuelle sont-elles à l'ordre du jour", explique la racine, la cause et la solution à l'antisémitisme.
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