Pour moi, Netanyahu n’a pas gagné

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une conférence de presse sur le coronavirus COVID-19, au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 8 mars 2020. Photo de Yonatan Sindel / Flash90
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une conférence de presse sur le coronavirus COVID-19, au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 8 mars 2020. Photo de Yonatan Sindel / Flash90

Pourquoi ? Parce que même s’il a gagné quelques voix, ou quelques sièges de plus, cette majorité il ne l’obtient pas. Il reste toujours en échec. Après trois élections, il n’arrive toujours pas à former un gouvernement. Il reste accroché à son siège, faute de mieux, un Premier ministre sans budget, sans vrai gouvernement. Une majorité d’électeurs israéliens ne souhaitent pas Netanyahu comme Premier ministre.

Pas de « Rak bibi » (« seulement Bibi »)

Tout au long de cette année, Netanyahu a perdu des soutiens, d’abord :

*Liberman (chef d’Israel Beytenou), qui après avoir été l’instigateur du premier tour électoral, s’est avéré être un adversaire bien plus coriace que Netanyahu ne l’avait imaginé. D’un possible allié, Liberman est passé dans l’opposition face aux religieux. Surtout lors de cette dernière campagne, où il a clairement émis des idées laïques (voire anti-religieuses). Même si ses points de vue peuvent paraître un peu loufoques car sa femme et en partie ses enfants sont très religieux. Netanyahu a perdu son allié dans ses batailles à répétition. Et avec lui, les sièges dont il a tant besoin.

* Le clan arabe s’est renforcé, les Arabes ont compris qu’ils avaient un réel pouvoir de blocage et ont finalement voté massivement (pas « en masse »). De plus les partis arabes en s’alliant se sont eux aussi avérés être des adversaires avec lesquels, il faudra sans doute compter. Ils profitent des divergences entre les différents mouvements politiques. Et ce résultat exacerbe aussi les failles du système.

* Netanyahu n’a fait que renforcer finalement les extrêmes, et les religieux. Sa politique, ses tactiques n’ont fait que renforcer encore plus les religieux et place les citoyens sur le chemin d’une théocratie.

* Et surtout, finalement, son procès, le 17 mars.

Alors des amis disaient qu’il a fait une campagne magistrale, oui, d’accord si on veut, car effectivement avec trois chefs d’accusation pour corruption, arriver à un tel score, c’est vraiment à la fois désolant et chapeau bas !

Cependant, aujourd’hui, après ses élections à répétition, on a pu constater la faille de la démocratie israélienne, sa faiblesse, mais aussi sa force, celle de mettre en examen un Premier ministre, et en tout état de fait de mettre en échec la corruption, même si cela coute très cher aux citoyens qui vivent maintenant une année sans budget.

à propos de l'auteur
Nouvelle immigrante revenue de Suisse. Patricia est ingénieure, professeure de Sciences et artiste.
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