Pour la reconquête républicaine

Des policiers se rassemblant dans la zone d'une attaque au couteau près des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020 à Paris. La police parisienne affirme avoir arrêté un homme soupçonné d'une attaque au couteau qui a blessé au moins deux personnes à proximité des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo. La police pensait au départ qu'il y avait deux agresseurs, mais dit maintenant qu'il n'y en avait qu'un. (Photo AP / Thibault Camus)
Des policiers se rassemblant dans la zone d'une attaque au couteau près des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, vendredi 25 septembre 2020 à Paris. La police parisienne affirme avoir arrêté un homme soupçonné d'une attaque au couteau qui a blessé au moins deux personnes à proximité des anciens bureaux du journal satirique Charlie Hebdo. La police pensait au départ qu'il y avait deux agresseurs, mais dit maintenant qu'il n'y en avait qu'un. (Photo AP / Thibault Camus)

Alors que nos esprits étaient tout entiers aux prises avec un ennemi aussi invisible que sournois, se posant l’inéluctable question du nécessaire équilibre entre la protection de nos existences et celle de nos libertés, voilà que ressurgi la bête hideuse du terrorisme sous la forme d’une attaque près des anciens locaux de Charlie Hebdo.

Au lendemain de la publication d’une tribune pour la liberté de la presse, alors que Marika Bret, DRH de Charlie, victime de menaces, a dû quitter son domicile en plein procès, cinq longues années après des actes qui ont bouleversé les tenants de la liberté et de la tolérance, voilà que la bête montre que, bien que blessée et affaiblie, elle n’est pas morte pour autant.

Interviewé par France 5 il y a deux jours, pour la sortie de son dernier livre, Tahar Ben Jelloun évoquant les caricatures publiées à nouveau à l’occasion de ce procès faisait valoir que le croyant ne saurait s’en offusquer, tout simplement parce que le Prophète étant à ses yeux une idée et non un homme, elle ne saurait être caricaturée. Il ajoutait même, d’une manière malheureusement prémonitoire, que la France était toujours menacée par les ennemis de la liberté…

Rappelez-vous, après les actes innommables qui touchèrent Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher et le Bataclan, la nation se retrouva, unie comme un seul homme, pour faire face à l’intolérance et à l’inadmissible violence de ces actes. Malheureusement, comme l’a dit le poète : « Avec le temps va, tout s’en va », et, d’autres préoccupations finirent par reprendre le dessus nous ramenant aux ordinaires préoccupations de nos petites vies. 

Les grèves, les gilets jaunes et le virus ont achevé de masquer le bruit de fond que faisait cette araignée tapie dans l’ombre. Nous en avons fini par oublier que, bien qu’invisible, elle continuait à tisser sa toile dans l’obscurité de l’infamie.

Elle vient de se rappeler à nous, réveillant nos mémoires en sursaut. Il est vrai que ce n’est pas moins de 32 attentats qui ont été déjoués depuis 2017

Si les virus frappent au hasard, les terroristes eux ciblent leurs victimes. Il n’empêche qu’ils ont en commun que la survie de nos démocraties passe par leur éradication respective. Le terrorisme n’est jamais que le cancer de nos démocraties. Un cancer qui s’attaque à nos valeurs les plus sacrées que sont la liberté et la tolérance.

Le meilleur vaccin contre ce dernier serait de faire qu’il n’y ait plus de territoires exclus des valeurs républicaines dans l’hexagone. Seule la reconquête de ces derniers, que ce soit par l’éducation ou par la présence régalienne, constituera un barrage efficace contre un communautarisme qui n’est jamais que le terreau de l’intégrisme.

à propos de l'auteur
Fondatrice du collectif Trans-Europe, première candidate trans a l'élection présidentielle
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