Petit guide de l’électeur perplexe ou égaré

Compte des bulletins de vote restants des soldats au parlement à Jérusalem, le lendemain des élections générales du 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton / Flash90)
Compte des bulletins de vote restants des soldats au parlement à Jérusalem, le lendemain des élections générales du 10 avril 2019. (Noam Revkin Fenton / Flash90)

Les élections approchent au galop et vous ne savez pas encore qui sera l’heureux élu qui recueillera votre précieux bulletin de vote, alors lisez ce texte écrit à votre intention.

A Gauche

La première question que vous devez vous poser est la suivante : votre sensibilité vous porte-t-elle davantage vers la gauche ou vers la droite ? En France, le plan de clivage entre la Gauche et la Droite passe par les questions économiques et sociales, plus récemment par celles de l’immigration.

En Israël, la Gauche est carrément caviar, elle se caractérise par une prise de position concernant la solution politique à appliquer avec les anciens citoyens Jordaniens qui habitent en Judée-Samarie aka La Cisjordanie. L’Homme de Gauche est persuadé que la création d’un état Palestinien verra la fin du conflit israélo-arabe. Comme il est très attaché aux valeurs occidentales progressistes, il pense que les Arabes qui vivent dans ce qu’il considère devoir être la Palestine vont adhérer, en signant un papier qui leur donne un état, aux valeurs de liberté, de modernité et de bon voisinage. Il a oublié qu’Israël se trouve au Moyen-Orient et pas coincé entre la Belgique et le Luxembourg et que la culture joue un rôle primordial dans le respect des engagements et leur compréhension. Par ailleurs, son attachement à la tradition juive est généralement faible et il se considère souvent davantage plus Israélien que Juif.

Alors si vous vous reconnaissez dans cette courte description vous avez le choix entre 3 partis politiques.

Le plus à gauche se trouve Meretz, un parti de la Gauche radicale, bien radicale. Leur programme, c’est plus de Juifs, que des Israéliens, quelle que soit leur religion car Israël état Juif et démocratique, c’est un oxymore. D’ailleurs pour accommoder les sensibilités de la minorité arabe il va falloir modifier le drapeau, qui fait un petit peu trop Juif, ainsi que l’hymne, qui lui, est impossible à avaler pour un musulman.

Un peu plus sur la droite de Meretz se trouve le parti Avoda, le parti créé par Ben Gourion, le parti de Golda Méir et plus tard Rabin. A sa tête se trouve actuellement une nouvelle élue qui aurait pu se présenter avec autant de succès à la tête de Meretz, le parti de la gauche extrême.

Son programme est devenu sensiblement identique, sauf que les anciens votants de ce parti travailliste ont conservé leur réflexe d’antan et continuent à voter pour le même parti. De fait, les valeurs de l’ancien parti Avoda sont aujourd’hui portées par le parti qui se dit de Centre-gauche, le parti Yesh Atid à la tête duquel se trouve l’ancien journaliste Yair Lapid. D’une manière caricaturale, il attire dans l’urne les bulletins de vote du Tel Aviv élégant, hupé, israélien, laïc, acculturé aux valeurs purement occidentales en cours ainsi que tous ceux qui s’y retrouvent à l’instar des habitants des villes satellites du Centre du pays ainsi que de Haïfa.

Ce parti est fait de bric et de broc, de la gauche molle et du centre mou. Il attire tous ceux, et ils sont nombreux, qui ne s’identifient ni avec la Gauche activiste ni avec la Droite. Si seuls les bulletins de Tel Aviv comptaient, Lapid serait à la tête du pays avec quelque 70% des voix. En hébreu on parle de Medinat Tel Aviv, l’état de Tel Aviv, une entité à part et distincte du reste du pays qui lui est l’état d’Israel. A entrendre Lapid, la paix pourrait être signée demain si on expulsait la majorité du demi-million de Juifs qui osent vivre en Judée et en Samarie.

On remettait alors les clés de la région ainsi que de la vieille ville de Jérusalem autrefois occupée illégalement par les Jordaniens entre 1948 et 1967 à l’autorité palestinienne pour créer un état dont les confins se trouveraient à une encablure de l’aéroport international de Tel Aviv. Si vous êtes convaincu que l’autorité palestinienne se suffira de ces quelques milliers de kilomètres carrés et renoncera à exiger davantage dans un second temps d’une manière ou d’une autre alors votez pour Lapid et son parti Yesh Atid, ‘il y a un futur’ car il a renoncé à son passé et veut faire d’Israël un Birobidjan.

Dans cette zone du centre-gauche se trouve le parti Bleu-blanc de l’ancien chef d’état-major Benny Gantz, autrefois allié avec Lapid. Ce parti est tout aussi dépareillé que celui de Lapid, avec des députés du centre qui balance vers la Gauche et d’autres du centre qui penche doucement, mais alors doucement vers la Droite sans trop dépasser la ligne du milieu.

Benny Gantz, l’actuel Premier ministre alternatif a montré de manière magistrale que passer des responsabilités de l’armée aux responsabilités politiques n’était pas une sinécure et qu’il fallait être taillé pour cette tâche. Être seulement de grande taille était largement insuffisant pour prendre place dans l’arène politique et plus encore s’asseoir dans le fauteuil de Premier ministre. La différence d’avec Lapid réside dans le style davantage que dans le fond ; il accorderait cependant une valeur sentimentale plus attaché formellement à la tradition Juive. De bons amis à lui sont religieux et dans son adolescence passée il a fréquenté une yéchivah. Au fond, Gantz est un gentil garçon, et c’est exactement là que se trouve son problème. Si vous êtes un être du centre et que vous n’aimez pas le style vindicatif de Lapid mais préférez les bonnes manières de Gantz, accordez-lui votre bulletin. Il en aura bien besoins car il flirte dangereusement avec le seuil d’éligibilité des 4 députés qu’il lui faut réunir pour être présent à la Knesset.

A Droite

Passons à présent à Droite où le morcellement fait aussi fureur.
La plupart des dirigeants de ces formations de Droite sont passés entre les mains de Benjamin Netanyahu et c’est probablement la raison pour laquelle Avigdor Liberman, Guidon Saar et Naftali Bennet l’ont quitté pour former des partis concurrents. Ils sont partis car Bibi ne laisse à aucune autre forte personnalité le loisir de s’épanouir politiquement à ses côtés. Par ailleurs ils réprouvent son style d’action politique.

Le terreau que Liberman a choisi de labourer avec son parti Israel Beteinou est celui de la Droite laïque russophone. Si nous sommes embourbés dans un 4è tour de scrutin en moins de 2 ans, c’est qu’il a abandonné l’idéologie de Droite pour s’ancrer dans l’idéologie laïque. Alors qu’il entretenait depuis 30 ans des relations cordiales avec le parti ultra-orthodoxe sépharade de Dehri et qu’on le voyait régulièrement visiter les autorités rabbiniques ultra-orthodoxes achkénazes, le voici qui change son fusil d’épaule et profère une soudaine haine violente à la fois pour tout ce qui est religieux ainsi que pour Bibi qui, il faut le dire, lui a joué de nombreux tours pendables.

L’opportunisme semble résumer assez bien son idéologie. Il s’appuie sur une solide base d’anciens émigrés russophones laïques dont une bonne partie de l’électorat n’est pas techniquement Juif car de mère non-juive. C’est elle qui lui assure de dépasser le fatal quota de 4 députés nécessaire pour demeurer dans le jeu politique. Les francophones ne partagent pas grand-chose avec ce parti et ceux qui y parlent la langue de Molière peuvent s’y compter sur les doigts de la main.

Si vous vous identifiez avec l’ultra-orthodoxie vous avez le choix dicté de votre naissance, entre le côté sud de la mer Méditerranée et l’Europe de l’est, entre le parti Schass de Dehri et le parti Yehadut Hatora, le Judaïsme de la Torah. Pour ceux qui sont nés en Afrique du Nord, le choix pourrait paraitre simple, soutenir le Judaïsme sépharade autrefois humilié par l’ancienne intelligentsia israélienne achkenaze, qu’elle soit laïque ou religieuse pourrait être une solution, et nombreux sont ceux qui parmi les francophones la choisissent.

Cependant, si vous êtes attirés par ce choix, pensez très fort au côté ultra-orthodoxe très appuyé de ce parti où les femmes ne sont pas représentées. Posez-vous la question de qui vous voulez vraiment voir s’occuper de vos mariages, de vos divorces et de votre Chacherout, les ultra-orthodoxes en noir et blanc ou d’autres qui prônent un Judaïsme plus accueillant et ouvert, plus conforme à celui que vous avez connu en France ainsi que celui qui a eu cours en Afrique du Nord les siècles passés. Ceux qui connaissent le rabbin Haïm Amsallem pourront lui demander les raisons et les motivations de son départ fracassant de ce parti, lui qui désire propager un judaïsme, orthodoxe pour lui, mais ouvert et chaleureux pour son prochain. Malheureusement dans sa communauté, il ne recueille peu de voix sur ce programme.

Arrivons à présent à la Droite idéologique, là où va réellement se jouer l’élection. Ce territoire recueille près de la moitié de la population israélienne qui à ce jour se divisent en 4 formations. Théoriquement, votre choix devrait se faire en fonction de votre degré de religiosité et d’attachement aux valeurs de Droite mais les choses sont plus complexes, pourquoi faire simple alors qu’il est possible de faire compliqué.

Abordons la Droite par… la gauche. Le camp à Droite le plus à gauche est celui du Nouvel Espoir de Guidon Saar. Saar lui-même a été identifié alors qu’il émargeait encore au Likud comme un faucon, à la droite de Bibi. Cependant il a réalisé son exit du Likud avec Yfat Shasha-Bitton la centriste de Kulanu et pas avec Zeev Elkin le faucon qui les a rejoints. La centriste est numéro 2 de la liste, promise au titre de vice-premier ministre au cas où Saar accède à la fonction suprême. De nombreux hommes et femmes de Droite figurent en bonne place mais aussi des centristes forcenés comme Benny Begin.

Ce parti est crédité de plus de 10 sièges ce qui signifie qu’il a servi à révéler, qu’en sus du Likoud qui n’a perdu qu’environ 6 sièges depuis sa nouvelle création, il y avait encore un public supplémentaire penchant vers la Droite de plus de 4 mandats, ceux qu’avaient recueilli Gantz alors qu’il était encore considéré comme penchant modérément vers la Droite. Pour voter Saar, il faut tout d’abord avoir Bibi en horreur, et cela de nombreux anciens Likoudistes ne s’en privent pas.

De plus, il faut être de sensibilité plutôt centriste. Il est impossible de prédire comment ce parti constitué de bric et de broc votera lorsqu’il sera question de compter les mains en faveur des lois concernant la réforme indispensable des hautes autorités judiciaires (conseiller juridique du gouvernement-chef du Parquet et fonctionnement de la Cour suprême) et des applications d’une vrai politique de Droite en Judée-Samarie portant sur la légalisation juridique des localités juives et l’abolition de l’Administration civile (sic) rattachée au Ministère de la Défense qui gère la vie des Juifs qui vivent de l’autre côté de la ligne verte. Votera donc pour l’Espoir nouveau, le citoyen centriste penchant légèrement vers la Droite, avec modération.

Vient ensuite le Likoud avec Benjamin Netanyahou, dit Bibi, à sa tête depuis plus de 10 ans. Le Likoud c’est la grande formation de Droite du pays, celle qui accède aux responsabilités les plus élevées depuis environ quatre décennies avec quelque courtes interruptions. Contrairement à ce qui se passe dans les démocraties occidentales, ses votants appartiennent pour leur bonne partie aux couches sociales les moins favorisées. Ils sont traditionnels c’est-à-dire qu’ils affirment qu’Israël est le pays de Juifs et des Juifs seulement et que la tradition juive leur importe. Ils sont d’abord Juifs avant d’être Israélien. De nombreux acteurs de ce parti appartiennent aussi au mouvement religieux sioniste, ceux qui portent la kippa crocheté, et qui ont choisi ce parti pour être plus influent au niveau des Affaires qu’au sein d’un parti religieux sioniste qui ne se préoccuperait que des intérêts spécifiques de cette population. La droite laïque des couches supérieures de la société aussi y trouve là son expression politique.

Bibi a été l’objet de plusieurs chefs d’accusation formulés par le Parquet. Cela a terni sa réputation et a fait que de nombreux votants des partis de Centre-gauche et de Gauche se sont juré de ne pas siéger sous son autorité de Premier ministre. Cela a bloqué la vie politique du pays et c’est entre autres la raison de ce 4ème tour de scrutin. Plus on avance dans le jugement de ces affaires et plus se révèlent les infâmes tripotages de la haute sphère des procurateurs et leur complicité avec la presse israélienne tirant à gauche toute.

D’un point de vue juridique, rien ne s’oppose à ce qu’un Premier ministre mis en accusation mais non encore jugé de manière définitive, c’est-à-dire avant d’avoir épuisé tous les recours, ne préside aux destinées du pays à la tête du gouvernement. Mais ceux qui sont pressés de le faire tomber ne l’entendent pas de cette oreille. Ils réclament sa démission, son départ, faisant fi de la sacro-sainte présomption d’innocence, base élémentaire de la justice. Leur offuscation cache bien entendu une posture politique plus qu’une recherche authentique de la justice. Ils pensent que Bibi fauché par la justice fera mordre la poussière à la Droite et permettra enfin au Centre et à la Gauche d’arriver au pouvoir.

C’est ne rien comprendre à la politique israélienne. Des Gauchistes forcenés, comme Guidon Lévy du journal d’extrême-gauche Haaretz et pas seulement lui, disent qu’il faut voter Bibi et le garder précieusement au pouvoir, car disent-ils, à sa place se profilent des chefs bien plus à Droite que Bibi, tels que Saar ou Bennett et qui, eux disent-ils, mèneront la vraie politique de Droite qu’ils redoutent et exècrent. Oui vous avez bien lu, Guidon Lévy de la Gauche la plus radicale qui soit, souhaite que Bibi reste aux commandes de l’état et votera pour lui. La raison est que lui et ses pairs ont identifiés que Bibi est un Centriste et non un homme de Droite.

Un centriste à la tête du plus grand parti de Droite qui compte le plus grand nombre de députés-faucon que la terre d’Israël a porté et qui se laissent mener tout bonnement par le bout du nez. À scruter la conduite des affaires de Netanyahu sur l’ensemble de son activité politique on ne peut que donner raison à Guidon Lévy. Bibi a protégé de tout son corps toute réforme de l’appareil judiciaire que des membres de son propre parti ont tenté de faire passer au cours des années de sa présence aux commandes. Bibi a réussi à préserver le statuquo alambiqué des localités juives de Judée-Samarie et a réussi à éviter d’appliquer la souveraineté même sur les localités juives se trouvant immédiatement de l’autre côté de la ligne verte et qui font partis du consensus politique du pays.

Il s’est toujours dissimulé derrière le prétexte de la présence dans sa coalition au pouvoir d’un parti plus à gauche que le Likoud…. qu’il allait d’ailleurs chercher précipitamment et en priorité lorsqu’il était chargé de former un gouvernement dans le but d’avoir le prétexte d’être dans l’obligation de s’abstenir d’appliquer une vrai politique de Droite. Il a bien entendu aussi avancé ses impossibilités de le faire à cause les pressions de la communauté internationale. Ses promesses sont aussi nombreuses que vaines. Une des plus éclairantes concerne la promesse de l’évacuation du campement illégal bédouin de Khan Al Ahmar se trouvant dans le secteur E1, sur la route de Jérusalem à la mer Morte.

Après une autorisation inespérée de la Cour suprême enfin obtenue après une très longue bataille juridique s’étendant sur de nombreuses années, cette promesse a été faite le 19 Novembre 2018, soit il y a plus de 830 jours. Et toujours rien, les prétextes à ne rien faire ont tenu bon, ce n’est jamais le bon moment de le faire. Si Bibi avait été à la tête de l’Agence Juive en 1948 à la place de David Ben Gurion, il aurait trouvé de nombreuses bonnes raisons de ne pas déclarer l’indépendance du pays.

Vous l’avez compris, à la tête du plus grand parti de Droite se trouve un Centriste, et c’est les tenants de la Gauche radicale qui le disent.

Mais alors pourquoi le citoyen de Droite continue-t-il à voter Bibi ?

Il le fait car il le voit comme un père, une autorité sans laquelle il est dangereux de vivre. Certes, il possède une carrure internationale, il dépasse tous les autres hommes et femmes de la classe politique de la tête et des épaules. Il a fait du bien au pays au niveau économique et représente le pays avec charisme et expérience.

Alors si vous appartenez à la Droite active et que vous voulez voir appliquer une vraie politique en conséquence, vous ne donnerez pas votre voix au Likoud, vous continuerez votre chemin vers un parti qui se trouve à la droite du plus grand parti de Droite ayant à sa tête un centriste authentique qui a reçu cette lettre de noblesse par les représentants de la Gauche la plus extrême.

A la droite du Likud se trouve le parti Yamina qui signifie ‘vers la droite’ ou encore à Droite toute.

La liste est menée par Naftali Bennett, un stat-upiste jeune quadra qui a réussi plusieurs belles valorisations financières. La politique l’a happé à la suite de la seconde guerre du Liban quand il a vécu dans sa chair le chaos provoqué par l’incompétence de la classe politique. Au cours de sa vie politique relativement courte il a eu l’occasion de gérer plusieurs ministères conséquents jusqu’à celui du ministère de la Défense où, aux dires des intéressés, il a réussi à faire une grande impression malgré son court passage. Bennett et sa complice Ayelet Shaked ont constitué une liste de candidats homogène en terme de leur positionnement à droite. Elle allie des membres de la mouvance du sionisme-religieux mais aussi des laïques de la Droite idéologique.

Leur volonté est de mettre du baume sur les plaies occasionnées par le déchirement du tissu national que les organes de presse les plus influents du pays nous jette sans cesse à la figure, d’apaiser les flammes et les décibels du débat qui a cours au sein de la société israélienne sans pour autant renoncer à ses principes de la Droite idéologique. Ce qui tranche chez Bennett par rapport aux autres politiciens c’est sa motivation à Faire pour le bien du pays, même au détriment de ses intérêts politiques, ce qui n’est pas le cas des Liberman, Netanyahu, ou Lapid. Durant toute l’année dernière il a littéralement labouré le pays pour venir au plus près de la souffrance de la population occasionnée par le Corona mais aussi par la mauvaise gestion de l’épidémie par le gouvernement en place.

Sa peine et son tourment sont authentiques, autant que sa volonté de tirer le pays hors de ce bourbier même s’il doit en payer un prix politique sous la forme d’un partage de crédit avec d’autres partis. Son livre intitulé ‘Comment vaincre l’épidémie’ publié le printemps dernier en hébreu et récemment traduit en français illustre son leadership particulier, sans pendant dans un quelconque autre parti: toujours orienté à trouver des solutions, n’ayant pas peur de faire sauter les verrous de règlementations qui ne devraient pas avoir cours en ce moment de survie sanitaire et économique du pays, penser de manière originale et trouver des solutions innovantes.

Il a fait de son cheval de bataille le redressement économique, tout en ne renonçant pas aux valeurs de Droite qu’il a reçues et assimilées. Contrairement à ses concurrents, il ne cherche à boycotter personne. Il critique Bibi, désire le remplacer car il a failli dans sa gestion de la crise, surtout après que Netanyahu a montré que les intrigues de basse politique lui importait davantage que le bien du pays.

Si vous vous considérez un homme ou une femme de Droite qui désire avoir un vrai leader de Droite à la tête du pays qui a démontré ses capacités de penser en dehors des clous et avec le succès et le savoir-faire qui lui est attribué, alors Yamina doit recueillir votre voix. Cette liste est mieux équipée à affronter droit dans les bottes les vents qui ne manqueront pas de souffler depuis la nouvelle administration américaine et qui s’annoncent violents.

Le centriste actuellement à la tête du Likud a montré qu’il pliait plus rapidement qu’il ne le fallait aux diktats américains, probablement d’ailleurs car cela correspondait secrètement à ses réelles convictions politiques. Lorsqu’on porte atteinte à ses convictions profondes, l’accord avec l’Iran par exemple, le centriste à la tête du Likoud sait reprendre ses habits de Droite véritable et n’hésite pas à descendre dans l’arène du Congrès américain au grand dam du président Obama.

Enfin, si votre degré de religiosité en tant qu’homme ou femme de Droite est importuné par la taille de la Kippa de Bennett, de la présence de laïcs non-religieux dans son parti et que vous voulez amener à la Knesset des personnes ressemblant davantage à votre image, la liste menée par Betsalel Smotrich, un jeune homme politique talentueux et efficace il faut le reconnaître, sera ravie de recevoir votre bulletin de vote.

Ce dernier s’est scindé de la collaboration qu’il entretenait avec Bennett car son agenda de Droite n’était pas suffisamment appuyé à ses yeux. Cette scission aura pour bénéfice de faire que, contrairement aux scrutins précédents, aucune voix de la Droite extrême ne se perde car Itamar Ben Gvir de Otsma Yehudit (Puissance Juive) se trouve en position éligible sur cette liste. Si malgré votre religiosité, cette présence de l’extrême vous incommode, vous aurez tout loisir de voter pour Yamina le parti frère qui se trouve légèrement sur la gauche au niveau religieux de cette formation.

Les partis Arabes

Les derniers partis à couvrir dans le spectre de l’offre politique sont ceux pour lesquels les Arabes israéliens sont appelés à voter. Il vous faudrait être un Juif masochiste pour leur donner votre voix car le désir qui les réunit dans leur diversité est d’anéantir toute caractéristique Juive du pays. Laissez-le à d’autres qui n’ont pas connu les ‘plaisirs’ de la Diaspora. Cependant, rassurez-vous, il s’en trouvera toujours quelques-uns pour le faire. Les Juifs en Israël sont masochistes, ils l’ont montré au cours de ces 3 derniers scrutins et il n’est pas exclu, loin de là, que vous ne soyez invité à vous exprimer une 5ème ou une 6ème fois.

à propos de l'auteur
Shaul, diplômé de Sciences Po, analyse les développements intérieurs et extérieurs en rapport avec Israël. Spécialisé sur la thématique "Israël, Jérusalem, la Judée-Samarie et le Droit international", il anime depuis plusieurs années des conférences et présentations sur ce thème en France ainsi qu'en Israël. Il intervient souvent dans les médias francophones, i24News et Qualita.
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