Pessah 2026 : Matza, le pain du… riche

À l’approche de Pessah, le prix des Matzot en Israël figure à l’ordre du jour du gouvernement qui tente de convaincre les fabricants d’en freiner le renchérissement ; en attendant, les Israéliens se serrent la ceinture pour respecter les symboles de la sortie d’Égypte.
Tous les ans à l’approche de la semaine de Pessah, le prix des Matzot est l’objet d’une polémique au sein du gouvernement israélien ; les ministres des Finances et de l’Économie se renvoient la balle, s’accusant mutuellement du renchérissement de la galette de Pessah qui pèse sur les ménages, notamment en cette période de guerre.
En janvier dernier déjà, le ministre de l’Économie et de l’Industrie Nir Barkat avait demandé à son collègue des Finances Bezalel Smotrich de renforcer le contrôle des prix des Matzot qui s’envolent à l’approche de la commémoration de la sortie d’Egypte.
Marché monopolistique
Le renchérissement traditionnel des Matzot en Israël à la veille de Pessah s’explique facilement par la situation de marché monopolistique qui tire les prix vers le haut.
En effet, deux grands fabricants israéliens se partagent 80% du marché :
- Matzot Yehuda dont l’usine est installée dans le quartier Givat Shaul à Jérusalem ;
- Matzot Rishon dont l’usine se trouve dans la zone industrielle Atarot à Jérusalem.
D’après les données communiquées par le ministère de l’Économie et de l’Industrie, il apparaît clairement que la rentabilité des deux fabricants est très élevée ; une tendance qui s’explique par le fait qu’au cours de l’année écoulée, les prix au détail ont connu une hausse significative pour le consommateur.
Occasions manquées
Ce constat contraste avec l’évolution des prix de la farine casher pour Pessah qui sont aujourd’hui à la baisse ; difficile donc de justifier la hausse des prix à la consommation par la hausse du coût des matières premières.
Depuis janvier dernier, le ministère des Finances en charge de la Commission des Prix n’a pas trouvé le temps de répondre à la demande du ministère de l’Économie de contrôler le prix des Matzot.
En fait, la guerre actuelle a rejeté hors du projet de budget 2026 de nombreuses mesures prévues pour lutter contre la cherté de la vie, comme :
- la réforme de la filière du lait, qui aurait dû alléger les quotas de production et d’importation et donc baisser les prix pour le consommateur,
- la refonte de la TVA, qui aurait dû abaisser les prix de certains articles importés et produits locaux.
La matza est aussi appelée « pain de misère » ou « pain du pauvre » car c’est un pain azyme, sans levain, fabriqué simplement avec de la farine et de l’eau, rappelant la hâte de la sortie d’Égypte.
En ce Pessah 2026, la matza devient pour de nombreux Israéliens démunis le pain… du riche.
