Parashat Pin’has, un pouvoir d’ordre divin

La parashat Pinhas[1] est l’une des sections du Livre des Nombres (בְּמִדְבַּר Bemidbar) les plus riches en commandements. Selon le décompte du Sefer Ha’Hinoukh, cette parashah renferme six injonctions, toutes positives (מִצְווֹת עֲשֵׂה Mitsvoth Asseh). Une lecture attentive permet toutefois d’en rajouter six supplémentaires. Cela s’explique par le fait que le Sefer Ha’Hinoukh ne remet pas à l’ordre du jour une mitsvah déjà citée dans une précédente section hebdomadaire. Par exemple, il ne compte aucune mitsvah dans Pin’has pour Pessa’h, Yom Kippour, Souccot ou Shemini Atseret.

Pourquoi ?

Parce que le Rambam (Maïmonide) et le Sefer Ha’Hinoukh estiment que les obligations de ces sacrifices de Moussaf ont déjà été comptabilisées dans la parashat Emor du livre de Lévitique (chapitre 23). Ils ne retiennent dans Pin’has que les Moussafim – les sacrifices additionnels qui n’avaient pas encore été comptés comme des injonctions indépendantes spécifiques.

Ces injonctions se concentrent principalement sur les lois d’héritage et sur l’ordre des sacrifices supplémentaires (Moussaf) des fêtes du calendrier hébraïque.

A la suite de la réclamation légitime des filles de Tselof’had, on y développe l’ordre de priorité des héritiers en Israël, l’obligation de juger les affaires de succession et de partage des terres selon les règles de la Torah. Le fils aîné prime sur le fils cadet, le fils prime sur la fille ; si le défunt n’a pas de fils, l’héritage revient à sa fille ; s’il n’a pas de fille, à ses frères, et ainsi de suite.

ח וְאֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל תְּדַבֵּר לֵאמֹר אִישׁ כִּי-יָמוּת וּבֵן אֵין לוֹ וְהַעֲבַרְתֶּם אֶת-נַחֲלָתוֹ לְבִתּוֹ. ט וְאִם-אֵין לוֹ בַּת וּנְתַתֶּם אֶת-נַחֲלָתוֹ לְאֶחָיו. (במדבר כז:ח)

8 Et tu parleras en ces termes aux enfants d’Israël: Si un homme meurt sans laisser de fils, vous ferez passer son héritage à sa fille. 9 Et s’il n’a pas de fille, vous donnerez son héritage à ses frères. (Nombres 27:8)
Puis la parashat Pin’has détaille les sacrifices communautaires supplémentaires (מוּסָף Moussaf) offerts au Temple lors des différents jours saints de l’année. Le Sefer HaHinoukh décompte cinq obligations positives distinctes: le sacrifice de Moussaf du Shabbat (obligation d’offrir deux agneaux supplémentaires chaque Shabbat (Nombres 28:9) en plus du sacrifice quotidien perpétuel (תָּמִיד Tamid); le sacrifice de Moussaf de רֹאשׁ חֹדֶשׁ Rosh Hodesh (Néoménie) (obligation d’offrir un sacrifice supplémentaire à chaque début de mois: deux jeunes taureaux, un bélier et sept agneaux, accompagnés d’un bouc en sacrifice expiatoire, Nombres 28:11); le sacrifice de Moussaf de Pessa’h (obligation d’offrir un sacrifice supplémentaire le 15 Nissan, un holocauste à l’Éternel: deux jeunes taureaux, un bélier et sept agneaux âgés d’un an (Nombres 28:19); le sacrifice de Moussaf de la fête de Shavouot (l’obligation d’offrir un sacrifice supplémentaire le jour des Prémices, la fête de Shavouot, Nombres 28:26-27); le sacrifice de Moussaf de Rosh Hashana (obligation d’offrir un sacrifice supplémentaire le premier jour du septième mois, le 1er Tishrei – Nombres 29:1-2), le sacrifice de Moussaf de Yom Kippour (obligation d’offrir un sacrifice supplémentaire le dixième jour du septième mois, le 10 Tishrei (Nombres 29:7-8).

Pourquoi la Torah choisit-elle donc de détailler les sacrifices communautaires à cet endroit même – et non dans le livre du Lévitique (וַיִּקְרָא VaYikra, la « Torah des Prêtres »), aux côtés des autres lois sur les sacrifices et les fêtes ?

Alors que dans le livre du Lévitique (וַיִּקְרָא Vayikra), l’accent porte sur la sainteté du temps et l’interdiction de travailler pour l’individu, le livre des Nombres (Bemidbar – Parashat Pin’has) met en avant, quant à lui, le calendrier institutionnel et public du Temple. Ici, la Torah ne s’adresse pas au citoyen comme simple individu, mais à la collectivité par l’intermédiaire des Cohanim. C’est le décompte annuel des sacrifices qui constitue le système central du culte divin. Cela suppose de mentionner méticuleusement dans une liste précise le nombre de sacrifices additionnels, à savoir combien de taureaux, de béliers et d’agneaux doivent être achetés avec les fonds du demi-sicle (מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל Ma’hatsit HaShekel) pour chaque occasion, en l’occurrence pour le Moussaf (le sacrifice additionnel). Ces sacrifices ne sont pas payés par des particuliers, mais par le trésor public du Temple, alimenté par la collecte nationale du demi-sicle (מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל Ma’hatsit HaShekel).

De plus, la parashat Pin’has établit un rapport étroit entre l’annonce de la mort de Moïse (Nombres 27:12-14) et les sacrifices obligatoires et additionnels mentionnés aux chapitres 28 et 29.

Quel peut être ce rapport qui, a priori, semble échapper au regard du lecteur ?

Moïse, loin de ne penser qu’à sa propre personne, s’inquiète de l’avenir du peuple d’Israël car il ne pourra point le conduire jusqu’en terre promise. C’est alors qu’il supplie l’Eternel de nommer un successeur pour le peuple:

טז יִפְקֹד יְהוָה אֱלֹהֵי הָרוּחֹת לְכָל-בָּשָׂר אִישׁ עַל-הָעֵדָה. יז אֲשֶׁר-יֵצֵא לִפְנֵיהֶם, וַאֲשֶׁר יָבֹא לִפְנֵיהֶם וַאֲשֶׁר יוֹצִיאֵם, וַאֲשֶׁר יְבִיאֵם וְלֹא תִהְיֶה, עֲדַת יְהוָה, כַּצֹּאן אֲשֶׁר אֵין-לָהֶם רֹעֶה. (במדבר כז:טז-יז)

16 « Que l’Éternel, le Seigneur des esprits de toute chair, institue un chef sur cette communauté, 17 qui marche sans cesse à leur tête et qui dirige tous leurs mouvements, afin que la communauté de l’Éternel ne soit pas comme un troupeau sans pasteur. » (Nombres 27:16-17)

Et si l’Eternel consent et ordonne à Moïse d’investir publiquement (Nombres 27:18-21), le chapitre 28 s’ouvre par la réplique divine :

א וַיְדַבֵּר יְהוָה אֶל-מֹשֶׁה לֵּאמֹר. ב צַו אֶת-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם אֶת-קָרְבָּנִי לַחְמִי לְאִשַּׁי רֵיחַ נִיחֹחִי תִּשְׁמְרוּ לְהַקְרִיב לִי בְּמוֹעֲדוֹ. (במדבר כח:א-ב)

1 Et l’Éternel parla à Moïse en ces termes: 2 « Ordonne ceci aux enfants d’Israël et dis-leur: Mes offrandes, ce pain qui se consume pour moi en délectable odeur, vous aurez soin de me les présenter en leur temps. (Nombres 28:1-2)

Le Midrash s’appuie sur cet enchaînement exact pour expliciter le dialogue à travers une parabole royale:

« וַיְדַבֵּר ה’ אֶל מֹשֶׁה לֵּאמֹר: צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל… אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי  – לָמָּה נֶאֱמַר? לְפִי שֶׁהוּא אוֹמֵר: אֲשֶׁר יֵצֵא לִפְנֵיהֶם וַאֲשֶׁר יָבֹא לִפְנֵיהֶם.

« מָשָׁל לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְמֶלֶךְ שֶׁהָיְתָה אִשְׁתּוֹ נִפְטֶרֶת מִן הָעוֹלָם, וְהָיְתָה מַפְקִדַתּוּ עַל בָּנֶיהָ. אָמְרָה לוֹ: « בְּבַקָּשָׁה מִמְּךָ, הִזָּהֵר לִי בְּבָנַי ». אָמַר לָהּ: « עַד שֶׁאַתְּ מַפְקִדַתְנִי עַל בָּנַי – פִּקְדִי בָּנַי עָלַי, שֶׁלֹּא יִמְרְדוּ בִי וְשֶׁלֹּא יִנְהֲגוּ בִי מִנְהַג בִּזָּיוֹן ».

« כָּךְ אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא [לְמֹשֶׁה]: « עַד שֶׁאַתָּה מַפְקִדַנִי עַל בָּנַי – פְּקֹד בָּנַי עָלַי, שֶׁלֹּא יִנְהֲגוּ בִי מִנְהַג בִּזָּיוֹן, וְשֶׁלֹּא יָמִירוּ אֶת כְּבוֹדִי בֵּאלֹהֵי הַנֵּכָר! »

מָה הוּא אוֹמֵר? (דברים לא, כ) כִּי אֲבִיאֶנּוּ אֶל הָאֲדָמָה… [וּפָנָה אֶל אֱלֹהִים אֲחֵרִים]. « עַד שֶׁאַתָּה מַפְקִדַנִי עַל בָּנַי – פְּקֹד בָּנַי עָלַי! »

לְכָךְ נֶאֱמַר: צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל. ‘צַו’ – צִוּוּי מִיָּד בִּשְׁעַת מַעֲשֶׂה, וּלְדוֹרוֹת. (ספרי במדבר, פסקה קמב)

« « L’Éternel parla à Moïse en disant : Ordonne aux enfants d’Israël… mon offrande, mon pain… » (Nombres 28:1-2) – Pourquoi cela est-il dit [à ce moment précis]? Parce qu’il est dit juste avant: « [Un homme] qui sortira devant eux et qui viendra devant eux » (Nombres 27:17 – [Moïse demande à l’Eternel de nommer son successeur]).

« A quoi cela ressemble-t-il ? A un roi dont l’épouse était sur le point de quitter ce monde [de mourir], et qui lui confiait ses enfants. Elle lui dit : « Je te prie, prends bien soin de mes enfants pour moi ». Le roi lui répondit : « Avant de me confier mes enfants, ordonne, toi, à mes enfants de me respecter, afin qu’ils ne se révoltent pas contre moi et qu’ils ne se comportent pas envers moi de manière méprisante ».

« C’est ainsi que le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : « Avant de me confier mes enfants [en me demandant un dirigeant pour eux], ordonne à mes enfants de me respecter ! Qu’ils ne se comportent pas envers moi de manière méprisante, et qu’ils n’échangent pas ma gloire contre les dieux étrangers ! »

« Que dit le verset plus loin ? (Deutéronome 31, 20) : « Quand je les aurai introduits sur la terre… [ils se tourneront vers d’autres dieux] ». [L’Eternel dit donc :] « Avant de me confier mes enfants, ordonne à mes enfants de me respecter ! »

« C’est pourquoi il est dit : « Ordonne aux enfants d’Israël ». Le terme « Tsav » (Ordonne) implique un ordre immédiat, pour le moment de l’action, ainsi que pour toutes les générations futures. » (Sifrei Bemidbar § 142)

Que signifie cette exégèse midrashique ?

Le Saint, béni soit-Il, renverse ici les perspectives d’une manière psychologique absolument remarquable. L’inquiétude de Moïse est que le peuple se retrouve sans berger et soit voué à sa perte. L’Eternel lui explique que la clé de la protection du peuple ne réside pas seulement dans un dirigeant de chair et de sang, en l’occurrence Josué, mais dans la relation et l’engagement du peuple envers son Seigneur. Les sacrifices quotidiens et additionnels (appelés ici « לַחְמִי la’hmi mon pain ») sont l’expression du lien journalier et singulier des temps de fêtes, constant et respectueux, entre le peuple et le Seigneur. C’est pourquoi l’injonction « Ordonne aux enfants d’Israël » intervient immédiatement après. En somme, le meilleur moyen d’assurer la pérennité du peuple d’Israël réside dans le fait de renforcer le lien quotidien et constant (à travers le sacrifice du Tamid et les sacrifices additionnels) entre le peuple et le Créateur.  Cette vision a pour dessein d’éviter une double menace, celle du culte de la personnalité et celle d’un dirigeant versatile qui serait susceptible de s’écarter de la volonté divine. Pour preuve, Jéroboam qui, après le schisme du royaume unifié de Salomon, décide d’instaurer dans le royaume du Nord deux veaux d’or à Beit El et Tel Dan (I Rois 12:26-31). Autrement dit, la gouvernance d’Israël ne peut en aucun cas faire fi du culte divin, ce dernier nourrissant le premier. Tous les rois d’Israël doivent leurs succès à leur fidélité et à leur allégeance à la Parole divine.

Le Ramban (Na’hmanide) sur Nombres 28:2 unit le sens historique de l’entrée en Erets Israël et le Midrash: Moïse s’est préoccupé du leadership humain et politique de la nation (la nomination de Josué). L’Eternel répond instantanément en transmettant la charte du leadership spirituel que représentent les sacrifices permanents.

« וְטַעַם צַו אֶת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְאָמַרְתָּ אֲלֵיהֶם אֶת קָרְבָּנִי לַחְמִי – כִּי אַחֲרֵי שֶׁאָמַר ״לָאֵלֶּה תֵּחָלֵק הָאָרֶץ״, צִוָּה לְהַשְׁלִים תּוֹרַת הַקָּרְבָּנוֹת שֶׁיַּעֲשׂוּ כֵן בָּאָרֶץ, כִּי בַּמִּדְבָּר לֹא הִקְרִיבוּ הַמּוּסָפִים כְּמוֹ שֶׁהִזְכַּרְתִּי בְּסֵדֶר ״אֱמֹר אֶל הַכֹּהֲנִים״ (ויקרא כ״ג ב’), וְכֵן לֹא נִתְחַיְּבוּ בַּנְּסָכִים בַּמִּדְבָּר כְּמוֹ שֶׁפֵּרַשְׁתִּי בְּסֵדֶר ״שְׁלַח לְךָ״ (רמב״ן על במדבר ט״ו:ב’). וְעַכְשָׁיו חִיֵּב בָּאֵי הָאָרֶץ לַעֲשׂוֹת שָׁם הַכֹּל – הַתְּמִידִין וְהַמּוּסָפִין וּמִנְחָתָם וְנִסְכֵּיהֶם. וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא פֵּרֵשׁ כָּאן « כִּי תָבֹאוּ אֶל הָאָרֶץ », כְּבָר הִזְכִּירוֹ בְּפָרָשַׁת הַנְּסָכִים (שם) וְרָמַז אֵלָיו בַּפָּרָשָׁה הָרִאשׁוֹנָה בַּמּוֹעֲדוֹת (ויקרא כ״ג י’)…

« Le sens de [l’ordre]: « Ordonne aux enfants d’Israël, et dis-leur : Mon offrande, Mon pain… » – C’est parce qu’après avoir déclaré « À ceux-là le pays sera partagé » (Nombres 26:53), [l’Eternel] ordonna de compléter les lois des sacrifices afin qu’ils les pratiquent ainsi en Terre d’Israël. En effet, dans le désert, ils n’ont pas offert les sacrifices supplémentaires (Moussafim), comme je l’ai mentionné dans la section « Emor el Hakohanim אֱמֹר אֶל-הַכֹּהֲנִים » (Lévitique 21:1). De même, ils n’étaient pas astreints aux libations (נְסָכִים Nessakhim) dans le désert, comme je l’ai expliqué dans la section «שְׁלַח-לְךָ Shela’h Lekha » (Ramban sur Nombres 13:2)…

A présent, [l’Eternel] oblige ceux qui entrent en Terre d’Israël à y accomplir la totalité [des rites]: les sacrifices quotidiens (תְּמִידִיָן Temidin), les sacrifices supplémentaires (מוּסַפִים Moussafim), leurs offrandes de farine (מִנְחָתָם Minhatam) et leurs libations (נִסְכֵּיהֶם Nisske’hem). Bien qu’il ne soit pas explicité ici « Quand vous serez arrivés dans le pays », cela a déjà été mentionné dans la section des libations (Nombres 15:1-15) et suggéré dans la première section des fêtes (Lévitique 23:10). »

Le rôle du nouveau dirigeant, Josué, ne sera pas seulement politique ou militaire ; sa responsabilité première sera de veiller à ce que le peuple maintienne le lien rituel et immuable avec le Divin à travers la future édification du Temple. Le pouvoir de Josué ne trouve sa pleine légitimité que lorsqu’il accomplit son devoir de se tenir devant Eléazar le Grand -Prêtre, qui consultera pour lui le verdict des אוּרִים וְתֻמִּים Ourim et Toumim (Nombres 27:21).

א וַיֹּאמֶר מֹשֶׁה אֶל-בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּכֹל אֲשֶׁר-צִוָּה יְהוָה אֶת-מֹשֶׁה.  (במדבר ל:א)

1 Et Moïse répéta aux enfants d’Israël tout ce que l’Éternel lui avait ordonné. (Nombres 30:1)
[1] Nombres 25:10-30:1.

Shabbat Shalom!

Le site de Haim Ouizemann

à propos de l'auteur
Diplômé de l’Institut des Civilisations et Langues Orientales de Paris (INALCO) et certifié de l’Institut Catholique de Paris (ICP) enseigne la Bible (TaNa’Kh), sa langue, son éthique et son histoire. Installé, depuis son Alya en 1989 à Ashkelon, il participe activement au refleurissement d'Erets Israël. Végétalien par conviction morale, Haïm rêve d'une ère nouvelle où les grandes spiritualités pourraient se rencontrer en vue d'instaurer un monde meilleur. Convaincu que le retour du peuple d’Israël en Erets-Israël annonce la restauration de l'idéal de fraternité abrahamique, il encourage le dialogue interreligieux dans le respect de l'autre
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