Où était situé le Temple de Jérusalem ?

Toits de la vieille ville de Jérusalem avec la porte de Damas, Israël. Moyen-Orient © Stocklib / Jacek Sopotnicki
Toits de la vieille ville de Jérusalem avec la porte de Damas, Israël. Moyen-Orient © Stocklib / Jacek Sopotnicki

Voici un sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre depuis de nombreuses années, sans que l’on soit encore parvenu à résoudre cette énigme archéologique. Bien sûr, il suffirait de creuser quelques tranchées de fouilles pour pouvoir enfin obtenir une réponse satisfaisante.

Mais, l’autorité islamique (Waqf) qui gère l’esplanade des mosquées semble encore réticente à l’idée de permettre toute investigation archéologique à cet endroit, alors que des travaux d’excavation considérables avaient été réalisés en 1999 au sud-est de l’esplanade sous le contrôle de la même autorité !

Chers lecteurs, je ne vais pas retracer ici l’historique des temples bâtis par Salomon et Zorobabel ni argumenter sur la nécessité de la reconstruction d’un troisième Temple à notre époque pour que s’accomplisse la prophétie biblique. Nous avions déjà abordé ces sujets il y a quelques années dans «Controverse sur l’emplacement du Temple de Jérusalem».

Bien qu’il existe plusieurs hypothèses quant à l’emplacement précis des deux temples qui se sont succédé sur le mont Moria, aucune n’est encore parvenue à faire l’unanimité parmi les chercheurs. Les partisans de chacune des quatre théories principales défendant évidemment leur point de vue avec arguments et conviction, mais il y en a forcément une seule qui est vraie !

Les hypothèses

1. La théorie la plus populaire est celle du site où se dresse aujourd’hui la mosquée du Dôme du Rocher. C’est l’idée qui était soutenue par Leen Ritmeyer et Dan Bahat.

2. La seconde hypothèse est celle proposée par l’architecte Tuvia Sagiv, qui situe le Temple entre la mosquée du Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa.

3. Il y ensuite l’emplacement juste au nord de la mosquée du Dôme du Rocher, là où se trouve un petit dôme dit des « Tablettes » ou « des Esprits ». Ce site avait été suggéré par le physicien Asher Kaufman dans les années 80.

4. Un quatrième site, soutenu par certains biblistes comme B. Cornuke et d’autres évangéliques, est supposé se trouver sur les hauteurs de l’ancienne Cité de David. Cette théorie très controversée fut émise par Ernest L. Martin en 1999, (voir «Controverse sur l’emplacement du Temple de Jérusalem»).

Tout récemment, un nouveau chercheur nommé Christian Widener a repris la théorie de Asher Kaufman, dans un livre intitulé « The Temple Revealed », où il situe le Sanctuaire au nord du Dôme du Rocher, avec l’emplacement du Saint des Saints à l’endroit même où se trouve le Dôme des Tablettes.

Quoique cet ingénieur américain ne prétende pas être archéologue, il a néanmoins l’avantage, de par sa formation et son métier, d’être très rigoureux et logique, ce qui est appréciable dans ce genre de recherche.

Où se trouvait alors le Temple ?

Si, je n’ai, moi-même, pas du tout la prétention de savoir où se trouvait exactement le Sanctuaire, je pense que le site (n°1) sous le Dôme du Rocher doit être exclu1, car le Texte biblique nous dit que le lieu d’Aravna acheté par le roi David était une aire de battage des céréales. Or, ce genre d’endroit devait impérativement être plat et horizontal, ce qui n’est visiblement pas le cas de l’affleurement rocheux qui se trouve sous la Coupole d’or.

« 18 (…) – Monte sur l’aire où Aravna bat son blé, et construis là un autel pour le Seigneur. (…) 20 D’en haut, Aravna vit le roi et ses ministres qui venaient vers lui… » (II Sam. 24 : 18, 20).

« Salomon commença à bâtir la maison du Seigneur à Jérusalem, sur le mont Moria ; là, [le Seigneur] était apparu à son père David, qui avait fixé son choix sur l’emplacement lui appartenant dans l’aire d’Ornan, le Jébuséen. »2 (II Chr. 3 : 1, v. Zadoc Kahn).

Je ne vais pas non plus expliquer pour quelles raisons la théorie (n°4) qui situe le Sanctuaire dans la Cité de David est tout à fait improbable. Je vous renvoie à l’article « Controverse sur l’emplacement du Temple de Jérusalem », si cela vous intéresse. J’ajouterais, cependant, que l’espace nécessaire pour situer le périmètre sacré de cinq cents coudées3 de côté est difficile à trouver sur les hauteurs de l’ancienne Cité de David.

« 15 Lorsque l’homme eut terminé de mesurer les bâtiments intérieurs du temple, il me fit sortir par le porche est. Il se mit alors à mesurer l’espace qui entourait le temple. 16 Avec le roseau à mesurer, il trouva que le côté est avait cinq cents mesures de longueur. 17 Il renouvela l’opération pour les côtés nord, sud et ouest et trouva partout la même longueur, soit cinq cents mesures. 20 C’est ainsi qu’il mesura le mur qui entourait le temple sur ses quatre côtés. Le mur formait un carré de cinq cents mesures de côté et il servait à séparer l’espace réservé à Dieu de l’espace profane » (Ez. 42 : 15-20).

Il nous reste donc deux sites possibles à envisager : d’abord celui (n°2) au sud de la mosquée du Dôme du Rocher revendiqué par Tuvia Sagiv.

Cet emplacement a des arguments historiques intéressants et une position géographique qui ne l’est pas moins. En effet, si ce lieu est bien l’endroit où se dressait jadis le Sanctuaire, il serait tout à fait possible de le rebâtir à la même place et son accès serait grandement facilité par la rampe des Maghrébins accessible depuis l’entrée de l’esplanade du Kotel.

Il y a enfin le site (n°3) défendu par Asher Kaufman et Christian Widener, au nord de la mosquée du Dôme du Rocher. Ce site a ses détracteurs, pourtant, ses partisans ont d’excellents arguments à faire valoir.

D’abord, l’affleurement rocheux visible sous le Dôme des Tablettes est une partie du sol en place de l’époque et il correspond tout à fait au vestige d’une aire de battage (plat et horizontal).

Ensuite, il y a un indice tellement évident que l’on pourrait se demander pourquoi il ne suscite pas plus d’intérêt. C’est la Porte de Shushan, appelée aujourd’hui, la Porte dorée !

Cette porte murée par Soliman le Magnifique au milieu du XVIe siècle était parfaitement alignée avec le mont des Oliviers et l’entrée du Temple ; ce que le Talmud et la Bible précisent.

« Il faut éviter de montrer un manquement à la porte Est (du mont du Temple), car elle est en ligne directe avec le Saint des Saints. » (Mishnah, Berakhot 9 : 5).

« L’homme me conduisit à la porte orientale. Je vis alors la glorieuse présence du Dieu d’Israël venir de l’Est. Elle était accompagnée d’un bruit pareil au grondement de la mer et elle illuminait la terre de sa clarté. » (Ez. 43 : 1-2).

« Puis, il me ramena du côté de la porte extérieure du Sanctuaire, qui est tournée vers l’Est ; mais elle était fermée. 2 Et l’Eternel me dit :  »Cette porte restera fermée, on ne l’ouvrira point, et personne n’entrera par elle, car l’Eternel Dieu d’Israël, est entré par elle : elle restera donc fermée ».» (Ez. 44 : 1-2, v. Zadoc Kahn).

Notez que cette porte est très ancienne : elle figure sur la mosaïque de Madaba datée du VIe siècle de notre ère, et les vestiges d’une porte encore plus ancienne (époque du premier temple) furent repérés sous la porte actuelle par James Fleming en 1969.

D’autre part, cet endroit se trouvait non loin de l’ancienne forteresse (disparue) Antonia4, d’où les Romains pouvaient avoir un œil sur l’activité du service lévitique. Enfin, l’espace sacré de cinq cents coudées de côté se retrouve aisément à cet endroit de l’esplanade.

Conclusion

S’il est difficile de savoir exactement où se trouvait le Temple, en l’absence de fouilles, même partielles, la Waqf devrait bien se rendre compte qu’aucun de ces deux sites ne porterait préjudice aux mosquées existantes. Ainsi, la reconstruction du Temple serait une occasion unique pour tous les peuples d’honorer le Dieu d’Abraham.

« Je les amènerai sur ma sainte montagne, je les comblerai de joie dans ma maison de prières, leurs holocaustes et autres sacrifices seront les bienvenus sur mon autel ; car ma maison sera dénommée  »Maison des prières pour tous les nations ». » (Isaïe 56 : 7, v. Zadoc Kahn).

Notes :

1° Il n’en demeure pas moins que ces deux chercheurs ont réalisé un travail considérable qui a véritablement fait progresser nos connaissances archéologiques et historiques sur le mont du Temple et la ville de Jérusalem.

2° Ornan, le Jébusite et Aravna désignent la même personne.

3° Si l’unité de mesure utilisée était la coudée royale égyptienne, alors l’aire sacrée devait mesurer : 500 coudées x 0,525 m = 262,5 m de côté.

4° La forteresse Antonia, occupée par les Romains, avait été bâtie par les Hasmonéens.

à propos de l'auteur
Un blogueur messianique passionné par l'Histoire et l'archéologie biblique qui aime la Terre d'Israël et s'intéresse à Jérusalem, tant pour son passé historique que pour sa destinée future.
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