On va tenir

Le Corps d'artillerie de Tsahal, près de la frontière israélienne avec Gaza, le 17 mai 2021. Photo de Yonatan Sindel / Flash90
Le Corps d'artillerie de Tsahal, près de la frontière israélienne avec Gaza, le 17 mai 2021. Photo de Yonatan Sindel / Flash90

Alors que nous nous préparons à célébrer la fête de Shavouot, le don de la Torah, je réalise qu’en l’espace d’une semaine, notre monde s’est renversé.

Pourtant les mêmes recettes ont été utilisées, faire trembler la rue arabe d’une tentative des juifs de s’emparer de la mosquée Al Aqsa. Faire passer un conflit locatif pour une entreprise d’épuration ethnique. Ajouter à cela plus d’un an d’enfermement dû à une pandémie, 4 élections en moins de 2 ans et aucun gouvernement pour faire passer un budget et prendre soin de sa population, au-delà de commander des vaccins, et vous avez le cocktail explosif.

Mon pays est en feu, la haine la colère et l’épuisement sont en train de le ronger. Mais en plus nous devons subir les attaques de personnes vivant à l’étranger, de prétendus journalistes censés rapporter des faits, des célébrités se sentant le besoin urgent de prendre position dans un conflit qui dépasse le cerveau du tiktokeur moyen. Et le sentiment d’injustice face à ce que nous vivons est intolérable, insupportable.

Comment osez-vous ? Comment pouvez-vous toujours éternellement nous donner tort sur tout même lorsqu’on nous tire dessus avec des déluges de missiles, quand nos villes sont le théâtre d’émeutes clairement organisées ? Quand nous voyons avec horreur et effroi des émeutiers juifs lyncher un arabe, c’est le pays et toute la classe politique qui le condamnent. Parce que nous ne nous retrouvons pas dans cette haine bestiale. Mais quand des juifs sont attaqués, comme c’est le cas, par des émeutiers arabes, personne n’est là pour condamner ?

Alors ne me dites pas que ce conflit n’est pas lu sous le prisme religieux, car les juifs semblent porter indéfiniment le poids du péché originel.

Nous faisons face à des monstres de cynisme qui ne rechignent pas à utiliser leur propre population en la privant de tout avenir en faisant évaporer les millions d’aide internationale dans des roquettes destinées à tuer des juifs. Mais qui tuent aussi des musulmans… mais qui s’en soucie chez les « pro-palestiniens » qui ne sont en fait que des « anti-israeliens » ?

Quand ce sera fini nous aurons beaucoup de choses à régler. Nous devrons trouver un moyen de revivre avec les arabes israéliens, avec lesquels nous partageons la destinée. Même si les sirènes de l’extrémisme leur ont fait croire qu’ils n’appartenaient qu’à la nation arabe et qu’en aucun cas le confort et l’émancipation offerts par Israël ne devaient être acceptés.

Et puis j’espère aussi que notre Premier ministre en charge de notre sécurité depuis 13 ans pourra nous expliquer comment notre population qui vit dans le sud a pu endurer ce cauchemar que nous vivons seulement depuis une semaine et à un degré bien moindre ?

Comment une organisation terroriste comme le Hamas uniquement et exclusivement dévouée à notre perte a pu subsister toutes ces années en retenant des corps de soldats qu’ils ont tué, et des civils ? Comment ont ils pu bénéficier des aides internationales ? Recevoir les millions du Qatar qui transitent par Israël ?

Les habitants du sud sont mes héros, leur résilience, leur ténacité et leur courage sont juste admirables.

Alors quand je vois des petites racailles en Occident se servir de ce conflit pour attaquer des juifs ou la police, quand je vois des minables pyromanes exciter les populations, les célébrités nous condamner depuis leur confortable salon, je me dis que nous sommes seuls pour l’éternité. Comme toujours. L’Histoire bégaie.

Mais pourtant j’ai reçu de nombreux messages de personnes n’ayant aucune attache personnelle à la région, ne prenant pas de position tranchée hormis celle d’être humain. Et me souhaiter courage.

On dit que le monde tient quand des lueurs de justice et d’humanité résistent à l’obscurité.

Alors on va tenir.

à propos de l'auteur
Née à Paris, ancienne avocate au Barreau de Bruxelles, Myriam a quitté l’Europe en 2005 pour s’installer à Montréal, où elle est devenue une travailleuse communautaire au FNJ-KKL puis directrice des relations communautaires et universitaires pour CIJA, porte parole officiel de la communauté juive, avant de faire son alyah
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