Omar, Tlaib : Israël a pris la moins mauvaise décision

Les représentantes américaines Ilhan Omar et Rashida Tlaib écoutant le discours du président Donald Trump sur l'état de l'Union, au Capitole à Washington, le mardi 5 février 2019. (Photo AP / J. Scott Applewhite)
Les représentantes américaines Ilhan Omar et Rashida Tlaib écoutant le discours du président Donald Trump sur l'état de l'Union, au Capitole à Washington, le mardi 5 février 2019. (Photo AP / J. Scott Applewhite)

Le psychodrame autour de la non-visite des deux Congresswomen américaines Ilhan Omar et Rashida Tlaib la semaine dernière en Israël a fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause. Israël étant une vraie démocratie, de nombreuses voix se sont élevées contre l’interdiction faite aux deux élues d’entrer dans le pays.

En pleine période électorale il était bien sûr impensable que les adversaires politiques de Benjamin Netanyahou n’en profitent pas pour tacler le Premier ministre sortant, le qualifiant de suiveur de Donald Trump qui s’était prononcé contre le déplacement des deux élues.

Interdire à Ilhan Omar et Rashida Tlaib d’entrer dans le pays était sans doute la moins mauvaise décision à prendre. Je dis « moins mauvaise » car l’idéal aurait été de ne pas en arriver là. Ces deux femmes, premières musulmanes élues au Congrès dont l’une est d’origine palestinienne, n’ont jamais caché leur hostilité voire même leur haine à l’égard d’Israël.

Et malgré ce que nous pouvons lire et entendre ici et là, confronter les deux Américaines aux réalités israéliennes n’aurait pu les faire changer d’avis. Ni la créativité de la start up nation ni les chercheurs Juifs et Arabes au Technion de Haïfa ni même les plages de Tel Aviv.

Quand on hait Israël il est très difficile de faire changer les gens d’avis tant la propagande anti-israélienne et pro-palestinienne est virulente. D’autant que les interlocuteurs juifs américains, pour beaucoup démocrates, qu’elles peuvent rencontrer aux Etats-Unis ne sont pas forcément les meilleurs défenseurs de l’Etat d’Israël en ce moment.

Israël a donc souverainement interdit l’entrée sur son territoire à des personnes qui lui sont ouvertement hostiles et qui prônent son boycott international. Une loi a d’ailleurs été votée en 2017 pour refuser l’entrée à toute personne militant dans une association défendant le boycott des produits israéliens. Rappelons au passage que Mme Tlaib avait reçu un visa humanitaire pour rendre visite à ses proches mais qu’elle a fait savoir qu’elle ne se rendrait pas auprès de sa famille dans ces conditions.

Il ne s’agit en aucun cas de limiter la liberté d’expression, nos pays sont des démocraties et leurs citoyens sont libres d’exprimer des idées et points de vue différents. Et c’est tant mieux ! Malheureusement, dans la situation actuelle, il n’était à mon sens pas possible de prendre une autre décision.

Il ne s’agit plus seulement d’assurer la sécurité physique des Israéliens, ces femmes n’auraient bien sûr pas pris les armes ni provoqué – volontairement – des violences. Il s’agit d’une bataille de communication et les deux élues n’arrivaient pas avec un rameau d’olivier dans la main. La critique d’un pays ou d’un gouvernement est légitime, la haine ne le sera jamais. Et Israël se devait de l’affirmer à travers une action concrète et symbolique.

à propos de l'auteur
Farah Benouis est journaliste et vit à Paris. Elle a notamment travaillé à Sud Radio, iTélé et i24News
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