Nucléaire iranien : un nouvel accord au détriment d’Israël

Photo publiée le mardi 12 octobre 2021 par l'armée iranienne montrant un missile tiré lors d'un exercice militaire dans un lieu tenu secret en Iran. L'Iran a lancé mardi un exercice massif de défense aérienne de deux jours dans le vaste désert central du pays, a rapporté la télévision d'Etat, la dernière démonstration de force de la République islamique. (Armée iranienne via AP)
Photo publiée le mardi 12 octobre 2021 par l'armée iranienne montrant un missile tiré lors d'un exercice militaire dans un lieu tenu secret en Iran. L'Iran a lancé mardi un exercice massif de défense aérienne de deux jours dans le vaste désert central du pays, a rapporté la télévision d'Etat, la dernière démonstration de force de la République islamique. (Armée iranienne via AP)

Iran vient d’augmenter considérablement son stock d’uranium hautement enrichi à un niveau que seuls les pays possédant des armes nucléaires ont les capacités matérielles de produire. Un fait accompli se moquant éperdument des engagements antérieurs à la veille de la reprise des négociations à Vienne.

Le ministre iranien des Affaires étrangères ose même avertir les Occidentaux en exigeant par avance : « une approche réaliste et constructive en évitant des demandes excessives qui outrepassent les termes de l’accord signé le 14 juillet 1015 à Vienne ».

Les Occidentaux acceptent donc de négocier avec les Ayatollahs malgré les avertissements et tous les dangers.

Certes, ils ont essayé plusieurs approches pour dialoguer avec le régime iranien y compris l’apaisement, les négociations et les sanctions. Toutefois, à Téhéran, personne n’a été dissuadé ni convaincu de mettre fin au programme nucléaire pour des fins militaires.

Durant le mandat de l’administration Trump, l’entente était totale entre Washington et Jérusalem pour stopper tout progrès dans le programme nucléaire iranien et les activités balistiques. De nombreuses opérations spectaculaires, certaines demeurant secrètes à ce jour, ont réussi à paralyser les activités fissiles et à retarder les projets atomiques de l’Iran.

Avec l’administration Biden, l’incertitude plane sur ses réelles intentions mais il est clair que les Ayatollahs constatent la valse-hésitation.

Cette faiblesse américaine joue contre Israël. Elle s’est accentuée par un manque d’intérêt sur toutes les affaires du Moyen-Orient. Elle encourage les Ayatollahs à poursuivre leur politique belliqueuse impunément, et à renouveler le dialogue sur le projet atomique en position de force, tout en dictant aux Occidentaux la marche à suivre.

Dans ce contexte, Israël se trouve dans un hors-jeu diplomatique. Il ne participe pas aux négociations et ne peut influer sur les clauses d’un éventuel accord. Le gouvernement Bennet-Lapid semble faire totalement confiance aux Américains mais en leur permettant le champ libre, nous risquons d’obtenir un mauvais accord sans pouvoir réagir.

Rappelons que dès le premier jour, Obama était prêt à ouvrir un dialogue direct avec l’Iran pour éviter que Tsahal se lance dans une opération préventive contre les sites nucléaires iraniens, comme ce fut le cas contre la centrale de Bagdad en juin 1981.

Il est bien entendu naïf de croire que les Ayatollahs abandonneraient un jour leur projet nucléaire. Avec le soutien des Gardiens de la Révolution, ils réussissent à se maintenir au pouvoir en semant la terreur et en opprimant les manifestants. La colère et la grogne au sein de la population n’arrêteront pas les dépenses militaires et le financement du terrorisme, ni les intentions hégémoniques ou le projet nucléaire.

L’Iran est classé parmi les grandes puissances militaires. Son armée est équipée d’un arsenal impressionnant d’armes modernes et sophistiquées ainsi que des forces spéciales et des milices.

Le but des Ayatollahs est déclaré sans ambiguïté. Ils menacent chaque jour de détruire par tous les moyens l’Etat sioniste. Toutefois, depuis la chute du Chah en 1979, ils évitent tout affrontement militaire direct et de grande envergure contre Israël.

Avec la levée prévisible des sanctions, l’Iran augmentera son budget militaire et pourra recevoir un armement sophistiqué de la Russie ou de la Chine et exporter ce précieux arsenal à ses milices chiites.

Le dégel des avoirs bancaires sera ainsi destiné au financement du terrorisme, à la recherche tranquille du nucléaire, et au développement des missiles balistiques capables de transporter des ogives chimiques et nucléaires.

Devant l’indifférence mortelle de la communauté internationale, Tsahal et le Mossad devront augmenter leur vigilance et contrecarrer par tous les moyens le programme atomique des ayatollahs.

Pour nous défendre contre toute attaque proche ou lointaine, nous devons compter que sur nous-mêmes et non sur les belles paroles des Américains et des Européens.

à propos de l'auteur
Ancien ambassadeur d'Israël. Journaliste-Ecrivain. Fondateur et directeur du CAPE de Jérusalem. Auteur de 25 ouvrages sur le conflit Israelo-arabe et sur la politique française au Moyen-Orient ainsi que des portraits-biographiques de Shimon Pérès, Ariel Sharon et Benjamin Netanyahou.
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